Accueil des migrants: à Lesbos, le pape fait tomber les résistances

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Le Temps de le dire

lundi 18 avril 2016 à 9h03

Durée émission : 55 min

Le Temps de le dire

© ServizioFotograficoORCPPCIRIC / Le 16 avril 2016: le pape François en visite à Lesbos

Le pape a accompli à Lesbos un geste œcuménique et interreligieux fort, interpellant l'Europe et le monde sur l'accueil des migrants. On en parle avec Stéphanie Gallet.

Un moment puissant et éminemment symbolique. Samedi 16 avril 2016, le pape François a visité le hotspot (ou camp de réfugiés) de Moria, non loin de Mytilène, la principale ville de l'île grecque de Lesbos. En compagnie du patriarche orthodoxe Bartholomé 1er et de l'archevêque d’Athènes Hiéronyme II, il a rencontré des migrants et discuté avec les habitants. "Rarement les papes s'étaient mobilisés de façon aussi personnelle sur la question des migrants", rappelle Nicolas Senèze. Le journaliste souligne aussi que le pape est lui-même fils de réfugiés, puisque ses parents ont migré d'Italie en Argentine.

En signe d'exemple, le pape est reparti avec trois familles musulmanes qui seront accueillies au Vatican et accompagnées par la communauté Sant'Egidio. "Un geste très fort qui montre que nous sommes ensemble dans une universalité, une hospitalité partagée, en réciprocité autour du même Dieu et d'une même famille humaine", pour le p. Bruno-Marie Duffé. Il retient de cette visite "la force de la présence, de la parole et de l'acte", "il ne s'agit pas simplement de déclarations". Marcela Villalobos également salue la cohérence entre le discours et les actes du souverain pontife. La coordinatrice du réseau Welcome se dit heureuse de constater que le pape incite à agir via des associations: en faisant appel à la communauté Sant'Egidio "il montre que l'on peut tous agir, mais pas seuls".

Une fois encore le pape n'a pas mâché ses mots pour dénoncer les égoïsmes, l'illusions des murs et l'absence de fraternité. Plus que les images de ce "voyage de tristesse" comme il l'a qualifié, ce qui restera ce sont les paroles de Francois interpellant l'Europe et la mettant face à ses responsabilités en matière d'asile et d'accueil de ces populations opprimées. Une visite humanitaire et œcuménique donc, mais surtout politique. Conçu initialement pour accueillir 2.000 personnes, le camp de Moria en compte aujourd'hui plus de 3.000. Et ce qui devait au départ servir de lieu d'enregistrement est devenu "un centre de détention" d'où ils ne peuvent sortir, précise Geneviève Garrigos. La présidente d'Amnesty International France l'affirme: "pour nous la visite du pape est très importante et très symbolique". D'autant plus que les migrants y vivent dans des conditions difficiles, la plupart sont encore traumatisés du voyage ou de la guerre qu'ils ont fuie. Une situation que l'ONG dénonce dans un article "Réfugiés en Grèce : la crise évitable" [18/04/2016].

Invités

  • Nicolas Senèze , journaliste à La Croix, spécialiste des Religions

  • P. Bruno-Marie Duffé , prêtre du diocèse de Lyon, aumônier national du CCFD-Terre Solidaire

  • Marcela Villalobos , coordinatrice nationale du réseau Welcome en France, un dispositif du JRS (Service jésuite des réfugiés)

  • Geneviève Garrigos , présidente d'Amnesty International France

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La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Antoine Bellier reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.