Accueil des migrants: Mgr Xavier Malle s’explique

30 avril 2018 Par

Dans une tribune publiée sur France Info, Mgr Xavier Malle a appelé la semaine dernière à davantage d'accueil pour les migrants traversant les Alpes. Un texte qui fait polémique.

L'accueil inconditionnel des migrants, et plus particulièrement des mineurs isolés, en France, fait débat. Après le coup de communication du groupe Génération Identitaire le 21 avril dernier, l’évêque du diocèse de Gap et d’Embrun a pris la plume jeudi 26 avril, en appelant à la solidarité nationale, sur ce sujet.

Samedi 21 avril dernier, des membres du groupuscule Génération Identitaire organisaient un happening dans les Alpes, au col de l'Echelle plus précisément, installant symboliquement une frontière à cet endroit, pour exprimer leur opposition à l'accueil des migrants en France, et pour demander le rétablissement des frontières en Europe. Un coup de communication plutôt réussi, et qui a provoqué de vives réactions dans l'opinion publique.

Le même week-end, un groupe d'extrême-gauche a tenté quant à lui de faire passer en force une trentaine de migrants, en France, via le col du Montgenèvre, malgré la présence de gendarmes, et allant à l'encontre des injonctions données par les forces de l'ordre, dans un climat d'insurrection.

Réagissant à ces deux démonstrations de force, l’évêque le plus concerné par la question, Mgr Xavier Malle, du diocèse de Gap et d’Embrun, a publié jeudi 26 avril dernier une tribune sur France Info, dans laquelle il rappelle que "nos montagnes ne sont pas un terrain de jeu politique".

Dans ce texte, le prélat a notamment appelé à une meilleure intégration des migrants dans notre société, face à l’instrumentalisation politique de ces populations. Mgr Xavier Malle a également appelé à un véritable sursaut de solidarité nationale, en faveur des mineurs isolés. Au micro d'Etienne Pépin, rédacteur en chef Actualité de RCF, il revient tout d'abord sur le contexte actuel, dans les Hautes-Alpes.
 

Mgr Xavier Malle, évêque du diocèse de Gap et d'Embrun:

"On est devenu le premier département en matière d’accueils de mineurs non-accompagnés. Il y en avait 60 en 2016 et on est arrivé à 1.200 mineurs dans le département en 2017. Cela vous donne l’importance de la crise que nous vivons actuellement. Les paroisses de Briançon, et de Gap, ont pris leur part dans cet accueil. On était vraiment dans l’urgence. Il s’agissait de ne pas laisser ces gens dehors et de leur donner à manger. On a ouvert des salles paroissiales. Pendant quatre mois cela a été un dévouement sans fin des paroissiens et de membres d’autres associations" explique l'évêque de Gap et d'Embrun.

"Nous avons ouvert avec le Secours catholique un accueil de jour qui est toujours dans l’urgence. On s’attend à une augmentation de l’urgence. Avec la fin de l’hiver, il y a encore plus de gens qui descendent de la montagne. On s’attend à un afflux sur Gap et on s’inquiète vraiment sur les conditions d’hébergement des gens qui vont arriver" lance également le prélat.

Cette tribune a provoqué de vives réactions, parfois très virulentes. De nombreuses personnes, y compris au sein de l'Eglise catholique, ne semblent pas partager la ligne de conduite de Mgr Malle en matière d'accueil des migrants, et réfutent un accueil inconditionnel. Des craintes que l'évêque a entendues, mais qu'il souhaite dissiper.
 

Mgr Xavier Maller, évêque du diocèse de Gap et d'Embrun:

"On a des inquiétudes, de vraies inquiétudes, qui remontent jusqu’à moi. Il est important de dire que dans tous les mineurs que l’on a accueillis, durant tous ces mois, depuis août dernier, nous n’avons eu aucun problème de délinquance, et de sécurité. Pourquoi ? Car ces jeunes mineurs, cela fait des mois voire des années qu’ils sont en route. Ils ont acquis une expérience, une volonté de vivre, de s’en sortir, qui est assez incroyable. Il faut écouter leur récit de vie. On a quelques témoignages de quelques jeunes qui sont restés sur le diocèse, qui ont fait des études et obtenu des diplômes. C’est aussi un vrai plus" rappelle Mgr Malle.

Se voulant conciliant, l'évêque de Gap et d'Embrun souhaite aujourd'hui "rassurer les gens, et leur dire la réalité. Les choses se passent bien quand on prend les choses en main", conclut-il.