A Saumur, l'école de production T'Cap T'Pro forme des décrocheurs à la soudure

29 novembre 2019 Par

© 2019 RCF Anjou - A l'école de production T'Cap T'Pro, les élèves soudeurs passent deux tiers de la semaine à l'atelier.

Ouverte en octobre à Saumur, l'école de production T'Cap T'Pro forme dix jeunes décrocheurs à la soudure, un métier en tension. Ils travailleront bientôt sur de vraies commandes clients.

L’école de production T’Cap T’Pro a ouvert le 7 octobre 2019 à Saumur. Dix jeunes décrocheurs scolaires y apprennent le métier de soudeur, un métier en tension. Plus de 500 postes sont à pourvoir dans la région, dont 70 en Maine-et-Loire.

Âgés de 15 à 18 ans, les élèves ont été retenus sur la seule base de leur motivation. Ils préparent un CAP de serrurier-métallier. Cette formation de deux ans est entièrement gratuite, financée par des dons à cette école associative.

"Je n'aurais jamais pensé que ça me plairait !"

Masque sur le visage pour se protéger des étincelles, Faustine meule une pièce de métal. Faute de place dans le bac pro de son choix, elle a cessé les cours en 3ème à 16 ans, avant d’arriver là plus ou moins par hasard.

« Ce n’était pas du tout ce que je voulais faire, confie-t-elle. Je n’aurais jamais pensé que ça me plairait, mais en fin de compte, ça me plaît ! J’aime trop venir, j’ai le sourire quand je suis là, donc franchement, j’aime bien être ici. »

"Je préfère travailler qu'être assis à écrire"

Clément, 17 ans, est venu là par envie : il veut devenir scaphandrier. « C’est de la soudure en eaux profondes, dans des plateformes pétrolières par exemple, donc c’est mieux de savoir souder ! »

Bouchons dans les oreilles pour atténuer le bruit assourdissant, Romain est concentré sur sa soudure. « Je préfère être en atelier qu’en cours, avoue-t-il, parce que je préfère travailler qu’être assis à écrire ou à comprendre des choses. »

Deux tiers du temps en atelier

Sur 35 heures de cours hebdomadaires, les élèves passent quand même un tiers de la semaine en classe pour suivre des cours de mathématiques, physique, français, histoire-géographie et dessin industriel.

Le reste du temps, ils apprennent en faisant. « Ils sont en train de fabriquer les établis et les armoires à outils qui vont leur servir plus tard, donc c’est comme ça qu’ils apprennent à souder, en fabriquant leur propre mobilier », explique Jacky Giraudeau, le directeur de l’école.

Un emploi assuré à la clé

« Bientôt, ils travailleront sur de vraies commandes passées par des clients, poursuit-il. Ça, c’est extrêmement motivant, de se dire "ce que je fais, ça va servir !". Comme ça, au bout des deux ans, ils sont complètement opérationnels. Ils savent ce que c’est qu’un devis, un plan, la qualité, la marge, etc. »

A la sortie, les élèves sont sûrs de trouver du travail, souligne Victor Teixeira, leur formateur. « Moi j’y ai travaillé, dans ce métier, c’est un métier où il est difficile de recruter. Donc s’ils vont au bout [de leur formation], dès leur sortie, ils auront déjà du travail, peut-être même avant ! » Comme lui l’a fait, plusieurs élèves souhaitent travailler dans le nucléaire, mais également aux chantiers de Saint-Nazaire, qui construisent des paquebots.

Ecouter le reportage : 

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T’Cap T’Pro est la deuxième école de production en Maine-et-Loire. L’autre a ouvert en 2016, au Marché d’intérêt national (Min) d’Angers. Appelée L’Entrecôte d’Agapè, elle forme aux métiers de la restauration.

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