13 novembre: à Saint Ambroise, on prie pour les victimes, et pour leurs bourreaux

lundi 13 novembre 2017 à 6h08

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La date du 13 novembre 2015 reste marquée dans les esprits, deux ans après les terribles attentats parisiens.

Ces événements ont particulièrement touché les habitants des 10ème et 11ème arrondissements parisiens. Onze mois avant, les frères Kouachi perpétraient la tuerie de Charlie Hebdo, non loin du Bataclan. Deux sites situés dans le secteur de la paroisse Saint Ambroise.

Des événements portés dans la prière paroissiale

"Le premier élément auquel je pense est le rapprochement des gens. Passé le choc, chacun a essayé de vivre au quotidien de manière plus attentive par rapport aux autres. Je vois des petits signes vis-à-vis des commerçants les plus proches, vis-à-vis des gens de la rue qui dorment dans le jardin en face de l’église. Il y a aussi une attention plus forte parce que l’un des commerçants a été tué à la Belle équipe" explique le père Augustin Deneck, curé de la paroisse.

"Les attentats ont continué dans le monde. Des événements que nous avons davantage portés dans la prière paroissiale et dans l’intercession des moines de Tibhirine car on a vécu les attentats du 13 novembre en lien avec la décision de la mairie de Paris de rebaptiser le square devant l’église "Jardin des moines de Tibhirine", une décision indépendante des événements du 13 novembre, mais qui finalement est tombée providentiellement" ajoute le père Deneck.
 

La difficile question du pardon

Lundi, le père Deneck va célébrer une messe en hommage aux victimes du 13 novembre. Pour le curé de la paroisse Saint Ambroise, il est important de faire mémoire de cela, "sans que cette mémoire ne nous enferme et nous empêche d’avancer. Il faut prier pour ces personnes, pour les auteurs de ces drames, et pour tous ceux qui pourraient être tentés par cette folie meurtrière. Cela nous engage au quotidien".

Le père Deneck revient également sur la difficile question du pardon. Certains de ses paroissiens sont toujours partagés sur le pardon, face aux attentats. "Je comprends tout à fait et en même temps je me demande quel est le regard du Christ sur les personnes qui ont commis ces actes. On est toujours du côté des victimes en premier lieu, mais l’Evangile nous dit d’aimer nos ennemis. Il y a cet appel du Christ, et en s’éloignant de l’événement, on le perçoit de manière plus pressante. Il y a un chemin qui peut se faire, et qui nous invite à aller plus loin. Humainement, ce n’est pas possible, mais on peut demander au Christ de nous aider" conclut-il.

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