Amoris Laetitia : les quatre cardinaux frondeurs peuvent-ils perdre leur chapeau ?

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L'actualité chrétienne

vendredi 2 décembre 2016 à 7h17

Durée émission : 4 min

La remise en cause de l'exhortation apostolique Amoris Laetitia par quatre cardinaux a vivement agacé le doyen de la Rote romaine.

La remise en cause de l’Exhortation Apostolique "Amoris laetitia" par quatre cardinaux agace le doyen de la Rote romaine. En marge d’un colloque en Espagne, Mgr Pio Pinto a jugé "scandaleux" les "doutes" émis par ces cardinaux sur ce texte, fruit du synode sur la famille.  

Le doyen de la Rote Romaine sous-entend même que le pape "pourrait leur retirer le chapeau cardinalice". Le 14 novembre dernier, les cardinaux Walter Brandmüller, Raymond Burke, Carlo Caffarra et Joachim Meisner avaient rendu publics cinq "doutes" à propos de l’exhortation apostolique "Amoris laetitia", reprochant également au pape François de ne pas y avoir formellement répondu par "oui" ou "non".

Des doutes assorties d'une menace directe d'un acte formel de correction, par le cardinal Burke, à l'encontre des "sérieuses erreurs" que comporterait le texte de l'exhortation. Une véritable fronde qui n'est semble-t-il pa du goût de Mgr Pinto, doyen de la Rote romaine. Mais que représente plus précisément la Rote romaine et quelle est la portée de cette déclaration ?

Pour le Père Nicolas de Boccard, vicaire judiciaire de l’archevêché de Lyon, "le tribunal de la Rote romaine fait partie des trois hauts tribunaux de l’Eglise. Il a surtout comme champ de compétence surtout les questions matrimoniales, et il est chargé pour l’ensemble de l’Eglise de donner la jurisprudence, de dire l’évolution de la mise en pratique de la loi. On peut le comparer à une Cour de cassation" 

Au niveau de la portée de cette déclaration, "la Rote romaine n’a pas de moyen de pression sur les cardinaux. Ils dépendent directement du Saint Père. C’est le pape qui leur donne leur dignité cardinalice, c’est lui qui peut leur retirer" explique encore le père de Boccard.

Il ajoute qu’on a le droit de ne pas être d’accord, dans l’Eglise. "Ce qui peut être répréhensible dans le cas de ces quatre cardinaux, c’est qu’ils ont écrit au pape qui a reçu la lettre, qui a fait une réponse privée, expliquant qu’il n’y aurait pas de réponse publique aux doutes émis par les cardinaux, puisque les réponses se trouvaient déjà dans l’encyclique. La difficulté, c’est qu’ils ont rendu publique cette lettre".

 

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