Débat sur la fin de vie: "Une différence entre aider à ne pas souffrir et provoquer la mort"

mercredi 20 septembre 2017 à 7h17

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Le débat sur la fin de vie est relancé par la médiatisation du cas d'Anne Bert, qui s'en ira mourir en Belgique. Le Père Bruno Saintôt revient sur la dernière proposition de loi.

Le débat sur la fin de vie est à nouveau au cœur de l’actualité, avec notamment la médiatisation du cas d’Anne Bert, atteinte de la maladie de Charcot. La romancière se rendra en Belgique pour mettre fin, de façon volontaire, à sa vie.

Dans le même temps, une nouvelle proposition de loi sur la fin de vie a été déposée à l’Assemblée Nationale par le député Jean-Louis Touraine. Celle-ci vise à permettre à un patient « en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable » de demander à un collège de trois médecins « un geste actif pour mettre fin à sa vie. »
 
Pour le Père Bruno Saintôt, responsable du département éthique biomédicale du Centre Sèvres, ce n’est pas là une étape vers la légalisation de l’euthanasie. « Ce n’est pas une nouvelle étape, mais une nouvelle demande. Tous les ans, de nouveaux textes sont proposés pour légaliser l’euthanasie ou l’assistance médicale au suicide. C’est une insistance qui revient à la faveur de cas médiatisés. Je ne pense pas que cela infléchisse grandement la position sur la loi Leonetti-Claeys. »

Une aide à mourir qui pose problème

La loi Claeys-Leonetti, promulguée il y a moins de deux ans en février 2016, a instauré une « sédation profonde et continue » dans des cas précis. Elle permet à des malades gravement atteints en phase terminale, dont la souffrance est insupportable, d’être endormis jusqu’à leur mort.  La nouvelle proposition de loi vise quant à elle à instaurer une « assistance médicalisée active à mourir.

« Aider la personne à ne pas souffrir… ou provoquer la mort »

Le Père Bruno Saintôt explique la différence : « Il y a une frontière pour le grand public qui peut paraitre ténue, entre endormir jusqu’à la mort ou provoquer la mort. Mais cette frontière est claire dans la volonté de l’acte médical : dans un cas, aider la personne à ne pas souffrir, dans un autre cas, provoquer la mort. »
 
Pour Jean-Louis Touraine, il y a une euthanasie de fait. Selon lui 2 000 à 4 000 personnes terminent chaque année leur vie en France grâce à « l’assistance active à mourir » d’un médecin. Des chiffres révélés, selon lui par une étude de l’INED de 2012. Le père Bruno Saintôt conteste ce résultat : « C’est une étude qui fait référence à des chiffres obtenus en décembre 2009, sur un échantillon limité. En calculant, on tombe sur 380 personnes…je ne sais pas comment le député a fait ses calculs. La loi Leonetti-Claeys voulait développer les soins palliatifs. L’hypocrisie serait de ne pas appliquer une loi déjà votée depuis longtemps. »

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