Démission de Saad Hariri: "les Libanais ne sont pas inquiets" pour Mgr Khairallah

mercredi 22 novembre 2017 à 6h08

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​Après avoir annoncé depuis Ryad sa démission, le 4 novembre dernier, le Premier ministre libanais Saad Hariri a fait escale en France. Il est rentré mardi soir dernier à Beyrouth.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Saad Hariri est attendu comme le loup blanc, aujourd’hui au Liban. Le pays du cèdre fête aujourd’hui son indépendance. Il doit s’entretenir avec le président libanais, Michel Haoun, et lui remettre sa démission. Le Liban est actuellement au cœur d’un bras de fer entre l’Iran et l’Arabie saoudite, entre le camp chiite et le camp sunnite.
 

Démission d'Hariri: les Libanais ne sont pas inquiets

Les chrétiens, très présents au Liban, ont évidemment un avis sur cette crise qui secoue actuellement leur pays. "Nous savons que le Premier ministre a été contraint à la démission sous la pression d’une nouvelle politique avec l’Arabie saoudite. Nous ne sommes pas du tout inquiets car la réaction des Libanais a été de s’unir derrière le président de la République pour soutenir le retour sans conditions du Premier ministre. S’il veut démissionner, qu’il présente sa démission selon la Constitution" explique Mgr Mounir Khairallah, évêque maronite de Batroun.

Ce dernier ajoute que les Libanais n’ont pas peur, et a fortiori les chrétiens. "Nous tenons en tant qu’Eglise, en tant que peuple, à rester sur place, pour porter notre mission confiée par Jésus Christ. Ce qui nous encourage, c’est que nos compatriotes musulmans libanais encouragent le Moyen-Orient à ne pas se vider des chrétiens" précise Mgr Khairallah.
 

La question des réfugiés syriens

Si Mgr Khairallah reste aussi confiant, c’est en raison des nombreuses confessions qui cohabitent depuis longtemps au Liban. Pour lui, la paix entre chrétiens et musulmans repose sur deux socles. "Nous sommes tous libanais. La deuxième chose, c’est l’hospitalité. L’armée syrienne qui nous a fait tant souffrir et qui a quitté le pays en 2005 est revenu en 2011 avec les réfugiés" lance-t-il encore.

Des réfugiés qui deviennent trop lourds à porter pour l’évêque maronite de Batroun. "Nous ne refusons pas d’accueillir ces Syriens mais cela devient très lourd à porter. Cela pose problème au niveau économique, social, démographique. Les Libanais sont totalement démunis face à ce nouveau problème" conclut-il.

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