[DOSSIER] Le diocèse de Lyon dans la tourmente

19 septembre 2017 Par

© 2014 Janet Goode - Illustration

La révélation de l'affaire Preynat provoque des remous dans le diocèse de Lyon. Le cardinal Philippe Barbarin est désormais directement mis en cause dans sa gestion de dossiers sensibles liés à des agressions sur mineurs.

[MàJ le 19 septembre 2017 à 16h]

SEPTEMBRE 2017

19 septembre : Le cardinal Barbarin et 7 autres personnes, dont son ancien directeur de cabinet Pierre Durieux, sont citées à comparaître devant le tribunal correctionnel de Lyon. Il s'agit d'une audience de consignation. Le procès est fixé par le tribunal en avril 2018.

Août 2017

11 août : Dans un entretien au quotidien Le Monde, Mgr Barbarin indique que la procédure canonique lancée contre le p. Preynat a été suspendue " En accord avec le procureur, qui a été consulté, nous avons suspendu la procédure canonique pour respecter la procédure civile actuelle."

Juillet 2017

11 juillet : Dans un communiqué de presse, le diocèse de Lyon annonce avoir pris officiellement connaissance du classement sans suite rendu le 11 décembre 2016 par le procureur de la République de Lyon au bénéfice du cardinal Philipe Barbarin, "l’enquête n’ayant démontré aucune infraction pénale à l’encontre de l’intéressé".

MAI 2017

24 mai : Dans un communiqué, le diocèse de Lyon "regrette qu’une nouvelle action de justice ait été préférée à un dialogue, pourtant plusieurs fois proposé par les autorités diocésaines à la Parole Libérée". En rappelant que l'enquête préliminaire avait été classée sans suite, le diocèse de Lyon fait remarquer que la question posée... n'est pas celle de la prescription.

23 mai: La Parole libérée sollicite à nouveau la justice : une citation directe pour sept personnes, dont le cardinal Barbarin, pour non-dénonciation d'abus sexuels est déposée auprès du tribunal correctionnel de Lyon. Le cardinal Barbarin et Régine Maire le sont pour le motif supplémentaire de non-assistance à personne en danger. Dix victimes présumées du p. Preynat se constituent parties civiles.

MARS 2017

20 mars: Une enquête du site Médiapart, du magazine Cash investigation (ainsi que d'un livre) sur la pédophilie dans l'Eglise est publiée sur internet et à la télévision. 25 évêques dont le cardinal Barbarin n'auraient pas dénoncés des faits de pédophilie dans leurs diocèses. La Conférence des évêques de France dénonce les méthodes des journalistes dans un communiqué.

[...]

Octobre 2015

9 octobre : le diocèse de Lyon publie un communiqué indiquant qu'un de ses prêtres est mis en cause pour agressions sexuelles sur mineurs. Il s'agit du p. Bernard Preynat, chargé d'encadrer des scouts entre la fin des années 70 et 1991 à Sainte-Foy-lès-Lyon. C'est le début d'une affaire qui secoue le diocèse de Lyon et l'Eglise.
 

-->>> Retrouvez l'article complet rappelant tous les faits en cliquant ici.

Affaire Preynat : Mgr Barbarin et 6 autres personnes jugées en avril 2018

Affaire Preynat : Mgr Barbarin et 6 autres personnes jugées en avril 2018

Le tribunal correctionnel de Lyon a fixé en avril 2018 le procès qui vise Mgr Barbarin et 6 autres personnes, pour non dénonciation des agressions sexuelles commises par le p. Preynat.

Le cardinal Philippe Barbarin sera jugé pour non dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs les 4, 5 et 6 avril 2018. La date a été fixée ce mardi 19 septembre lors d'une audience de consignation, au tribunal correctionnel de Lyon. Pierre-Emmanuel Germain-Thille, une des 9 victimes du p. Preynat et s'étant constitué partie civile dans cette affaire, se réjouit de cette annonce :

00:00

00:00

Dans cette affaire, il y a 7 prévenus, dont le cardinal Barbarin. Son avocat Maître Jean-Félix Luciani juge la procédure infondée :

00:00

00:00

 

[LIRE] Chronologie des faits

 trib1.jpgtrib-3.jpg
 

[DOSSIER] Le diocèse de Lyon dans la tourmente

Affaire Preynat: 7 personnes, dont le cardinal Barbarin, citées à comparaître

Affaire Preynat: 7 personnes, dont le cardinal Barbarin, citées à comparaître

Ces citations font directement suite aux affaires de pédophilie et d’agressions sexuelles qui secouent le diocèse depuis 2015.

Le Cardinal Philippe Barbarin,  son ex-directeur de cabinet Pierre Durieux, la chargée de la cellule d’écoute des victimes de prêtres, Régine Maire, le vicaire épiscopal Xavier Grillon, ancien supérieur hiérarchique direct du père Preynat sont cités. Tout comme l’archevêque d’Auch Maurice Gardès et l’évêque de Nevers Thierry Brac de la Perrière, anciens membres du diocèse de Lyon et Luis Ladaria Ferrer, secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi au Vatican.
[VOIR] La Parole libérée saisit à nouveau la justice.
 

Une audience purement administrative

L'audience de consignation aura lieu le mardi 19 septembre 2017 à 14 heures au Tribunal correctionnel de Lyon.  Elle servira essentiellement à fixer la somme dont les plaignants doivent s’acquitter pour couvrir une éventuelle amende si d’aventure le tribunal jugeait leur procédure abusive. Le Cardinal et les 6 autres personnes mises en cause ne devraient donc pas être présents.

[MàJ le 19/09] Lors de l'audience le Tribunal correctionnel de Lyon a fixé la date du procès: 4 au 6 avril 2017.
 

[LIRE] Le rappel chronologique des faits

 

Toujours la question de la non-dénonciation

A l’origine de cette audience, il y a un recours déposé par 10 victimes d’abus sexuels commis par Bernard Preynat. Dans cette affaire toujours en instruction et pour laquelle le prêtre a été mis en examen en 2016, les plaignants reprochent au Cardinal de ne pas avoir dénoncé les agissements du père Preynat et de l’avoir maintenu en fonction et au contact d’enfants, jusqu’en 2015. 

L’an dernier déjà le parquet avait diligenté une enquête pour non-dénonciation d’agressions et omission de porter secours. Une enquête classée sans suite au cours de l’été 2016.

Et le procès canonique ?

Parrallèlement à la procédure civile, le Cardinal Barbarin a demandé l'an dernier l'ouverture d'un procès canonique. Lors d'une interview au journal Le Monde le 12 août 2017, le Primat des Gaules a déclaré avoir suspendu la procédure "En accord avec le procureur [...] nous avons suspendu la procédure canonique pour respecter la procédure civile actuelle".

[LIRE] Le dossier complet sur rcf.fr

 
 
 

Affaire Preynat: La Parole libérée saisit à nouveau la justice

Affaire Preynat: La Parole libérée saisit à nouveau la justice

L'association de victimes La Parole libérée assigne sept personnes pour une citation directe devant le tribunal correctionnel de Lyon, dont le cardinal Barbarin.

[MAJ le 24 mai à 14h: Réaction du diocèse] 

Nouvelle action judiciaire de la Parole libérée

Il y a aura bien un procès public pour non-dénonciation du diocèse de Lyon concernant les abus sexuels du p. Bernard Preynat. Malgré le classement sans suite de la procédure visant le cardinal Philippe Barbarin en août 2016, l'association de victimes La Parole Libérée saisit à nouveau la justice avec une citation directe devant le tribunal correctionnel de Lyon demandée pour sept personnes. Dix victimes présumées du père Preynat se constituent partie civile, les abus sexuels étant prescrits pour la moitié d'entre eux.
 

>> Abus sexuels dans le diocèse de Lyon : la chronologie des faits 

Qui est concerné ?

Le cardinal Philippe Barbarin, son directeur de cabinet Pierre Durieux et Régine Maire, laïque en charge de l'écoute des victimes sont concernés. Deux anciens vicaires épiscopaux du Roannais - Bernard Preynat ayant été curé dans cette zone entre 1991 et 2015 - Mgr Maurice Gardès, actuel archevêque d'Auch, et le père Xavier Grillon sont aussi appelés à comparaître. Enfin, l'évêque de Nevers Mgr Thierry Brac de la Perrière, ancien évêque auxiliaire du diocèse de Lyon (2003-2011) et Mgr Luis Ladaria Ferrer, secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi au Vatican font également partie des prévenus.

Pourquoi un nouveau recours en justice ?

Ces sept personnes sont appelées à s'exprimer devant le tribunal pour non-dénonciation d'abus sexuels. Le cardinal Barbarin et Régine Maire le sont, en plus, pour non-assistance à personne en danger. La Parole libérée et ses avocats estiment que ce nouveau recours en justice permettra d'avoir un débat juridique sur le point de départ du délai de prescription, enjeu central du dossier.
 

A quel moment débute la prescription ?

Dans son jugement en août 2016, le Procureur de la République de Lyon a considéré que la non-dénonciation était un délit instantané, c'est à dire que la prescription commence le jour où quelqu'un a connaissance des faits délictueux.
Or Maître Nadia Debbache, avocate de La Parole libérée, a une autre interprétation : pour elle, la prescription pourrait commencer à partir du moment où la justice est informée de ces faits, ce qui permettrait d'étendre le délai de prescription :

00:00

00:00


François Devaux, victime présumée du p. Preynat et président de La Parole Libérée l'assure : cette nouvelle action en justice n'est pas de l'acharnement, l'enjeu est de faire avancer le débat juridique. Un euro symbolique de dédommagement est d'ailleurs réclamé aux prévenus.

00:00

00:00

La première audience devant le tribunal correctionnel de Lyon, où les parties civiles devront consigner (verser de l'argent pour les frais de justice), est fixée au mardi 19 septembre 2017.

Quelle réaction du diocèse de Lyon ?

Pour le moment l'avocat de Mgr Barbarin, Jean-Félix Luciani n'est pas inquiet de ce recours et veut prendre le temps de lire la citation directe, très longue à ses yeux. "Si c'était du domaine de l'évidence, la citation ne serait pas aussi longue" a-t-il réagi.

Mercredi 24 mai 2017, le diocèse de Lyon a réagi par communiqué, dans lequel il "regrette qu’une nouvelle action de justice ait été préférée à un dialogue, pourtant plusieurs fois proposé par les autorités diocésaines à la Parole Libérée". Si le diocèse de Lyon "comprend le désir de justice des victimes du P. Preynat et leur regret de ne pas avoir porté plainte à temps, il ne peut que déplorer un acharnement qui se trompe de cible et qui disperse les énergies inutilement au regard de l’objectif commun : la lutte contre la pédophilie" peut-on lire.

En rappelant que l'enquete préliminaire avait été classée sans suite, le diocèse de Lyon fait remarquer que la question posée... n'est pas celle de la prescription. Le p Yves Baumgarten est le vicaire modérateur du diocèse:

00:00

00:00


propos recueillis par Valérie-Anne Maitre

Le diocèse de Lyon prie pour les victimes d'abus sexuels

Le diocèse de Lyon prie pour les victimes d'abus sexuels

Le cardinal Philippe Barbarin a invité tous les prêtres du diocèse de Lyon à célébrer une messe de réparation dans leur paroisse.

Le 7 novembre 2016 a été choisi par la Conférence des évêques de France comme journée de prière et de jeûne pour les victimes d'abus sexuels de la part de membres du clergé. Le Pape François a demandé à chaque conférence épiscopale de trouver une date pour décliner dans chaque pays ce temps de prière.

Messe de réparation de la profanation du corps du Christ

Le diocèse de Lyon s'associe à cette journée, avec l'invitation du cardinal Barbarin faite à tous les prêtres du diocèse de "célébrer une messe, discrètement ou explicitement, en réparation de la profanation du corps vivant du Christ, et ce, avant la clôture du Jubilé de la Miséricorde (20 novembre)". 

Face à de tels crimes, à quoi sert la prière? Et qu'est-ce qu'une messe de réparation? Le doyen de la faculté de théologie de l'Université catholique de Lyon Bertrand Pinçon, prêtre du diocèse de Lyon, répond à ces questions. 

Sur rcf.fr [DOSSIER] "Le diocèse de Lyon dans la tourmente"
[ÉCOUTER]
L'interview de Mgr Luc Crépy sur rcf
Le cardinal Barbarin depuis Lourdes "Comment va-t-on réparer tout cela?"

Affaire Barbarin: ce qui a fondé la décision du procureur

Le cardinal Barbarin ne sera pas poursuivi par la justice, conformément à la décision du parquet de Lyon. L'un de ses avocats explique sur quels éléments s'est fondée la décision.

L'enquête pour "non-dénonciation" d'abus sexuels sur mineurs et "non-assistance" à personne en danger, qui visait le cardinal Philippe Barbarin, a été classée sans suite ce lundi (1er août) par le parquet de Lyon. Des victimes du père Preynat, lui-même mis en examen pour agressions sexuelles sur mineurs, reprochaient à l'archevêque de Lyon de ne pas avoir dénoncé les faits à la justice. 

Pour expliquer la décision du parquet, il n'y a pas seulement le délai de prescription - trois ans en matière de non-dénonciation. C'est ce qu'indique Maître Jean-Félix Luciani, l'un des deux avocats de Mgr Barbarin. "Pour qu'il y ait non-dénonciation, il faudrait que le cardinal ait eu connaissance d'éléments suffisamment précis", ce qui n'était pas le cas avant 2014, selon Maître Luciani. Pour lui, la prescription ne veut pas dire que les faits étaient connus du cardinal. D'où la décision du parquet de se positionner sur la période post-2014.

L'avocat de Mgr Barbarin tient à rappeler la chronologie des événements. En 2007, c'est une journaliste qui en parle au cardinal Barbarin. Pour Maître Luciani, il ne s'agit à l'époque que de rumeurs. "Si elle avait eu connaissance de faits précis, elles les auraient dénoncés", indique-t-il. En 2010, l'archevêque de Lyon reçoit le père Preynat en entretien, mais, selon l'avocat du cardinal, il n'évoque pas les faits. Enfin, en 2014, c'est par une victime que Mgr Barbarin apprend les agissements du prêtre. "A ce moment-là, le cardinal prend immédiatement les décisions qui s'imposent", déclare Maître Luciani. 

Le parquet a donc statué sur la période courant de 2014 à aujourd'hui. 

Maitre Jean-Félix Luciani, l'un des deux avocats de Mgr Barbarin:

Classement sans suite de l'affaire Barbarin. Exclusif: "J'espère que cet avertissement très fort, douloureux, sera profitable pour nous"

L'enquête pour "non-dénonciation" d'abus sexuels sur mineurs et "non-assistance à personne en danger" qui visait le cardinal Barbarin a été classée sans suite.

Le cardinal Philippe Barbarin ne sera pas poursuivi par la justice. L'enquête pour "non-dénonciation" d'abus sexuels sur mineurs, qui le visait, a été classée sans suite ce lundi (1er août). C'est ce qu'a annoncé aujourd'hui le procureur de la République de Lyon, alors que la décision était attendue depuis l'audition du cardinal en juin dernier. Une enquête qui visait également l'archevêque pour "non-assistance à personne en danger"

Mgr Barbarin était accusé de ne pas avoir dénoncé les agissements du prêtre Bernard Preynat, mis en examen en janvier dernier pour agressions sexuelles sur des scouts lyonnais, après en avoir pris connaissance en 2007. Des actes que le père Preynat a reconnu avoir commis entre 1986 et 1991. Les victimes reprochaient également au cardinal d'avoir laissé le prêtre officier au contact d'enfants jusqu'en août 2015. 
 

>> Le rappel détaillé des faits ici.

La réaction exclusive de Mgr Barbarin au micro de Benjamin Rosier:

A l'issue de cette annonce, l'association La Parole Libérée a réagi rapidement. L'un de ses porte-paroles, Bertrand Virieux, s'est exprimé sur RCF et rappelle d'abord le débat moral soulevé par l'association. Il répond à François Ballarin. 

La question de la date de la connaissance des faits par le cardinal Barbarin était l'un des points centraux de cette enquête préliminaire. Le procureur de la République de Lyon s'est positionné sur la période post-2014, date à laquelle une victime précise au cardinal les agissements du père Preynat. Pour ce qui est de la première date, à laquelle l'archevêque de Lyon fut partiellement au courant des faits, à savoir 2007-2008, comme il le précise dans une interview au journal La Croix en février 2016, la prescription s'appliquait. 
 

Ci-dessous, l'intégralité de la réaction du cardinal Barbarin:

"J'ai appris cette décision du procureur, de la justice. C'est le fruit d'un très long travail de la police, qui a interrogé des quantités de gens, de manière très précise. Moi-même, dans ma dernière audition, je suis resté plus de dix heures à la police. Ils ont vraiment tenu à vérifier chacune des choses qui avaient été dites, écrites ou entendues. Je suis sûr que c'est le fruit d'un travail sérieux. Maintenant, une fois que cette décision est prise, je mesure surtout l'ampleur du travail qui est à accomplir à l'intérieur de notre diocèse et dans l'ensemble de l'Eglise de France, oserais-je dire aussi dans l'ensemble de la société française. Parce que, comme vous le savez, ce fléau ne touche pas seulement l'Eglise.

Dans notre diocèse, nous avons déjà beaucoup travaillé, surtout, d'ailleurs, grâce aux victimes qui ont parlé, qui ont dit leur souffrance, qui ont montré les conséquences durables, incalculables, nombreuses, familiales, psychologiques, personnelles, spirituelles et professionnelles. Et donc, je dois les remercier ici, parce que, dans cette parole libérée, beaucoup de choses sont venues de manière très consciente et claire à nos esprits maintenant. Et nous mesurons le travail qu'il nous reste à accomplir.  

Leur demande est claire, notre réponse sera claire: il n'est pas possible que ces prêtres restent en contact avec ces enfants, car c'est beaucoup trop dangereux. C'est quelque chose que nous leur devons et qui doit être pour nous une responsabilité limpide. De toute façon, j'ai fait connaître au 30 juin un certain nombre de décisions qui ont été prises dans mon diocèse - je ne suis pas le seul diocèse de France concerné. Ce que je voudrais encore une fois, c'est que ce travail soit fait largement au-delà de l'Eglise, en tout cas premièrement chez nous, parce que cela, c'est ce qui est de notre responsabilité. Je le situe surtout du point de vue des familles, c'est-à-dire qu'ils ont des enfants, ils veulent qu'ils soient dans des endroits où on prendra soin d'eux, où ils ne seront ni abimés, ni agressés en aucune façon, et que ce soit un lieu de véritable confiance pour leur construction, dans leur enfance, dans leur adolescence, dans leur jeunesse, dans leur liberté humaine. Je trouve que maintenant, cette avertissement très fort, douloureux, il faut le reconnaître. J'espère qu'il sera profitable pour nous. 

Je veux dire aux victimes que jamais elles n'ont été absentes de mes prières depuis le déclenchement de toutes ces difficultés, et que ma porte leur est ouverte. Et que peut être maintenant, après cette décision de la justice, avant laquelle il fallait attendre et rester dans le silence, une collaboration sera possible. Je voudrais remercier ceux qui m'ont écrit, qui ont accepté de me parler longuement, et de me faire part de toutes ces souffrances qu'ils ont endurées pendant des décennies, les remercier. 

En 6 mois, j'ai appris plus qu'en 18 ans d'épiscopat. La rencontre d'une telle souffrance, qui m'a été décrite avec des mots très simples, sans fioritures, a été pour moi comme une révélation. Souvent, ils disaient "on n'arrive pas à le dire", donc c'est normal que vous ne l'ayez pas compris. J'espère que, pour eux aussi, c'est un progrès et une véritable libération, et que cela va nous aider à progresser tous ensemble dans ce domaine, dans cette direction. Il y a un travail non seulement urgent mais absolument nécessaire à faire."

Lyon: 4 prêtres relevés de leur ministère

Lyon: 4 prêtres relevés de leur ministère

A Lyon, Mgr Barbarin, a relevé de leur ministère 4 prêtres. La règle s'appliquera désormais à tout prêtre auteur d'agressions sexuelles sur mineurs, quelle que soit la date des faits commis.

Le cardinal Philippe Barbarin a relevé de leur ministère 4 prêtres, annonce le diocèse de Lyon dans un communiqué publié ce jeudi 30 juin 2016. C'est la première conséquence de la création du collège d'experts chargé d'examiner la situation de prêtres mis en cause dans des affaires d'agressions sexuelles.  Cette règle s'appliquera désormais à tout prêtre "ayant commis des faits d'agressions sexuelles sur mineur", précise le diocèse de Lyon qui publiera à l'automne un vademecum sur le sujet.
 

Relevés de leurs ministères, les prêtres n'ont plus de mission pastorale

Pour chacun de ces 4 prêtres, relevés de leur ministère, la situation personnelle a été étudiée afin de leur trouver une autre mission. Car ces prêtres ne sont pas rendus à l'état laïc, ils sont en revanche déchargés de toute mission pastorale, explique le p. Yves Baumgarten, vicaire général modérateur du diocèse et président de la commission d'experts.

00:00

00:00

Le vicaire confirme également que d'autres prêtres ont fait l'objet de mesures d'accompagnement "pour des cas qui ne relèvent pas d'infractions pénales, mais dont on estime que la situation de ces prêtres peut poser problème. On met en œuvre des mesures d'accompagnement psychologique, ou une enquête canonique ou encore une adaptation du ministère".
 

Un vademecum publié en septembre par le diocèse de Lyon

Ces règles s'appliqueront désormais à tout prêtre du diocèse de Lyon. Le 1er septembre prochain sera publié un vademecum sur le sujet et dont les grandes lignes sont déjà publiées sur le site du diocèse. Ainsi les prêtres auteurs d'agressions seront relevés de leur ministère "quelle que soit la date des faits commis". Pour ceux qui sont mis en examen ou poursuivis pénalement, c'est une mesure conservatoire, qui voit le prêtre "écarté de sa charge" durant le temps de la procédure.

Par ailleurs, les prêtres d'autres diocèses qui seront nommés à Lyon devront présenter une attestation de leur supérieur "certifiant que ce prêtre répond aux critères diocésains en matière de lutte contre les abus sexuels et qu’il n’a aucun antécédent en ce domaine". Enfin, les prêtres, diacres et laïcs en mission ecclésiale devront signer l'ensemble des règles édictées par le diocèse de Lyon.
 

"Des mesures de bon sens, rien de plus" pour la Parole Libérée

L'association La Parole libérée, qui rassemble des victimes du p. Preynat, reconnaît que ces mesures sont "une avancée" mais qu'elles sont prises "sous la contrainte" et un peu tardivement. François Devaux, co-fondateur de l'association.

00:00

00:00


 

->> Rappel des faits dans le dossier spécial "Le diocèse de Lyon dans la tourmente"

Affaire Preynat: les faits reprochés déclarés non prescrits

Affaire Preynat: les faits reprochés déclarés non prescrits

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon a finalement suivi les réquisitions du parquet général qui avait plaidé le 20 mai pour la non-prescription des faits.

Après les révélations de l’association de victimes La Parole Libérée en janvier dernier, la question de la prescription des faits reprochés au p. Bernard Preynat s'est rapidement retrouvée au centre des débat judiciaires.

Le vendredi 10 juin 2016, la cour d'appel de Lyon a déclaré que les faits de viols et d'agressions sexuelles sur mineurs reprochés à l'ancien prêtre de Sainte-Foy-lès-Lyon n'étaient pas prescrits. Des faits  qui ont d'ailleurs été reconnus par Bernard Preynat lors de sa garde à vue en février dernier. Les 4 plaintes déposées par des membres de La Parole Libérée sont désormais considérées comme recevables et un procès de Bernard Preynat devient donc envisageable
 

le P. Preynat va se pourvoir en cassation

Immédiatement après l'annonce de la décision de la cour d'appel, Maître Frédéric Doyez, avocat de Bernard Preynat, a annoncé un pourvoi en cassation de son client. Le débat juridique va donc se poursuivre.

00:00

00:00


 

>> Retrouvez notre dossier spécial sur rcf.fr et le rappel des faits depuis octobre 2015.

 

Lyon: le cardinal Barbarin entendu comme témoin par la police

Lyon: le cardinal Barbarin entendu comme témoin par la police

Le cardinal Philippe Barbarin a passé une partie de la journée du 8 juin dans un commissariat de Lyon. L'archevêque était entendu comme témoin dans les affaires Preynat et Billioud.

Arrivé à pied au commissariat dès 8h du matin, le cardinal Barbarin a passé une grande partie de sa journée dans les locaux de la Brigade départementale de la protection de la famille  (3e arrondissement de Lyon). Il s'agissait pour l'archevêque de Lyon de répondre aux questions dans deux dossiers d'agressions sexuelles commises à des époques différentes par deux prêtres du diocèse de Lyon.

Une audition de 10h à Lyon

Mgr Barbarin fait l'objet de 6 plaintes pour "non-dénonciation", les victimes présumées du p. Preynat et du p. Billioud reprochent en effet au cardinal de n'avoir pas pris de mesures claires lorsqu'il a eu connaissance des faits.

Après 10h d'audition, l'avocat du cardinal, Me Jean-Felix Luciani répond aux questions de Julien Urgenti

00:00

00:00

Dans la soirée le diocèse de Lyon a publié un communiqué pour indiquer que Mgr Barbarin avait répondu aux enquêteurs "avec sérénité".

Et le cardinal a posté un message sur son compte Twitter.
 

 

 

>> Le diocèse de Lyon dans la tourmente: chronologie des faits depuis octobre 2015 et dossier complet sur rcf.fr

Affaire Preynat: la Parole Libérée reçue à Paris

Affaire Preynat: la Parole Libérée reçue à Paris

Les trois fondateurs de l'association lyonnaise La Parole Libérée sont reçus au secrétariat de l'aide aux victimes pour évoquer la prescription des actes de pédophilie.

A quelques jours d'une décision judiciaire attendue concernant la prescription des faits reprochés au p. Preynat; les membres fondateurs de l'association lyonnaise La Parole Libérée étaient reçus mardi 7 juin 2016, par le Secrétariat d'aide aux victimes. Au programme de la rencontre avec la directrice de cabinet de Juliette Méadel: la prescription en matière de pédophilie.

A la sortie de son entretien Bertrand Virieux, un des trois fondateurs de l'association, se réjouit d'avoir été "entendu".

00:00

00:00

 

ALLONGEMENT DE LA PRESCRIPTION pour les actes pédophiles

C'est l'un des combats de l'association La Parole Libérée: aujourd'hui, un mineur victime d'agression sexuelle ou de viol peut déposer une plainte jusqu'à ses 38 ans, soit 20 ans après sa majorité. Pour un majeur, le délai de prescription est de 10 ans après les faits.
Dans l'affaire Preynat, pour certaines victimes présumées, le délai est dépassé de plusieurs années ou de quelques mois. Les faits sont donc prescrits pour la justice.

La Parole Libérée milite pour l'allongement de 10 ans du délai de prescription pour les agressions sexuelles commises sur des mineurs. Une pétition est d'ailleurs en ligne en ce sens. Elle recueillait plus de 115 000 signatures le 7 juin 2016.
 

>> [DOSSIER] Le diocèse de Lyon dans la tourmente

Le cardinal Barbarin s'exprime après sa rencontre avec le Pape François à Rome

Après sa rencontre, vendredi 20 mai à Rome avec le pape François, le cardinal Barbarin s'exprime sur RCF.

Le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, n'avait pas pris la parole depuis le 15 mars 2016 à Lourdes, lors de l'assemblée plenière des évêques. Au lendemain d'une rencontre avec le pape François au Vatican, Mgr Barbarin s'exprime à nouveau, et revient sur les affaires de pédophilie qui secouent son diocèse depuis l'automne 2015. (Voir ici le dossier de la rédaction)

Ecouter l'interview du Cardinal Barbarin, il répond à Philippe Lansac:

00:00

00:00

 

Mgr Barbarin: "Le pape a manifesté sa confiance"

Reçu "une quarantaine de minutes", le cardinal Barbarin a trouvé le pape "très écoutant (...) bien informé". "Le pape a manifesté sa confiance" explique Mgr Barbarin, "il l'a déjà fait dans les journaux" ajoute-t-il, faisant allusion à l'entretien accordé par le pape au quotidien La Croix le 17 mai dernier.
 

 "J'aurais dû aller de l'avant"

Alors qu'il est visé par une série de plaintes pour non-dénoncation des agressions sexuelles reprochées au p. Preynat, le cardinal Barbarin indique avoir "fait son examen de conscience. (...) ça ne suffit pas. J’aurais dû aller au devant, écouter les gens, essayer de me renseigner de manière beaucoup plus précise. Et après en constatant la gravité des faits - dont je n'avais pas idée- (...) à ce moment là j’aurais du dire « on arrête »." 
 

"Je suis le responsable à l'intérieur de ce diocèse où leur est arrivé ce crime"

Mgr Barbarin reconnaît comprendre que des plaintes soient portées contre lui par des victimes. "Je suis le responsable  l'intérieur de ce diocèse où leur est arrivé ce crime, cette injustice si profonde. Donc on s'attaque à moi, au fond c'est juste."
 

"Ma porte reste ouverte (aux victimes) si elles le souhaitent"

S'il dit être prêt à recevoir les victimes "ils savent que ma porte est ouverte", le cardinal rappelle que certaines d'entre elles ont reçu des prêtres du conseil presbytéral. "La discussion a été profonde, courtoise, douloureuse, fraternelle (...) elle portera du fruit." Surtout, l'archevêque de Lyon le reconnaît: il n'a pas compris à l'époque que "les faits très anciens sont des brûlures pour les victimes."
 

"Il faut que l'église soit une maison sûre"

Au cours de son entretien  Mgr Barbarin a noté la détermination du pape à lutter contre la pédophilie dans l'Eglise. "Il faut que l'Eglise soit une maison sûre, il faut vraiment éradiquer ce fléau à l'intérieur de nos communautés (...) ça n'est pas possible de continuer ainsi." A  Lyon, le diocèse a déjà annoncé avoir pris des mesures: la mise en place d'une cellule d'accueil et d'écoute, et la création d'un collège d'experts. Mais le travail se poursuit encore. "Il y a encore un autre chantier, celui de la prévention et de la formation. Qu'est-ce que je fais pour les séminaristes? les futurs diacres? les futurs laïcs en mission écclésiale? Et tous les agents pastoraux? Les gens attendent que l'Eglise soit une maison sûre pour leurs enfants."

Débat juridique sur la prescription des faits reprochés au p. Preynat

Débat juridique sur la prescription des faits reprochés au p. Preynat

Les agressions sexuelles reprochées au p. Preynat sont elles prescrites? La Cour d'appel de Lyon examinait vendredi 20 mai 2016 les plaintes déposées contre le prêtre de Lyon.

La question est technique, mais c'est en partie de la réponse qui sera donnée que dépend la tenue d'un procès pour le p. Preynat. Les agressions sexuelles sur des jeunes scouts et reprochées au prêtre lyonnais sont-elles prescrites? Saisie par la défense du prêtre, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon trancher sur la question. Une audience à huis clos se tenait vendredi 20 mai 2016 à Lyon.
 

La cour d'appel de Lyon rendra sa décision le 10 juin

 Le parquet général a requis  la non-prescription des faits reprochés au p. Preynat. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon a mis sa décision en délibéré au 10 juin prochain. Mais quelle que soit cette future décision, ces débats très techniques sur la prescription pénale de faits anciens pourraient se poursuivre encore longtemps. La procédure pourrait en effet être prolongée devant la Cour de cassation, voire même jusqu’à la Cour européenne des droits de l’Homme. Par ailleurs Maître Frédéric Doyez, l’avocat de Bernard Preynat, a déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC)/ Autant de débats juridiques qui pourraient repousser la date d’un éventuel procès.
 

>>> Retrouvez notre dossier spécial en cliquant ici.

 

Le cardinal Barbarin reçu par le pape François

 Hasard du calendrier, le cardinal Barbarin a été reçu vendredi matin par le Pape François à Rome. L'archevêque, qui est toujours visé par des plaintes pour non dénonciation dans cette affaire, s’est entretenu avec le Pape sur les affaires qui touchent le diocèse de Lyon depuis le début de l’année. Une audience de 45 minutes qui aura aussi permis au cardinal d’aborder d’autres questions pastorales. Notamment les préparatifs du pèlerinage des gens de la rue à l’occasion du Jubilé de la miséricorde, et un pèlerinage de 300 élus de Rhône-Alpes à Rome prévu au mois de Novembre.

Le pape François apporte son soutien au cardinal Barbarin

Le pape François apporte son soutien au cardinal Barbarin

La démission du cardinal Barbarin serait "un contresens" a estimé le pape François dans le journal La Croix. L'association La Parole Libérée se dit déçue par ces propos.

La démission du cardinal Barbarin serait « un contresens ». Le Pape François apporte son soutien à l’archevêque de Lyon dans une interview au journal La Croix publiée mardi 17 mai 2016. Le Pape ne s’était pas encore exprimé sur les affaires de pédophilie qui secouent le diocèse de Lyon depuis des mois. Julien Urgenti bonsoir... Cette parole était attendue, mais elle n’a pas satisfait, loin de là, les membres de l’association La Parole Libérée qui rassemble notamment les victimes du père Preynat.
« Déception, désillusion et incompréhension ». Dans son communiqué La Parole Libérée ne mâche pas ses mots. L’association dénonce, une réaction du pape François « très peu en rapport avec les attentes des quelques 70 victimes du père Preynat », sans compter celles des autres affaires qui ont surgi dans le diocèse ces derniers mois.

Attendre la suite de la procédure devant la justice

Dans son interview, le Pape affirme en effet son soutien au cardinal Barbarin, en qui il voit «  un courageux, un créatif, un visionnaire », qui a «  bien pris les choses en main », tout en appelant à attendre « la suite de la procédure devant la justice civile ».
Car Mgr Philippe Barbarin est actuellement visé par plusieurs plaintes pour « non-dénonciation » d’agressions sexuelles et « non-assistance à personne en péril ». Des plaintes qui concernent deux prêtres, qui auraient été couverts par le cardinal Barbarin estiment aujourd’hui des victimes.
Dans ces conditions, beaucoup estiment que le Primat des Gaules devrait démissionner. Impensable répond le Pape François. « Ce serait un contresens, une imprudence », dit-il, avant d’ajouter : « On verra après la conclusion du procès, mais maintenant ce serait se dire coupable ».
 

Le pape n'a pas répondu aux demandes d'audiences

Une position incompréhensible pour La Parole Libérée. « A notre grand regret, le Pape se contente de corporatisme là où nous aurions aimé entendre « protection des enfants » et « reconstruction des victimes », déclare l’association. La Parole Libérée qui regrette également que le Pape n’ait pas répondu aux demandes d’audience formulées par les victimes.
 

>>> Retrouvez notre dossier spécial sur les affaires d'agressions sexuelles dans le diocèse de Lyon.

Le diocèse de Lyon reconnaît "des erreurs dans la gestion et la nomination" de certains prêtres

Le diocèse de Lyon reconnaît "des erreurs dans la gestion et la nomination" de certains prêtres

Près de la moitié des prêtres du diocèse de Lyon a assisté lundi 25 avril à la réunion autour du cardinal Barbarin pour évoquer les affaires d'abus sexuels en cours dans le diocèse.

La moitié des prêtres du diocèse de Lyon - soit 220 d'entre eux- ont assisté à la réunion. Lundi 25 avril 2016 à Valpré, à la demande du conseil presbytéral, le cardinal Philippe Barbarin a rencontré les prêtres de son diocèse. Un temps de réunion et d'écoute, pour faire le point sur les affaires d'abus sexuels par des prêtres et qui secouent le diocèse.
 

"Des erreurs" dans les nominations de prêtres

Après un temps de témoignage, notamment de l’une des victimes présumées du p. Bernard Preynat, les prêtres présents à la réunion ont débattu des mesures à prendre dans le diocèse pour lutter contre la pédophilie dans l'Eglise. Des mesures annoncées en fin d'après midi par les deux vicaires généraux modérateurs  - les p. Yves Baumgarten et Patrick Rollin - lors d'un point presse.

Le p. Yves Baumgarten a reconnu "des erreurs dans la gestion et la nomination de certains prêtres", il répond à Julien Urgenti:

00:00

00:00

Mais pour Alexandre Dussot, l'un des membres de la Parole libérée, les arguments avancés par le diocèse ne sont pas convaincants, il s'exprime au micro de Valérie-Anne Maitre:

00:00

00:00

Alexandre Dussot rappelle également que les mesures annoncées par le diocèse n'ont rien de nouveau: la cellule d'écoute "existait déjà selon certains mails" envoyés par le diocèse. Quant aux autres mesures, elles ont plutôt pour origine la Conférence des évêques de France et non le diocèse de Lyon, estime Alexandre Dussot.
 

Accompagner le personnel du diocèse et des paroisses

Lundi soir le diocèse de Lyon a confirmé également la création d'une cellule d'accueil et d'écoute des victimes de religieux pédophiles. Mais aussi la mise en place d'un collège d'experts. Un groupe qui rendra ses conclusions le 30 juin 2016 au plus tard et s'est déjà réuni plusieurs fois, précise le diocèse dans un communiqué.

Par aileurs, il est aussi proposé au personnel diocésain et des paroisses un accompagnement "pour faire face à la crise actuelle". Lundi matin déjà, sur l'antenne de RCF, le p. Yves Baumgarten indiquait que "l’ambiance dans le diocèse est lourde (...) il faut entendre certains coups de colère" de la part des prêtres, mais aussi des laïcs en mission ecclésiale et plus généralement des paroissiens.
 

Pas de démission du cardinal

Quant à une éventuelle démission de Mgr Barbarin, elle est exclue, a indiqué le p. Baumgarten: "Le cardinal est en mission et il continuera cette mission."

 

La Parole Libérée écrit aux prêtres du diocèse de Lyon

La Parole Libérée écrit aux prêtres du diocèse de Lyon

L'association des victimes du p. Preynat écrit aux prêtres du diocèse "pris au piège de l'omerta imposée par l'institution".

Après les nombreuses révélations d’affaires de pédophilie et d’agressions sexuelles dans le diocèse de Lyon, l’association de victimes La Parole Libérée  a décidé de s’adresser directement à tous les prêtres du diocèse. Un courrier doit être envoyé mardi 19 avril 2016. Les explications de Julien Urgenti:

00:00

00:00

Un courrier expédié quelques jours avant une réunion importante: le 25 avril à Valpré (Ecully), entre les prêtres du diocèse et le cardinal Barbarin.
 

Des révélations dans les diocèses d'Orléans et du Puy

Alors que l'association La Parole Libérée annonce l'envoi de cette lettre, une autre affaire de pédophilie dans l'Église est révélée dans la presse. Mgr Jacques Blacquart, évêque d'Orléans, indique avoir signalé à la justice un prêtre de son diocèse mis en cause pour agressions sur mineurs. Les faits remontent à 1993, lors d'un camp de jeunes dans le sud de la France. Le religieux a été mis en examen en 2012, Mgr Blacquart, contacté par des victimes en 2011, indique qu'il a retiré tous ses ministères à ce prêtre, lequel pourrait être jugé en 2017.

Quelques jours plus tôt, le site Mediapart livrait le témoignage d'un sexagénaire, victime d'un prêtre d'un collège privé d'Yssingeaux à la fin des années 60. "Des faits répréhensibles, inadmissibles, qui abîment la vie d'un jeune" a expliqué Mgr Luc Crépy, évêque du Puy-en-Velay sur RCF Haute-Loire. Répondant aux questions de Stéphane Longin, Mgr Crépy s'est dit prêt à rencontrer cette victime, ainsi que d'autres personnes qui auraient subi les mêmes agressions.

 

Lire le rappel des faits dans notre dossier spécial en cliquant ici.

Pédophilie: le diocèse de Lyon met en place un collège d'experts et une cellule d'écoute

Pédophilie: le diocèse de Lyon met en place un collège d'experts et une cellule d'écoute

Touché par les accusations d'abus sexuels commis par des membres de l’Église, le diocèse de Lyon devance les annonces de la CEF en sollicitant des professionnels de l'écoute.

Les scandales d'abus sexuels commis par des religieux et particulièrement mis en lumière après la création de l'association de victimes la Parole Libérée, ont finalement poussé la Conférence des évêques de France (CEF) à réagir. Le 12 avril 2016, la CEF annonçait la mise en place de cellules d'écoute des victimes dans tous les diocèses de France.

Une cellule d'écoute pour les victimes

A Lyon, le diocèse n'a pas attendu les recommandations de la CEF pour mettre en place une cellule d'écoute. Son objectif: permettre aux victimes, à leurs proches et à toute personne concernée par des actes de pédophilie ou d'agressions sexuelles commis par des personnnes relevant de l'Eglise, d'être écoutés, entendus et accueillis.
Le diocèse va débloquer des fonds pour que cette écoute soit déléguée à une association employant des professionnels de l'écoute, des psychologues cliniciens. Un numéro de téléphone accesssible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 sera largement diffusé dans les paroisses.

Le p. Yves Baumgarten, vicaire général modérateur du diocèse de Lyon précise ce nouveau dispositif:

00:00

00:00

Un collège d'experts pour statuer sur les cas difficiles

Le diocèse de Lyon va aussi faire appel à des professionnels pour obtenir des conseils sur les cas de prêtres les plus problématiques. Un collège d'experts a été mis en place et se réunira tous les quinze jours. Il sera composé d'un magistrat, d'un psychiatre, d'une psychanalyste, d'un médecin, d'un père et d'une mère de famille, du Chancelier du diocèse, spécialiste en droit canonique, d'une assistante sociale et du vicaire général modérateur du diocèse de Lyon, le p. Yves Baumgarten.

Selon le p. Baumgarten, cette commission permettra « d’étudier tous les cas problématiques et d'avoir des recommandations précises sur la nécessité d’arrêter un prêtre, la possibilité de confier une mission très strictement encadrée lorsque c’est nécessaire ou de pouvoir reconduire le prêtre s’il n’y a rien à lui reprocher ».

00:00

00:00

 

Affaire Preynat: 3 plaintes devant le tribunal écclésiastique

Affaire Preynat: 3 plaintes devant le tribunal écclésiastique

A Lyon, des victimes présumées du p.Preynat ont choisi de saisir la justice diocésaine.

Parmi les 60 victimes présumées du p. Bernard Preynat, toutes recensées par l'association "La Parole Libérée" au cours des derniers mois, trois hommes aujourd'hui âgés d'une quarantaine d'années ont choisi de porter plainte devant le tribunal ecclésiastique interdiocésain.

Pour ces victimes présumées les faits sont considérés prescrits par la justice civile. Pour eux, il n'y aura donc pas de procès.  Bertrand Virieux fait partie de ces plaignants. Ce membre fondateur de "La Parole Libérée", par qui le scandale a éclaté au début de l'année, explique cette nouvelle démarche.

00:00

00:00

Du côté de la justice ecclésiastique, on prend acte de ces plaintes déposées le 1er avril dernier. Des plaintes qui n'entraînent toutefois aucune procédure du côté de l'Église.
Ecoutez les explications de Nicolas de Boccard, Vicaire judiciaire de l'officialité interdiocésaine:

00:00

00:00

Et selon le p. de Boccard la demande de levée de la prescription, possible dans le droit canon, ne pourra pas être faite avant le jugement civil de cette affaire.

 

Retrouvez le dossier complet sur l'affaire en cliquant ici.

Affaire Preynat: perquisition au diocèse de Lyon

Affaire Preynat: perquisition au diocèse de Lyon

Une perquisition a eu lieu dans des locaux du diocèse de Lyon, en parallèle on apprend qu'une plainte est déposée contre le cardinal

Une persquisition et une plainte, la journée est rude pour le diocèse de Lyon et Mgr Barbarin. Ce mercredi matin (30 mars 2016) les locaux de l'archevêché à côté de la basilique de Fourvière, ont été perquisitionnés par les enquêteurs, dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Lyon, indique l'AFP. Une information confirmée par communiqué dans l'après-midi par le diocèse.

Nouvelle plainte déposée contre le cardinal

Cette perquisition est intervenue aussi dans le cadre d'une seconde enquête préliminaire, ouverte en février dernier, de faits d’agressions sexuelles d'un autre prêtre du diocèse. Une cinquième plainte contre le cardinal a été déposée.

Explications Julien Urgenti:

00:00

00:00

 

"Jamais couvert le moindre acte pédophile"

Accusé de n'avoir pas pris de mesures immédiates contre les prêtres Lyonnais mis en cause, le cardinal se défend. Depuis Lourdes, où il assistait à l'assemblée plenière des évêques de France, il a répété le 15 mars dernier qu'il n'avait "jamais couvert le moindre acte pédophile".

Lors de la messe chrismale, le 23 mars, Mgr Barbarin a évoqué clairement ces affaires qui ébranlent son diocèse. Reprenant les paroles du pape François, le Primat des Gaules  a expliqué se sentir dans l'obligation "d'assumer tout le mal commis par quelques prêtres"; et de demander "personnellement pardon pour les dommages qu'ils ont causés en abusant sexuellement des enfants", en précisant "quand bien même je n'étais pas évêque au moment de ces faits abominables." Dans les jours suivants, le cardinal Barbarin a rencontré des familles de victimes.
 

Les faits reprochés au p. Preynat ne sont pas prescrits

Concernant le dossier Preynat, le juge d'instruction a considéré que les 4 plaintes déposées contre le prêtre Lyonnais ne sont pas prescrites. Le p. Preynat pourrait donc être jugé pour des faits vieux de plus de 25 ans.

Affaire Preynat: pour le juge, les faits ne sont pas prescrits

Affaire Preynat: pour le juge, les faits ne sont pas prescrits

Le p. Bernard Preynat pourra bien être jugé. C'est ce qu'a décidé le juge d'instruction chargé de cette affaire d’agressions sexuelles et viols reprochés au prêtre lyonnais sur des scouts.

A quel moment commence le délai de prescription pour des agressions commises il y a près de 25 ans? C'est l'une des questions principales de l'affaire Preynat, ce prêtre Lyonnais, mis en examen en début d'année pour agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans. Des faits commis entre 1970 et 1991, lorsque le p. Preynat encadrait un groupe de scouts dans l'Ouest lyonnais.
Pour l'avocat du prêtre, il n'y avait pas de doute: tout est prescrit depuis longtemps. (Lire l'article sur RCF Lyon)

Le juge d'instruction en charge de l'affaire a un avis différent. Selon l'AFP, dans son ordonnance rendue à la fin de la semaine dernière, le juge considère que les faits reprochés au prêtre ne sont pas prescrits, par conséquent le prêtre pourra bien être jugé.

Explications de Julien Urgenti:

00:00

00:00

L'association de victimes "la parole libérée" à l'origine de cette affaire milite également pour la fin de la prescription des faits de pédophilie. A ce jour, leur pétition a été signée en ligne par 27 000 personnes.

Retrouvez le dossier complet sur cette affaire en cliquant ici.

Le cardinal Barbarin demande pardon "pour tout le mal commis dans le diocèse"

Le cardinal Barbarin demande pardon "pour tout le mal commis dans le diocèse"

Lors de la messe chrismale mercredi 23 mars 2016, l'archevêque de Lyon a évoqué les affaires de pédophilie et d'agressions sexuelles qui secouent son diocèse.

Au début de la messe chrismale, mercredi 23 mars 2016 à la primatiale Saint Jean à Lyon, le cardinal Barbarin a évoqué très clairement les affaires de pédophilie et d'agressions sexuelles qui secouent son diocèse et impliquant plusieurs prêtres.

Reprenant les paroles du pape François, Mgr Philippe Barbarin a expliqué se sentir dans l'obligation "d'assumer tout le mal commis par quelques prêtres". Et le Primat des Gaules de demander "personnellement pardon pour les dommages qu'ils ont causés en abusant sexuellement des enfants", en précisant "quand bien même je n'étais pas évêque au moment de ces faits abominables."

00:00

00:00

Le cardinal Barbarin a également ajouté que "chacun est amené à faire son examen de conscience face à cette tourmente et je remercie ceux qui m’aident à faire le mien. Je demande au Seigneur de m’éclairer dans les choix que je dois faire chaque jour, afin de panser et prévenir ces blessures." Quelques heures avant la messe chrismale, le cardinal a rencontré tous les prêtres du diocèse de Lyon, ainsi que des laïcs, pour évoquer ces douloureuses affaires.

La Belgique "intensément dans notre prière"

Cette déclaration dès l'ouverture de célébration a aussi été l'occasion d'évoquer les attentats de la veille à Bruxelles en Belgique. "Nous voulons dire à nos amis de Belgique qu’ils seront intensément présents dans notre prière. Ce que nous avons vécu le 13 novembre dernier nous donne envie de les prendre dans nos bras. Hier, j’ai eu contact avec l’archevêque de Malines-Bruxelles qui venait de décider la suppression de la Messe chrismale dans son diocèse. Chacun de nous saura redoubler de ferveur ce soir."
 

Retrouvez l'intégralité de la déclaration du cardinal lors de la messe chrismale sur le site du diocèse de Lyon.

Affaires dans le diocèse de Lyon: paroles de Lyonnais

Affaires dans le diocèse de Lyon: paroles de Lyonnais

Sondage, pétition et groupe de soutien sur les réseaux sociaux, les affaires qui secouent le diocèse ne laissent personne indifférent. Nous avons donné la parole aux Lyonnais.

Depuis la révélation de l'affaire Preynat par l'association de victimes "La Parole Libérée" en début d'année, le diocèse de Lyon est secoué par plusieurs affaires qui mettent en cause trois prêtres du diocèse ainsi que le Cardinal Barbarin. Si les trois affaires ne sont en rien comparables, il n'en reste pas moins que des plaintes pour non-dénonciation d'agressions sexuelles et mise en danger de la vie d'autrui sont déposées à l'encontre du Primat des Gaules et de trois membres du diocèse.

Une situation délicate à gérer pour le diocèse comme pour les paroissiens.
Sara Chalbos est allée à leur rencontre dans plusieurs églises de la presqu'île de Lyon.

00:00

00:00

Au delà du diocèse, ces affaires et les déclarations de plusieurs responsables politiques font aussi réagir l'ensemble des lyonnais.

00:00

00:00

Propos recueillis par Paul Thorineau.
 

Les affaires de Lyon agitent le Net

Sur internet également les avis sont partagés. Lancée il y a quelques semaines sur le site change.org, une pétition demandant la démission du cardinal Barbarin a recueilli près de 74 000 signatures. Sur Facebook, une page de soutien au cardinal a été ouverte il y a quelques jours pour dénoncer l'archanement médiatique contre l'archevêque de Lyon, elle compte plus de 4 000 Like.

 

->> Retrouvez ici le dossier spécial de la rédaction sur les affaires qui secouent le diocèse de Lyon

Affaire Preynat: les plaintes sont-elles recevables?

Affaire Preynat: les plaintes sont-elles recevables?

Au cœur de cette affaire de pédophilie qui secoue le diocèse de Lyon depuis deux mois, la question de la prescription des faits reste entière.

Les faits reprochés, agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans par personne ayant autorité, datent des années 1980-1990. Si l'association de victimes "La Parole Libérée", qui a révélé l'ampleur de l'affaire le 12 janvier 2016, a recueilli une cinquantaine de témoignages, seuls quatre plaintes ont été déposées et jugées recevables pour l'instant
 

Quel article de loi appliquer?

L'avocat du p. Preynat, Maitre Frédéric Doyez, conteste ces plaintes car pour lui, les faits reprochés à son client sont prescrits depuis près de 22 ans. "Quand on veut juger des faits d'une période, il faut regarder exactement quels sont les textes en vigueur à cette période" explique-t-il à Julien Urgenti. "A l'époque des faits en 1991, l'article applicable date de 1989, d'avant le nouveau code pénal" et le délai de prescription n'était pas le même. 

00:00

00:00

Maitre Doyez a déposé une requête auprès du juge d'instruction le mois dernier. La réponse du magistrat, attendue dans "les tous prochains jours", sera déterminante: si les faits sont prescrits, Bernard Preynat aujourd'hui agé de 71 ans ne sera pas jugé pour les faits de viols et d'agressions sexuelles qu'il a pourtant reconnus lors de sa garde à vue au mois de février. 

Affaires dans le diocèse de Lyon: paroles de prêtres

Affaires dans le diocèse de Lyon: paroles de prêtres

Pédophilie dans l'Eglise, vie affective et accompagnement des prêtres, mise en cause du cardinal... Mgr Jean-Paul Vesco, les p. Thierry Magnin et Christian Delorme livrent leurs analyses.

Rendue publique en octobre 2015 par le diocèse de Lyon, l'affaire Preynat a eu un effet de boîte de Pandore. Depuis quelques jours, d'autres dossiers, parfois anciens, sont révélés par la presse. Si les faits ne sont pas tous comparables - certains sont prescrits, d'autres concernent des adultes...- ils ont été commis par des prêtres lyonnais. Difficile alors pour des fidèles de garder confiance, et pour les prêtres de ne pas se sentir visés en ces temps troublés. RCF Lyon a demandé à trois figures lyonnaises de réagir.
 

"Je pense aux jeunes prêtres" p. Christian Delorme

Le p. Christian Delorme exprime d'abord sa solidarité avec le cardinal Barbarin, sous le feu des critiques depuis quelques jours. Mais le curé des Minguettes a aussi une pensée "pour (ses) frères prêtres", qui vivent difficilement les révélations dans la presse. Il répond à Lætitia de Traversay:

00:00

00:00


 

"La sexualité dans l'histoire de l'église a souvent été un tabou"  p. Thierry Magnin

Pour le recteur de l'Université catholique, l'Eglise a encore du travail à faire sur le sujet de la sexualité, notamment "celle de célibataires engagés comme des prêtres". Pour le p. Magnin il est aussi nécessaire de mieux prendre en compte l'accompagnement des personnes qui "ressentent des tendances pédophiles".

00:00

00:00

Retrouvez le p. Thierry Magnin, recteur de l'UCLy vendredi 18 mars à 12h10 dans la chronique "Regard chrétien sur l'actualité" avec Lucie Baverel.
 

"Il faut mesurer le chemin parcouru dans l'église" Mgr Jean-Paul Vesco

L'évêque d'Oran (Algérie) apporte son soutien au cardinal Barbarin. Et met en garde: "la focalisation sur une seule personne ne doit pas nous exonérer d'une responsabilité collective." Pour Mgr Vesco, il faut aussi "mesurer le chemin parcouru par l'Eglise" en matière de lutte contre la pédophilie, même s'il faut "avancer vers la tolérence zéro" aujourd'hui.

00:00

00:00

Mgr Jean-Paul Vesco était l'invité de la rédaction avec Jean-Baptiste Cocagne.

Quelle imprescriptibilité canonique pour d'anciens faits d'agressions sexuelles dans l'Eglise?

Quelle imprescriptibilité canonique pour d'anciens faits d'agressions sexuelles dans l'Eglise?

Les affaires qui secouent actuellement le diocèse de Lyon posent la question de la prescription canonique pour les agressions sexuelles commises par des prêtres ou des religieux.

Les règles de prescription

En droit français, en fonction de la gravité des faits (délit ou crime), de leur auteur (ascendant, personne ayant autorité...) et des victimes (mineur de moins de 15 ans) les délais de prescriptions peuvent courir jusqu'aux 38 ans de la victime.

Dans le cadre du droit canonique (ensemble de règles qui s'appliquent dans l'Eglise) le délai de prescription est de 20 ans après les faits. Un délai allongé par le Vatican, c'est ce qu'explique le p. Pierre Vignon, juge de l'officialité interdiocésaine de Lyon. Il répond à Julien Urgenti.

00:00

00:00

La question de la prescription est d'ailleurs l'un des combats de l'association La Parole Libérée. Les membres de l'association souhaitent en effet prolonger le délai, car les victimes mettent parfois beaucoup de temps à évoquer les faits. "Aujourd'hui seuls les coupables ont droit à l’oubli. Ce sont les victimes qui sont condamnées à perpétuité..." écrit l'un des membres de l'association sur le site internet.

Le travail de l'église de france

"On ne peut pas non plus mettre un policier derrière chaque prêtre. Chaque prêtre n’est pas un pédophile en puissance. Je suis témoin du travail de l’Eglise de France à ce niveau-là et aussi de leur attitude face à des situations concrètes. En France, on ne passe pas à côté de ce genre d’affaires. " explique Marie-Jo Thiel professeure d'éthique à la Faculté de théologie catholique de l'Université Marc-Bloch de Strasbourg.
Elle répond à Anne Dory, son interview est à écouter ici.

Nouvelle révélation gênante pour le diocèse de Lyon

Nouvelle révélation gênante pour le diocèse de Lyon

Le cas d'un prêtre de Rodez, condamné en 2007 pour agressions sexuelles sur des étudiants, et nommé en paroisse à Lyon un an plus tard, est aujourd'hui révélé dans la presse.

Depuis près de deux mois, le diocèse de Lyon fait face à une série de révélations sans précédent. Si à chaque fois il s'agit d'affaires de mœurs qui se sont déroulées il y a plusieurs années, les cas ne sont pas tous comparables. Ainsi, contrairement au P. Preynat accusé de de pédophilie, et aux atteintes sexuelles sur un mineur reprochées au P. Billioud, la dernière affaire révélée par le quotidien Le Parisien mercredi 16 mars 2016, concerne des faits d’agressions sexuelles sur personne majeure. 
 
Autre différence notable avec les deux précédentes affaires, ces agressions ont été jugées et condamnées en 2007.  Ce prêtre a été reconnu coupable par le tribunal correctionnel d'agressions sexuelles commises sur des étudiants d'un foyer dont il était responsable à Rodez (Aveyron) où il officiait à l'époque. 

Le prélat a été condamné à 18 mois de prison avec sursis et 3 ans de mise à l’épreuve. Au terme de cette condamnation, le juge d’application des peines n’a pas vu de contradiction avec une reprise d’activité en ministère paroissial. Dès 2008, le prêtre était nommé à Lyon et en 2013, il est promu Doyen par le cardinal Barbarin. Aujourd’hui, ce prêtre officie toujours dans une petite commune du département du Rhône située à l’ouest de Lyon.
 

Dans un communiqué publié jeudi 17 mars, le diocèse de Lyon dit "regretter que les efforts de réhabilitation et le chemin parcouru par ce prêtre soient remis en question par une exposition médiatique injustifiée, concernant des faits pour lesquels il a purgé sa peine." Dans le même temps, le diocèse précise que "pour le respect des personnes, le diocèse de Lyon a demandé à ce prêtre de prendre un temps de retrait."

 

Réaction des évêques de France

Depuis l'Assemblée plénière de printemps de la Conférence des évêques de France, le porte-parole de la CEF Mgr Olivier Ribadeau-Dumas a réagi à cette nouvelle révélation en déclarant que "ce cas n’a rien à voir et n’est pas comparable avec celui du p. Preynat. En aucun cas il ne s’agit ici de pédophilie" même si "cela n’excuse en rien le comportement de ce prêtre".
 

Mgr Olivier Ribadeau-Dumas, porte parole de la CEF était le Grand invité sur RCF jeudi 16 mars. Son interview à écouter en cliquant ici.

Mgr Barbarin "Jamais je n'ai couvert le moindre acte pédophile"

Mgr Barbarin "Jamais je n'ai couvert le moindre acte pédophile"

Au premier jour de l'assemblée des évêques à Lourdes, le cardinal Barbarin a pris la parole au cours d'une conférence de presse. Il dément avoir couvert les actes de prêtres pédophiles.

Sa prise de parole sur l'affaire Preynat était très attendue. Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, s'est exprimé mardi 15 mars 2016, depuis Lourdes où se tient l'Assemblée plenière des évêques de France.
« Jamais, jamais, jamais je n'ai couvert le moindre acte de pédophilie, a martelé Mgr Barbarin. Cela fait 17 ans que je suis évêque. J'ai eu connaissance de tels faits deux fois, en 2006 et en 2014, la police m'en est témoin. (...) Et deux fois j'ai immédiatement suspendu les prêtres. (...) À aucun des deux je n'ai redonné de ministère. » (sons Radio présence)

00:00

00:00


 

"On peut me reprocher d'avoir cru le p. Preynat"

Comme il l'avait déjà mentionné lors d'interviews précédentes, Mgr Barbarin a expliqué avoir rencontré le p. Bernard Preynat en 2007. Ce dernier "ébouillanté par cette affaire" lui a assuré n'avoir rien fait depuis 1991. "On peut me reprocher d'avoir cru le p. Preynat" reconnaît le cardinal qui indique pour cette affaire avoir contacté le Vatican pour savoir comment réagir dans le cas de faits anciens.

00:00

00:00

A sa connaissance "rien ne s'est passé depuis 1991. Cela n'excuse rien, mais j'arrive quand même 15 ans plus tard" explique le cardinal. Mais alors, ces faits commis il y a plus de 25 ans sont-ils prescrits? C'est la question posée. Juridiquement, une partie des abus commis par le p. Preynat pourraient être prescrits "grâce à Dieu", indique dans une formule maladroite le cardinal Barbarin, avant de se reprendre quelques minutes plus tard. Surtout, insiste l'archevêque, la prescription canonique pourrait être levée dans ce genre d'affaire. "Dans le droit canonique on peut demander à Rome de lever une prescription" assure-t-il.
 

"Nous poussons les victimes à porter plainte"

Au cours de la conférence de presse, Mgr Stanislas Lalanne, en charge de la commission sur la lutte contre la pédophilie, a rappelé le travail de l'Eglise de France depuis le début des années 2000, avec notamment la publication d'un livret "Lutter contre la pédophilie".

S'agissant d'actes de pédophilie commis par des prêtres, la position de l'Eglise est claire, a rappelé Mgr Lalanne: "Nous poussons les victimes à porter plainte. Si elles ne le font pas, nous demandons au prêtre de le dire à la justice ou à la police. Et quand ils ne le font pas, nous avons une obligation de signalement. "  Mais Mgr Lalanne, comme le président de la Conférence des évêques, Mgr Georges Pontier, reconnaissent qu'aujourd'hui de "nouvelles questions" se posent à l'Eglise de France, et qu'il faudrait sans doute améliorer l'accueil des victimes d'abus sexuels par des religieux.
 

"Je pense d'abord aux victimes"

Les victimes, c'est d'abord par elles que le cardinal Barbarin a commencé son intervention. "Les victimes savent que c'est d'abord à elles que je pense. (...) En les rencontrant, j'ai mesuré à quel point (...) il  a été extrêmement difficile pour eux d'arriver à dire quelque chose." Parler, écrire, c'est d'ailleurs ce qu'a recommandé Mgr Barbarin à l'une des personnes venue le rencontrer en 2014 pour lui parler des agissements du p. Preynat.
 

"Estime et respect envers le cardinal Barbarin"

Quelques heures après la conférence de presse des évêques français, le Vatican a pris la défense du cardinal Barbarin. Par la voix du p. Federico Lombardi, directeur de la salle de presse, Rome manifeste "estime et respect envers le cardinal Barbarin." Par ailleurs, évoquant le cas Preynat, le p. Lombardi rappelle qu'une enquête est ouverte "dont il est opportun d'attendre le résultat." Enfin, le p. Lombardi répond à la demande de l'association La Parole Libérée qui souhaite rencontrer le pape François en privé. "(...) en principe, la requête d'une audience papale privée ne passe pas par la presse. Sa publication tend évidemment à exercer une forte pression médiatique. Jusqu'ici, les rencontres de victimes d'abus sexuels par les Papes se sont déroulées après qu'on se soit assuré du climat d'écoute et de dialogue nécessaire pour porter des fruits spirituels" souligne le p. Lombardi.

 

Alors que son diocèse est secoué par les révélations autour de l'affaire Preynat, le cardinal Barbarin est également mis en cause dans une autre affaire d'agressions sexuelles commises par un prêtre de Lyon en 1993. La plainte avait été classée sans suite par la justice en 2009 pour cause de prescription. Lire les explications de Julien Urgenti.

Diocèse de Lyon: nouvelle plainte contre le cardinal

Diocèse de Lyon: nouvelle plainte contre le cardinal

Au-delà de l’affaire Preynat, depuis lundi soir, une deuxième affaire secoue le diocèse de Lyon.

D’un côté, il y a l’affaire Preynat, révélée par l’association de victimes "La Parole Libérée" le 12 janvier 2016. Après avoir avoué des viols et des agressions sexuelles sur mineurs lors de sa garde à vue, le p. Bernard Preynat aujourd'hui âgé de 70 ans a été mis en examen dès le mois de février. Quelques semaines plus tard, au début du mois de mars, trois victimes présumées ont porté plainte contre le Primat des Gaules pour non dénonciation d’agressions sexuelles et mise en danger de la vie d’autrui. Des plaintes qui visent également deux hauts responsables du Vatican et deux membres du diocèse de Lyon.
 

Une affaire classée sans suite en 2009

C’est dans ce contexte qu’est apparue lundi une deuxième affaire. Celle-ci concerne un autre prêtre du diocèse, le p. Jérôme Billioud. Selon le témoignage publié par Le Figaro, un homme de 42 ans affirme avoir été victime d’attouchements sexuels en 1993. Des faits qui auraient été rapportés au cardinal Barbarin en 2009. A l’époque une plainte a été déposée à l’encontre du prêtre puis classé sans suite par la justice. Aujourd’hui la victime présumée a choisi de porter plainte contre le cardinal pour mise en danger de la vie d’autrui et provocation au suicide. 
Dans un communiqué du diocèse le Cardinal s’est dit triste et consterné par cette nouvelle plainte. Le Primat des Gaules a rappelé son « plus profond soutien et sa compassion à l’égard de toute victime », et demande toutefois « que soient respectés la présomption d’innocence ».

00:00

00:00


 
Si ces deux affaires ne concernent pas les mêmes faits ni le même prêtre, des voix se sont faites entendre dans la presse pour dénoncer un lien entre les victimes des deux affaire. Lien démenti très rapidement par l’association "La Parole Libérée".

 

Diocèse de Lyon: une enquête préliminaire ouverte pour «non-dénonciation de crime» et «mise en danger de la vie d'autrui»

Diocèse de Lyon: une enquête préliminaire ouverte pour «non-dénonciation de crime» et «mise en danger de la vie d'autrui»

La justice française a ouvert une enquête préliminaire, en marge de la mise en examen du père Preynat pour des agressions sexuelles sur de jeunes scouts lyonnais entre 1986 et 1991.

L’enquête préliminaire a été ouverte par le Parquet de Lyon la semaine dernière à la suite d’un signalement de victimes du père Preynat, qui mettent en cause plusieurs responsables du diocèse de Lyon, parmi lesquels le cardinal Philippe Barbarin, qu'ils accusent de « non-dénonciation de crime ». Cette enquête porte aussi sur des faits de « mise en danger de la vie d’autrui ».

Si l’enquête du parquet ne vise nommément personne, l’une des victimes, François Devaux, président de l’association de victimes « La Parole libérée », a déposé hier une série de plaintes après avoir été entendu par la police. Elles visent le cardinal Philippe Barbarin, son directeur de cabinet, une bénévole déléguée par le diocèse à l’écoute des victimes, le vicaire de Roanne Xavier Grillon, ainsi que le cardinal Gehrard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi ; le dicastère de la curie romaine qui traite des affaires de pédophilie impliquant des membres du clergé, et que le cardinal Barbarin a consulté.
Des plaintes qui confirment l’intention affichée publiquement en ce sens par plusieurs membres de l’association il y a deux semaines.

Le cardinal Philippe Barbarin a indiqué hier qu’il coopérerait « avec sérénité et confiance » à l’enquête ouverte. Dans un communiqué publié par le diocèse de Lyon, il a souligné qu’il était « conscient de l'extrême gravité des faits reprochés » au père Preynat, mis en examen pour des agressions sexuelles commises sur de jeunes scouts basés à Sainte-Foy-les-Lyon, en banlieue lyonnaise, entre 1986 et 1991.

Monseigneur Barbarin a tenu aussi « à rappeler qu'il n'était pas archevêque de Lyon à l'époque des faits – il s’agissait du cardinal Albert Decourtray – et qu'il n'a jamais couvert aucun fait de pédophilie ». Il a renouvelé « son soutien aux victimes et à leurs familles ». Le communiqué du diocèse évoque enfin des « événements, dont la complexité et l'ancienneté exigent une approche prudente ».

Le père Bernard Preynat, âgé de plus de 70 ans, a quitté ses paroisses dans le Roannais fin août 2015, relevé de ses fonctions par le diocèse de Lyon, après avis du Vatican. Il a été mis en examen le 27 janvier dernier après avoir reconnu les faits. Il a également été placé sous le statut de témoin assisté pour des viols qu'il a avoués en garde à vue.

Cardinal Barbarin: «il faut respecter le travail de la justice»

Cardinal Barbarin: «il faut respecter le travail de la justice»

Depuis le Burkina Faso où il est en déplacement, le cardinal Barbarin s'est très brièvement exprimé sur l’affaire du p. Preynat.

Alors que l'affaire du p. Preynat prend de l'ampleur à Lyon, le cardinal Philippe Barbarin - actuellement en déplacement au Burkina Faso -  a accepté de répondre à Lucie Baverel, journaliste à RCF Lyon et envoyée spéciale pour couvrir le déplacement d'une délégation du diocèse de Lyon dans le diocèse de Koupéla.

"Il faut vraiment respecter profondément le travail de la justice" explique le cardinal Barbarin:

00:00

00:00

Depuis quelques jours le cardinal Barbarin est directement visé par certains membres de l’association La Parole Libérée. Quatre d'entre eux ont annoncé leur intention de déposer une plainte contre l'archevêque de Lyon, lui reprochant de n’avoir pas dénoncé le p. Preynat lorsqu’il a eu connaissance des faits, en « 2007/2008 » comme il l’a reconnu dans deux interviews à La Croix et RCF Lyon.

Dossier Preynat: l'affaire qui embarrasse le diocèse de Lyon

Dossier Preynat: l'affaire qui embarrasse le diocèse de Lyon

Révélée par le diocèse de Lyon en octobre 2015, la mise en cause du p. Preynat, accusé de pédophilie sur des scouts il y a 25 ans, atteint désormais directement le cardinal Barbarin.

Le Rappel des faits

En octobre dernier, le diocèse de Lyon révélait par un communiqué de presse la mise en cause du p. Bernard Preynat, pour agressions sexuelles sur mineurs. Depuis la fin des années 70 et jusqu'en 1991 le prêtre encadrait un groupe de scouts de la paroisse Sainte-Foy-lès-Lyon. En 1991, suite à la dénonciation de parents auprès du cardinal de l'époque, Mgr Decourtray, le p. Preynat avait été suspendu 6 mois. Il avait ensuite été nommé dans d'autres paroisses.

En décembre 2015 plusieurs victimes se sont rassemblées au sein d'une association "La Parole Libérée" pour dénoncer "l'omerta de l'Eglise". Une action présentée lors d'une conférence de presse le 12 janvier 2016.

François Devaux, président de l'association La Parole Libérée. Il répondait à Julien Urgenti le 12 janvier dernier:

00:00

00:00

Alors que plusieurs plaintes pour agressions sexuelles ont été déposées contre le p. Preynat, celui-ci a été placé en garde à vue puis en examen en janvier 2016. Le p. Preynat a été confronté à certains anciens scouts, dont François Devaux. Une audition au cours de laquelle le prêtre a reconnu les faits, expliquait François Devaux, mais surtout, que tous les cardinaux de Lyon étaient au courant de sa situation.
François Devaux au micro de Julien Urgenti le 27 janvier :

00:00

00:00


 

A quelle date le cardinal Barbarin a-t-il eu connaissance des faits?

Dans un premier temps, le diocèse de Lyon a communiqué sur le site internet du diocèse (lire ici et ici) puis par la voix de Régine Maire, responsable de l'accueil des victimes, que le cardinal Barbarin avait été informé des faits reprochés au p. Preynat en 2014. Le cardinal avait - après consultation du Vatican - suspendu le prêtre, une décision effective à l'été 2015.

00:00

00:00

Mais jeudi 11 février, dans une interview publiée par La Croix, le cardinal confiait avoir été averti de la situation du p. Preynat "en 2007/2008". Des propos qu'il confirme ensuite sur l'antenne de RCF. Et s'il n'a pas dénoncé les faits, c'est qu'il a cru le prêtre lorsque celui-ci lui a affirmé qu'il ne s'était rien passé depuis 1991.
Ecouter l'interview du cardinal Barbarin avec Philippe Lansac le 12 février.

00:00

00:00

Suite à ces entretiens, certains membres de la Parole Libérée souhaitent porter plainte pour non dénonciation des faits de pédophilie. Des plaintes contre le cardinal Barbarin, mais aussi Régine Maire, ainsi que le cardinal Gerhard Müller et Mgr Luis Francisco Ladaria Ferrer, préfet et secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi.
 

Un courrier explicatif bientôt envoyé par le diocèse de Lyon

Alors que le cardinal est parti pour un voyage en Afrique, et interrogée par plusieurs médias, dont TLM, Régine Maire évoquait lundi l'éventualité d'une démission du cardinal Barbarin. Des propos remis en cause quelques heures plus tard par le diocèse: la démission ne serait pas à l'ordre du jour, il faut attendre la fin de la procédure judiciaire puis les conséquences d'une éventuelle procédure canonique.

Aujourd'hui le diocèse de Lyon ne souhaite plus prendre la parole publiquement. Mais la rédaction d'un courrier explicatif destiné aux paroissiens et aux prêtres de Lyon serait en cours.

Lyon : le prêtre soupçonné d’agressions sexuelles sur mineurs en garde à vue

Lyon : le prêtre soupçonné d’agressions sexuelles sur mineurs en garde à vue

Le prêtre du diocèse de Lyon, mis en cause pour agressions sur mineurs, a été placé en garde à vue lundi 25 janvier.

Un prêtre du diocèse de Lyon,  a été placé en garde à vue lundi 25 janvier 2016. L'affaire a été révélée  en octobre dernier par  le diocèse lui-même, dans un communiqué informant que l'un de ses prêtres faisait l'objet de plaintes pour agressions sexuelles sur mineurs.

Du début des années 70 à 1991 le p. Bernard avait en charge l'encadrement du groupe St Luc, un groupes de scouts mixtes à Sainte-Foy-lès-Lyon dans la banlieue ouest  de Lyon. C’est à cette époque que les faits auraient été commis.  En 1991 un courrier de parents avait alerté le cardinal Albert Decourtray qui avait pris la décision de sanctionner ce prêtre.

Le cardinal Barbarin alerté en 2014

Mais 6 mois plus tard, le p. Bernard avait été nommé  dans une paroisse. Une information dont certaines victimes présumées n’ont eu connaissance qu’en 2014. C’est à cette date qu’elles alertent le cardinal Philippe Barbarin. L'archevêque de Lyon prend la décision, après consultation du Vatican, de suspendre de ce prêtre le 18 mai 2015.

Le prêtre entendu lundi par les enquêteurs

Il y a deux semaines, les victimes se sont rassemblées au sein de l’association La parole libérée, afin de dénoncer les agissements de ce pretre et le silence de l’Eglise sur cette affaire. Certains faits pourraient etre prescrits, mais trois plaintes restent recevables.
C’est dans ce cadre que le prêtre a été entendu par les enquêteurs ce lundi puis mis en garde à vue. L’enquête est en cours.
De son côté, le diocèse a  précisé que ce prêtre pourrait l’objet d'un procès canonique "à l'issue de la procédure civile selon les règles prévues par l'Eglise, de façon à ce que justice soit faite".
 
 

 

A Lyon une association rassemble les victimes d’un prêtre accusé d’agressions sur mineurs

A Lyon une association rassemble les victimes d’un prêtre accusé d’agressions sur mineurs

"La Parole Libérée" s'interroge sur les décisions prises à propos d'un prêtre dénoncé en 1991 pour pédophilie. Le diocèse de Lyon répond qu'aucune plainte n'était déposée depuis 1991.

Les faits remontent au moins à 1990, et sans doute même 10 ans plus tôt selon l'association "La parole libérée". Mardi 12 janvier 2016 à Lyon, elle présentait une série de témoignages de victimes présumées d'un prêtre du diocèse de Lyon, accusé d'agression sexuelle sur mineurs.

Si le prêtre en question - le Père Bernard Preynat - a bien été relevé de toute ses fonctions et interdit de contact avec les enfants à l'été 2015, l'association soulève de multiples questions liées au traitement de l'affaire par le diocèse. D'un premier courrier datant de 1991 et adressé au Cardinal Decourtray, jusqu'à des courriers électroniques échangés à partir de 2014, l'association démontre en publiant ces correspondances sur le site internet, que le diocèse était informé des faits. Et estime que les réponses apportées jusque là restent insuffisantes aux yeux des victimes. 

 

L'association veut recueillir d'autres témoignages

Aujourd'hui "La Parole libérée" indique qu'une dizaine de plaintes ont été déposées, et que 20 autres pourraient l'être ensuite. Les membres de l'association comptent recueillir d'autres témoignages d'abus, qu'ils fourniront aux enquêteurs. Ensuite, ce sera à la justice de faire son travail estiment-ils, car certains faits pourraient s'avérer prescrits. François Devaux, président de l’association et victime insiste, au-delà des actes commis par le prêtre, sur le silence du diocèse :

00:00

00:00

En octobre dernier, le diocèse de Lyon, a rendu public l'existence de plusieurs plaintes et les avait condamnées indiquant que ce prêtre avait été relevé de ses fonctions. Aujourd'hui l'association s'interroge sur les raisons du maintien en poste du Père Preynat de 1991 - date de révélation de la première agression sexuelle, jusqu'à juin 2015. Les explications de Régine Maire, déléguée par le diocèse pour l'écoute des victimes:

00:00

00:00


 

Le diocèse a publié dans la journée un nouveau communiqué indiquant: "Les questions que posent les victimes sont légitimes : il faut qu’elles sachent que l’Eglise a changé et qu’elle veut désormais être une « maison sûre »." Le diocèse apporte également des précisions sur l'affaire en cours: aucune plainte n'a été déposée contre ce prêtre pour des faits postérieurs à 1991. Et ajoute qu'un "procès canonique est envisagé à l'issue de la procédure civile selon les règles prévues par l'Eglise, de façon à ce que justice soit faite".

 

Lutter contre la pédophilie: Ce que dit l'église

Jusqu'en 2000 les affaires de pédophilie dans l'Eglise étaient traitées au cas par cas, avec une certaine tradition de silence et de non dits. En 2001, la condamnation par la justice de l'évêque de Bayeux-Lisieux, Mgr Pican, pour n'avoir pas dénoncé des actes pédophiles d'un prêtre de son diocèse et dont il avait connaissance, a non seulement secoué l'Eglise de France mais aussi provoqué une prise de conscience de la nécessité de règles claires.
En 2003 les évêques de France publient une brochure qui fait encore référence aujourd'hui "Lutter contre la pédophilie, repères pour les éducateurs".

Dans ce texte, l'Eglise de France indique qu'elle condamne les actes pédophiles. "Désormais aucun groupe, aucune institution, aucun mouvement, ne pourra ni ne voudra nier ou dissimuler les faits" écrivent les rédacteurs de la brochure. Sont ainsi abordées les obligations de dénonciation d'un crime pour celui qui en aurait connaissance, la question du secret professionnel auquel sont soumis les prêtres. Enfin, le texte donne des pistes de prévention.
captureeglyon.png
En mars 2015 le diocèse de Lyon a publié un document reprenant les grandes lignes de la brochure de la CEF.  Destiné à rassurer les familles comme à informer les personnes en contact avec les enfants, ce document intitulé "Lutter contre la pédophilie, repères et conseils" rappelle quelques règles simples: ne pas recevoir un enfant seul chez soi, rester en groupe pour accompagner les enfants, repérer et signaler les comportements à risque...

Dénonciation et prescription des faits: ce que dit la loi

En France le code pénal consacre une partie de ses articles aux infractions sexuelles commises sur des mineurs: viol, agression sexuelle, inceste ou encore harcelèment. La loi indique que toute personne ayant connaissance d'abus de nature sexuelle à l'égard d'un mineur doit le signaler. Le signalement devient même obligatoire lorsque la victime a moins de 15 ans. Le secret professionnel ne peut justifier le silence rappelle le législateur. La non-dénonciation constitue un délit, puni de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.

Dans les affaires d'infractions de nature sexuelle, le délai de prescription des faits est allongé. En cas de viol, attouchement sexuel sur mineur de moins de 15 ans, ou commis par un ascendant, une personne ayant autorié ou plusieurs personnes, le dépôt de la plainte est possible jusqu'aux 38 ans de la victime. Dans les autres cas d'infractions sexuelles, le dépôt de plainte est possible jusqu'aux 28 ans de la victime. (source Ministère de la Justice)

Un prêtre du diocèse de Lyon mis en cause pour agressions sexuelles sur mineurs

Un prêtre du diocèse de Lyon mis en cause pour agressions sexuelles sur mineurs

Le diocèse de Lyon publie vendredi 9 octobre 2015 un communiqué indiquant qu'un de ses prêtres est mis en cause pour agressions sexuelles sur mineurs.

Les faits sont antérieurs à 1991 indique le diocèse de Lyon, qui précise que le prêtre mis en cause n'a plus "aucune responsabilité pastorale et tout contact avec les mineurs lui a été interdit." Dans son communiqué, le cardinal Philippe Barbarin condamne "sans réserve des actes qui ont atteint des jeunes dans leur vie intime".

Un document diocésain "Lutter contre la pédophilie"

L'archevêque de Lyon rappelle aussi que son diocèse a travaillé un document "Lutter contre la pédophilie" indiquant un certain nombre de mesures et de conseils pour les personnes qui sont en contact avec des enfants dans le cadre de leur mission. Publié en mars dernier, le texte rappelle en particulier que "C’est à l’adulte d’être au clair sur son équilibre personnel, affectif et humain"

En mai 2014 déjà le diocèse de Lyon avait été secoué par la mise en cause d'un ses prêtres. Le p. Eric Pepino était poursuivi pour "corruption et atteinte sexuelle sur mineur" -un jeune de 14 ans-, le prêtre lyonnais avait finalement bénéficié d'un non-lieu de la justice un an après. Le cardinal Barbarin avait lui ordonné la suspension immédiate du p. Pepino dès qu'il avait appris sa mise en examen.

 

Communiqué du diocèse de Lyon
Des plaintes contre un prêtre diocésain
L’archevêque de Lyon a appris avec gravité que plusieurs plaintes ont été déposées contre un prêtre de son diocèse.
Les faits antérieurs à 1991 impliquent un prêtre diocésain accusé d’agression sexuelle sur plusieurs personnes, alors mineures.
Comme en d’autres circonstances, le cardinal Philippe Barbarin exprime sa condamnation sans réserve des actes qui ont atteint des jeunes dans leur vie intime.
C’est donc à eux et à leurs familles que vont tout d’abord la pensée et le soutien du diocèse de Lyon.
Aujourd’hui ce prêtre n’a plus aucune responsabilité pastorale et tout contact avec les mineurs lui a été interdit.
Comme l’a dit le pape François : « Les familles doivent savoir que l’Église ne ménage pas ses efforts pour protéger leurs enfants et elles ont le droit de s’adresser à elle en pleine confiance, parce que c’est une maison sûre. » (5 février 2015).
Le diocèse de Lyon a choisi de proposer il y a quelques mois des repères simples et des conseils à tous ceux qui, dans le cadre de leur mission, sont en contact avec les plus jeunes.
Mgr Philippe Barbarin assure chacune des personnes concernées de sa prière et de son soutien, et se tient à leur disposition. Il invite les catholiques à prier à cette intention et à confier également ce prêtre au Seigneur.

Les dossiers RCF