Jean-François Colosimo: "C'est aux Églises aussi de prendre en charge ce dialogue."

mardi 30 mai 2017 à 7h17

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Après sa réunion avec E.Macron lundi 29 mai, Vladimir Poutine s'est rendu au centre orthodoxe de Paris qu'il aurait dû inaugurer l'an dernier. Les précisions de l'écrivain J-F Colosimo

deux europe différentes

Les relations franco-russes étaient au centre de la visite du Président Poutine ce lundi 29 mai. Après avoir visité une exposition consacrée à la visite à Versailles du Tsar Pierre le Grand, le président russe s'est rendu seul au centre spirituel et culturel orthodoxe de Paris, qu'il n'a pas pu inaugurer en 2016 du fait des mauvaises relations entretenues avec la France au sujet du dossier syrien. 

Pour l'écrivain, essayiste, et directeur des édition du cerf Jean-François Colosimo, ces relations diplomatiques sont celles de "deux Europe". Il y a entre ces deux territoires une "ligne de fracture" qui court de Riga à Splitz en ex-Yougoslavie, une séparation entre les catholiques et les orthodoxes, entre les peuples qui utilisent  l'alphabet latin et ceux qui écrivent en cyrillique. 

 

dépasser les fractures

Le pape François avait rencontré le patriarche Cyril de Moscou, pour surmonter cette ligne de fracture qui a vu "s'affronter les empires jusqu'à Hitler et Staline". Mais pour l'écrivain, la Russie reste une part intégrante de l'esprit européen. D'abord par les arts et la littérature mais aussi par la philosophie. Il conclut : "L'Europe ne peut pas vivre sans la Russie".
 

"La Russie n'est ni en Europe, ni en Asie: elle est en Russie." 

 

"La France a un rôle à jouer" dans l'accompagnement de la Russie. Jean-François Colosimo explique que la proximité culturelle entre les deux nations a toujours été importante. Il rappelle notamment les échanges entre les peintres impressionnistes. Il y a une "inspiration culturelle entre les deux pays".

 

Une visite religieuse

La rencontre revêt également une dimension oecuménique  importante. Le directeur des éditions du Cerf rappelle que la question culturelle et la question religieuse ne sont pas étanches, et que, en dehors de l'aspect politique, la visite de Vladirmir Poutine au centre orthodoxe a aussi un sens spirituel.

Ce centre qui abrite la cathédrale orthodoxe de la Sainte-Trinité a été entièrement financé par la Russie. 

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