L'Ordre de Malte dans la tourmente

Présentée par

S'abonner à l'émission

L'actualité chrétienne

vendredi 27 janvier 2017 à 7h17

Durée émission : 4 min

Le Grand maître de l’Ordre de Malte a démissionné mercredi à la demande du Pape François. Les relations entre le Saint-Siège et l’Ordre de Malte étaient tendues depuis deux mois.

Cette démission est l’épilogue d’une crise née en décembre dernier. A l’époque, le Grand Maître de l’Ordre de Malte, Mathew Festing, décide de destituer son numéro trois. Surviennent alors de vives tensions en interne sur les conditions de ce départ forcé. Le pape est alerté et met sur pied une commission chargée d’enquêter sur l’affaire. C’est le début d’un bras de fer.

"L’Ordre de Malte maintenait sa décision face au Saint-Siège qui demandait des explications. On était dans cette période étrange, avec une guerre de communiqués, l’Ordre de Malte arguant notamment de sa souveraineté. Le pape François a finalement tranché avec le Grand Maître de l’Ordre de Malte conduit à présenter sa démission pour le bien de l’Ordre et de l’Eglise" explique Aymeric Pourbaix, directeur d’I.Media, l’agence de presse spécialisée sur l’information du Vatican.

L’Ordre de Malte conteste la commission d’enquête du Saint Siège pour faire la lumière sur les conditions d’éviction de son numéro trois. Ce dernier aurait "notamment favorisé, autorisé ou permis la distribution de préservatifs en Afrique mais aussi dans d’autres pays. Mais cela, pour une institution qui se dit catholique, ce n’était pas acceptable. D’ailleurs le pape lui-même a dit qu’il fallait supprimer toute affiliation de l’Ordre avec des pratiques qui vont contre la morale" ajoute Aymeric Pourbaix.

Au-delà des faits qui sont reprochés à ce numéro trois, c’est bien le statut de cette institution catholique qui est en cause. "Tout ce qui s’est passé ces dernières semaines vient de la complexité du statut de l’Ordre de Malte. D’un côté, l’Ordre est reconnu comme un sujet de droit international par une centaine d’Etats, dont le Saint-Siège. De l’autre, dans ses constitutions, on a un certain nombre de chevaliers qui sont des religieux, et qui font des vœux d’obéissance, au Saint-Père. Il y a cette notion d’obligation et d’obéissance morale, voire spirituelle, au pape, même si d’un point de vue juridique, les deux entités sont indépendantes" conclut le directeur d’I.Media, l’agence de presse spécialisée sur l’information du Vatican.

Après la démission du Grand Maître, le pape François va nommer un délégué pontifical pour assurer le gouvernement de cette institution catholique, vieille de 900 ans.

Les dernières émissions