Le cardinal Barbarin s'exprime après sa rencontre avec le Pape François à Rome

21 mai 2016 Par

Après sa rencontre, vendredi 20 mai à Rome avec le pape François, le cardinal Barbarin s'exprime sur RCF.

Le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, n'avait pas pris la parole depuis le 15 mars 2016 à Lourdes, lors de l'assemblée plenière des évêques. Au lendemain d'une rencontre avec le pape François au Vatican, Mgr Barbarin s'exprime à nouveau, et revient sur les affaires de pédophilie qui secouent son diocèse depuis l'automne 2015. (Voir ici le dossier de la rédaction)

Ecouter l'interview du Cardinal Barbarin, il répond à Philippe Lansac:

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Mgr Barbarin: "Le pape a manifesté sa confiance"

Reçu "une quarantaine de minutes", le cardinal Barbarin a trouvé le pape "très écoutant (...) bien informé". "Le pape a manifesté sa confiance" explique Mgr Barbarin, "il l'a déjà fait dans les journaux" ajoute-t-il, faisant allusion à l'entretien accordé par le pape au quotidien La Croix le 17 mai dernier.
 

 "J'aurais dû aller de l'avant"

Alors qu'il est visé par une série de plaintes pour non-dénoncation des agressions sexuelles reprochées au p. Preynat, le cardinal Barbarin indique avoir "fait son examen de conscience. (...) ça ne suffit pas. J’aurais dû aller au devant, écouter les gens, essayer de me renseigner de manière beaucoup plus précise. Et après en constatant la gravité des faits - dont je n'avais pas idée- (...) à ce moment là j’aurais du dire « on arrête »." 
 

"Je suis le responsable à l'intérieur de ce diocèse où leur est arrivé ce crime"

Mgr Barbarin reconnaît comprendre que des plaintes soient portées contre lui par des victimes. "Je suis le responsable  l'intérieur de ce diocèse où leur est arrivé ce crime, cette injustice si profonde. Donc on s'attaque à moi, au fond c'est juste."
 

"Ma porte reste ouverte (aux victimes) si elles le souhaitent"

S'il dit être prêt à recevoir les victimes "ils savent que ma porte est ouverte", le cardinal rappelle que certaines d'entre elles ont reçu des prêtres du conseil presbytéral. "La discussion a été profonde, courtoise, douloureuse, fraternelle (...) elle portera du fruit." Surtout, l'archevêque de Lyon le reconnaît: il n'a pas compris à l'époque que "les faits très anciens sont des brûlures pour les victimes."
 

"Il faut que l'église soit une maison sûre"

Au cours de son entretien  Mgr Barbarin a noté la détermination du pape à lutter contre la pédophilie dans l'Eglise. "Il faut que l'Eglise soit une maison sûre, il faut vraiment éradiquer ce fléau à l'intérieur de nos communautés (...) ça n'est pas possible de continuer ainsi." A  Lyon, le diocèse a déjà annoncé avoir pris des mesures: la mise en place d'une cellule d'accueil et d'écoute, et la création d'un collège d'experts. Mais le travail se poursuit encore. "Il y a encore un autre chantier, celui de la prévention et de la formation. Qu'est-ce que je fais pour les séminaristes? les futurs diacres? les futurs laïcs en mission écclésiale? Et tous les agents pastoraux? Les gens attendent que l'Eglise soit une maison sûre pour leurs enfants."

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