Mgr Pontier annonce une série de mesures pour lutter contre la pédophilie dans l'Église

12 avril 2016 Par

Mardi 12 avril, à l'issue d'une réunion de la CEF, le président des évêques de France, Mgr Pontier annonce de nouvelles mesures pour lutter contre la pédophilie dans l'Église.

L'Église de France prend des mesures radicales pour lutter contre la pédophilie en son sein. Et gérer au mieux des cas d'agressions anciens, parfois prescrits pour la justice civile, mais qui pèsent encore très lourd sur la vie des victimes et de leurs familles. "Le Conseil réaffirme la priorité de l’Eglise d’accueil et d’écoute des victimes et son engagement à collaborer avec la justice." a expliqué Mgr Pontier avant de détailler mardi 12 avril 2016 les nouvelles mesures de la Conférence épiscopale de France (CEF).
 

continuité du travail entamé par les évêques

"Ces nouvelles mesures apparaissent dans la continuité du travail que nous avons fait depuis 2 ans", souligne Mgr Pontier. Interrogé par Aurore Dumser, l'archevêque de Marseille rappelle qu'en 2016, "2/3 des évêques français" n'ont pas participé à la réflexion sur la pédophilie réalisée par l'Église entre 2000 et 2010.

Sans surprise ces annonces de l'Église de France ont fait réagir l'association lyonnaise de victimes La Parole Libérée. Bertrand Virieux, victime d'un prêtre du diocèse de Lyon dans les années 1980 et co-fondateur de l'association juge décevantes les mesures annoncées, il répond à Julien Urgenti, RCF Lyon.

 

Mieux accueillir et recueillir le témoignage des victimes

  • Pour que chaque victime puisse être accueillie et écoutée, la CEF annonce qu'elle ouvre un mail (paroledevictimes@cef.fr) pour recueillir les témoignages. Dans quelques semaines elle lancera un site internet dédié.
  • Une cellule d'écoute sera mise en place au niveau des diocèses ou des provinces ecclésiastiques.
  • Autre mesure annoncée: la création d'une commission nationale d'experts indépendants. Présidée "par une personnalité laïque" elle devra conseiller les évêques dans l'évaluation de prêtres ayant "commis des actes répréhensibles"
  • La CEF s'engage à faire la lumière sur les cas particuliers "mêmes anciens"  dans les diocèses.
  • Les évêques ayant "connaissance de faits précis" doivent "prendre les mesures conservatoires nécessaires jusqu'à la décision de justice et jusqu'au résultat de la procédure canonique".
  • La cellule de veille de la CEF devient une Cellule permantente de lutte contre la pédophilie, pour continuer "à porter le souci de la prévention et de la lutte contre la pédophilie" ainsi que la formation des acteurs pastoraux. La CEF insiste d'ailleurs sur le travail de prévention auprès des éducateurs, animateurs, prêtres, enseignants et séminaristes.

A Lyon, le diocèse de Lyon est mis en cause depuis octobre 2015, date à laquelle il avait confirmé qu'un de ses prêtres - le p. Bernard Preynat -  est accusé d'agressions sexuelles sur des scouts entre la fin des années 70 et 1991. Le prêtre écarté par le cardinal Decourtray, avait repris des fonctions paroissiales peu après, jusqu'en 2015 date à laquelle le cardinal Barbarin l'avait suspendu.
Plus de 25 ans après, une association La Parole Libérée veut rassembler les victimes de ce prêtre, mais milite aussi pour un allongement de la prescription pénale en cas d'agressions. Et reproche au cardinal Barbarin de ne pas avoir pris de mesures fermes lorsqu'il a eu connaissance des faits. Depuis l'automne 2015, la presse révèle que plusieurs prêtres lyonnais sont aussi mis en cause pour agressions ou viols, certains sont même condamnés. 
Interrogé sur le cas du Primat des Gaules, Mgr Pontier a indiqué "je n'ai rien à vous dire sur le cardinal Barbarin."
Voir le dossier complet de RCF Lyon sur le sujet en cliquant ici.

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