"Silence": un film qui aide à comprendre le paradoxe du christianisme

Présentée par

S'abonner à l'émission

L'actualité chrétienne

mercredi 8 février 2017 à 7h17

Durée émission : 4 min

​"Silence", le dernier film de Martin Scorsese, sort mercredi dans les salles obscures. Un film inspiré du roman éponyme de l’écrivain japonais catholique Shusaku Endo.

Deux jeunes jésuites portugais se rendent au Japon, prêts à tout pour retrouver leur père spirituel, le père Ferrera, qui aurait apostasié sa foi. Le décor du film, c’est le Japon du XVIIème siècle, une terre de mission fructueuse qui deviendra pour des raisons politiques le théâtre d’une persécution antichrétienne d’une violence inouïe.

Le film, qui dure 2h40, parle bien évidemment de mission, de foi, d’apostasie avec en toile de fond de nombreuses questions : comment un religieux capable de surmonter les pires épreuves parvient-il à renier sa foi ? Qu’est ce que croire ? Comment rester fidèle ? Sans oublier la question centrale, celle du silence de Dieu.

Pour François Euvé, rédacteur en chef de la revue Etudes, "le titre du film qui reprend celui du livre, fait écho au silence de Dieu face aux persécutions. Mais il faut le comprendre autrement : si Dieu se tait, ce sont mes gestes et mes actions qui parlent pour lui. Ce n’est pas une mise en cause du silence de Dieu, car Dieu parle peut-être d’une autre façon, parfois paradoxale. Cela faisait partie des intentions de Scorsese de montrer que Dieu parle moins dans les actions héroïques et spectaculaires que dans des petits gestes de solidarité et d’entraide mutuelle".

L’autre question, soulevée par le cinéaste dans "Silence", c’est celle de la rédemption. "Le leitmotiv du cinéma de Scorsese c’est la rédemption. Qu’est ce que c’est que d’être sauvé ? Et là, ce n’est pas tant l’héroïsme qui sauve, mais plutôt autrui. L’un des personnages du film est un Japonais, qui va aider les Jésuites, mais aussi les trahir. C’est un faible qui ne cesse de demander pardon. Il aimerait bien être fort, mais il n’y arrive pas" ajoute François Euvé.

Un film qui pose beaucoup de questions, qui donne peu de réponses, et qui constitue un véritable appel à la réflexion. "Ce qui est le plus intéressant, c’est que ce n’est pas un film qui veut faire passer un message. Le plus intéressant, c’est les interrogations qu’il suscite, notamment lorsque se présente une situation critique. A chacun de réfléchir" conclut le rédacteur en chef de la revue Etudes.

Un film qui peut aider à comprendre le paradoxe du christianisme : il prêche un Messie qui accepta d’être rejeté par sa communauté sans en tirer vengeance, dans un seul but : réconcilier l’humanité toute entière.
 

 

Les dernières émissions