Vers des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et le Vietnam ?

mardi 25 octobre 2016 à 7h17

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Les 24 et 26 octobre, la 6ème rencontre du groupe de travail entre le Saint-Siège et la République du Vietnam se tient au Vatican avec l'objectif de développer les relations diplomatiques.

Pendant deux jours, les 24 et 26 octobre, un groupe de travail se réunit au Vatican entre le Saint-Siège et la République socialiste du Vietnam. Objectif à terme pour les deux parties, nouer des relations diplomatiques. Les contacts sont mis à mal entre les deux états depuis le milieu du XXème siècle. Mais cette nouvelle réunion ne devrait malheureusement pas faire beaucoup évoluer la situation selon Régis Anouilh, rédacteur en chef d'Eglise d'Asie, l'agence d'information des missions étrangères de Paris. 

Le froid s'est installé avec la prise de pouvoir de Hô Chi Minh, au nord du Vietnam en 1954, puis la réunification du pays en 1975. Le régime marxiste a rompu les relations avec le Vatican, perçu comme un allié des puissances impérialistes. Pour Régis Anouilh, cet héritage s'avère difficile à digérer. "Il n'y a pas de nonce à Hanoï, il n'y a pas non plus d'ambassadeur vietnamien au Vatican" explique-t-il. Il poursuit : "Néanmoins depuis 5 ans, il y a un représentant non résident du Saint-Siège au Vietnam, un poste occupé par le nonce de Singapour. Il a une mission auprès de l'Eglise locale."
 
Si les avancées sont réelles depuis le début de la période d'ouverture en 1986, la sixième rencontre du groupe de travail qui se déroule actuellement a peu de chance d'aboutir à l'instauration de relations diplomatiques, toujours selon Régis Anouilh. "Le Vietnam est toujours dirigé par un régime communiste. Et tant que le géant chinois ne changera pas sa position vis-à-vis de l'Eglise, il y a peut de chance qu'Hanoï le fasse", indique-t-il.

Avec son clergé autochtone, et des fidèles qui représentent 7% des 90 millions d'habitants, l'Eglise au Vietnam reprend progressivement pied dans la société et n'hésite pas à diffuser des messages politiques. "L'Eglise est une des seules institutions qui est capable de prendre la parole sur la place publique pour dénoncer la corruption, la pollution et le népotisme du parti communiste", détaille Régis Anouilh. 
 

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