Alep : pourquoi la communauté internationale est impuissante

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Le Grand Invité

jeudi 15 décembre 2016 à 7h50

Durée émission : 15 min

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© GEORGE OURFALIAN AFP

A Alep, la confusion et la mort règnent en maîtres. Les civils n'ont toujours pas été évacués. Un nouvel accord vient d'être annoncé. La situation évolue d'heure en heure.

En Syrie, la confusion continue de régner à Alep, où les civils n'ont toujours pas été évacués. Après l'échec d'un premier cessez-le-feu et une trêve de courte durée, des groupes rebelles syriens ont annoncé, hier soir, un nouvel accord permettant l'évacuation jeudi matin des blessés et des civils des quartiers qu'ils contrôlent encore dans la deuxième ville du pays. Une information aussitôt démentie par des sources proches du régime syrien.

"Le maître du jeu c’est Moscou, qui soutient le régime syrien depuis son intervention directe en septembre 2015. La Syrie se trouve otage de contradictions au sein même du conseil de sécurité de l’ONU, puisque la Russie et la Chine ont posé leur veto à toute intervention et ingérence dans les affaires intérieures syriennes. Les Occidentaux se retrouvent donc impuissants face à ces obstructions" explique David Rigoulet-Roze, spécialiste du Moyen-Orient, rédacteur en chef de la revue "Orients Stratégiques" et membre de l’Institut d’Analyse Stratégique.

Ce spécialiste rappelle que la volonté ultime de Bachar el-Assad, c'est de reprendre Alep coûte que coûte. "Le but recherché du régime syrien est de reprendre Alep. Une victoire qui serait à la fois politique et militaire, puisque cela signerait l’échec d’une tentative de mise en place d’une gouvernance par l’opposition intérieure au régime de Bachar el-Assad. La question est tellement chaotique que les trêves sont systématiquement violées. Il est d’ailleurs très difficile de savoir à qui on peut imputer la violation de ces trêves. Et dans ce type de situation, ce sont toujours les civils qui en font les frais" précise David Rigoulet-Roze.

Ce dernier ajoute que "ce qui est sûr, c’est que du point de vue de Damas, on peut observer un tournant dans le combat qui oppose le régime aux forces armées qui s’opposent à lui. C’est la concrétisation d’une reprise en main de ce qu’on appelle la Syrie utile, c’est-à-dire 40 % du territoire avec 60 % de la population. C’est incontestablement une victoire pour Bachar el-Assad, même si ce n’est pas une victoire définitive."

L'épisode de très grande violence qui se joue actuellement à Alep pourrait néanmoins avoir d'importantes conséquences. "Cet épisode pourrait cependant renforcer les groupes radicaux, voire terroristes en Syrie. « C’est tout le problème qui souligne d’ailleurs la contradiction de l’Occident qui avait dit vouloir soutenir des groupes dits modérés. On est dans l’impossibilité de faire le tri entre ces groupes. C’est ce qui a permis à la Russie et à l’Iran de s’imposer de manière aussi forte" conclut le rédacteur en chef de la revue "Orients Stratégiques".

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