Amazonie: "un trésor qui nous appartient depuis 1750" rappelle l'ambassadeur du Brésil en France

2 septembre 2019 Par

​Les relations entre la France et le Brésil sont au plus mal, à l'image de l'Amazonie en flammes. Mais pour l’ambassadeur du Brésil en France, le premier coup n’est pas parti de Rio...

"Le Brésil n’a pas commencé les échanges verbaux. Tout le monde voit que le président est sous le feu des critiques. Il n’y a pas eu le mot solidarité quand on a commencé les échanges verbaux. Il y a toujours derrière ces calculs politiques européens la compétitivité de l’agriculture brésilienne. Et cela dérange. Il y a une grande préoccupation des agriculteurs français avec la concurrence brésilienne. C’est le moteur qui a déclenché tout ce que l’on a vu ces derniers jours" explique Luis Fernando Serra, l'ambassadeur du Brésil en France.
 

"On ne cède pas un millimètre de notre souveraineté"

Paris menace aujourd’hui de ne pas signer l’accord de libre échange entre l’Union européenne et le Mercosur. Mais à écouter Luis Fernando Serra, le Brésil va tenir bon. "On ne cède pas un seul millimètre sur notre souveraineté. La France a 84 kilomètres carrés d’Amazonie en Guyane. On décide de quoi faire de l’Amazonie dans nos frontières. Et ce n’est pas discutable" ajoute-t-il. Ce dernier rappelle qu’en 2005, les incendies en Amazonie ont été pires, et qu’il ne faut donc pas remettre en cause aujourd’hui la gestion de la crise par l’Etat brésilien.

L’ambassadeur du Brésil en France rappelle que Jair Bolsonaro n’a pas changé le code forestier en vigueur au Brésil, qui remonte à 2012 et que l’on doit à Dilma Roussef. Pour l’ambassadeur, Jair Bolsonaro est victime d’une cabale médiatique et politique, sous prétexte qu’il est un président de droite, à la différence de ses deux prédécesseurs, qui auraient, selon lui, bénéficié d’une certaine bienveillance.
 

"L'Amazonie, un trésor qui nous appartient depuis 1750"

Aujourd’hui, 25 millions de Brésiliens vivent en Amazonie. "On connaît la biodiversité de l’Amazonie, et les richesses du sous-sol. Nous avons un trésor énorme et on n’est pas suicidaire au point de vouloir brûler ce trésor qui nous appartient depuis 1750. C’est incroyable que l’on mette en doute notre souveraineté sur ce territoire. L’Amazonie n’est pas le poumon de la planète. C’est une théorie scientifique datée. Le poumon de la planète, ce sont les océans. Et on ne se mêle pas des affaires des autres" martèle Luis Fernando Serra.

Il conclut en affirmant que les rapports bilatéraux sont plus forts que cette tempête. La vision d’une sortie de crise ? Affaire à suivre.
 

Luis Fernando Serra, ambassadeur du Brésil en France, interrogé par Pauline de Torsiac:

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