André Comte-Sponville: "Les leaders religieux ont un rôle à jouer dans le combat des valeurs"

17 novembre 2015 Par

Comment résister face au fanatisme et préserver l’unité nationale ? On en parle avec André Comte-Sponville, philosophe, et membre du Comité National Consultatif d'éthique

Après les attentats de vendredi dernier, peut-on réellement considérer que c’est chose tendre que la vie ? Pour André Comte-Sponville, dans la phrase de Montaigne qu’il a choisie pour titrer son dernier livre, "tendre" est à prendre sous le sens de fragile. "Les attentats récents viennent malheureusement de le confirmer de manière atroce" explique-t-il.

Pour le philosophe, la France n’est pas en guerre au sens ordinaire du terme. "Cela supposerait un conflit entre Etats" précise André Comte Sponville. "D’ailleurs la France n’a déclaré la guerre à aucun Etat. Or Daech est un faux Etat. Le prétendu Etat islamique n’est assurément pas un Etat" ajoute-t-il. Cela dit, André Comte-Sponville précise que l’on peut parler de guerre, dans le sens "où des gens sont tués volontairement dans le cadre d’un conflit". "C’est une guerre qui oppose des idéologies" ajoute le philosophe.

Au sujet des terrorites, André Comte Sponville refuse l’assertion selon laquelle on dirait que les auteurs des attentats n’ont rien à voir avec l’Islam. "Ils ont un point  commun avec l’Islam, c’est qu’ils sont musulmans" explique-t-il, de même que l’Inquisition était pratiquée par des chrétiens ajoute le philosophe. Pour le philosophe, qui se définit comme athée, les responsables religions ont un rôle à jouer dans la défense des valeurs humaines. "Dès lors que cette guerre n’oppose pas des Etats, mais des idéologies, il faut aussi mener le combat sur le terrain des valeurs". conclue-t-il.