Anthropocène : Les jeunes face à la « fin du monde »

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Carte blanche de François Prouteau, président de Fondacio

lundi 25 novembre 2019 à 18h25

Durée émission : 3 min

Carte blanche de François Prouteau, président de Fondacio

L’anthropocène est l’époque géologique dans laquelle nous serions rentrés depuis quelques décennies. Dans cette chronique, François Prouteau nous évoque l’ouvrage éduquer en anthropocène, dirigé par deux universitaires, Nathanael Wallenhorst de l’UCO, spécialiste de l’anthropocène, et Jean-Philippe Pierron, ainsi que les différentes mesures prises aux quatre coins du monde pour échapper aux réchauffement climatique et surtout l’urgence d’entreprendre et d’apprendre pour une nouvelle manière de vivre dans le respect et l’intelligence de la nature.

“Les jeunes croyants face à la fin du monde” est le titre à la une d’un numéro du journal La Croix, de ce mois de novembre. Cet article est illustré d’une photo des tentures de l’Apocalypse du Chateau d’Angers. Providentiellement, le même jour, je reçois au courrier, l’ouvrage éduquer en anthropocène, dirigé par deux universitaires, Nathanael Wallenhorst de l’UCO, spécialiste de l’anthropocène bien connu de nos auditeurs, et Jean-Philippe Pierron. Ces deux lectures se répondent l’une l’autre, selon moi.
L’anthropocène est l’époque géologique dans laquelle nous serions rentrés depuis quelques décennies. Cette époque est caractérisée par le fait que l’humanité est la force géologique dominante, celle qui façonne la vie à la surface de la terre et modèle aussi son système climatique. Pour chacun de nous, il est impossible d’échapper aux effets du réchauffement climatique partout sur la terre. Si l’on en croit le récent rapport des scientifiques du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) publié en septembre, le réchauffement de l’océan est lui aussi manifeste : il a plus que doublé depuis 1993. Si on ajoute à ce triste palmarès, la réduction «sans précédent depuis au moins mille ans» de la glace en Arctique, les impacts désastreux déjà mesurés sur les écosystèmes et les populations humaines ne sont pas près de s’arrêter. 
Malgré les mesures prises un peu partout dans le monde, beaucoup reste à faire si on veut tenir les objectifs de l’accord de Paris sur le climat en 2015 pour limiter la hausse de températures à 2°C, voire à 1.5°C en 2100 par rapport au XIXè siècle. Or, à l’allure où les émissions de CO2, la hausse des températures moyenne pourraient atteindre +7°C en 2100. A ce rythme, les canicules des deux années passées durant l’été en Europe ne sont rien par rapport à ce qui attend certaines parties du monde. A Bombay, où j’étais il y a quelques jours, la une des journaux titrait l’inquiétude qui plane sur cette grande agglomération au bord de l’Océan Pacifique avec plus de 20 millions d’habitants: plus de 40% de sa surface habitable pourrait disparaître, à cause de la montée du niveau de la mer de 1,5 m d’ici à 2100. Toujours en Inde, la capitale New Dehli est aussi la capitale mondiale de la pollution atmosphérique : l’air y étant nocif pratiquement toute l’année, et particulièrement en ce moment où un épais brouillard de pollution constitue un véritable poison pour les 20 millions d’habitants de l’agglomération, il y aurait en moyenne une perte de dix ans d’espérance de vie. Tant en Inde qu’en Chine, de loin le premier émetteur mondial de de dioxyde de carbone, (environ ¼ des émissions mondiales), ces émissions de CO2 continuent de croître. En même temps des investissements importants et des programmes d’éducation et de sensibilisation pour répondre aux enjeux écologiques et climatiques sont mis en oeuvre : c’est une course contre la montre, mais partout il faut aller plus vite et plus loin dans ces programmes. 
Tout est à entreprendre, tout est à apprendre pour une nouvelle manière de vivre dans le respect et l’intelligence de la nature. Tout ce qui paraît dans les medias et en librairie, je pense à l’ouvrage éduquer en anthropocène qui paraît ce mois ci, arrive donc à point nommé … avant qu’il ne soit trop tard.
 

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Le présentateur

François Prouteau

François Prouteau est le président du mouvement Fondacio