Attentat à Strasbourg: l'Avent entaché par l'horreur

Mardi 11 décembre dans la soirée, un homme, fiché S et visiblement radicalisé, a ouvert le feu près du Marché de Noël de Strasbourg.

Attentat à Strasbourg: de la joie de Noël à l'horreur

Le dossier du jour

Mardi 11 décembre au soir, un attentat a frappé le Marché de Noël de Strasbourg, faisant trois morts et treize blessés dont huit graves.

Cela devait être une soirée ordinaire au Marché de Noël de Strasbourg, véritable institution nationale, et même internationale. Mais vers 20 heures, une fusillade éclate dans les rues adjacentes au Marché. Le bilan, provisoire, est de trois morts et 13 blessés. Après des échanges de tirs avec les forces de l’ordre, le suspect a pris la fuite. Rapidement identifié, le tireur est un homme âgé de 29 ans fiché S pour radicalisation islamiste. Armé d'un couteau et d'une arme de poing, il est toujours activement recherché par l’antenne du Raid de Strasbourg.
 

Strasbourg, une ville en état de siège

Laetitia Forgeot d’Arc, correspondante de RCF à Strasbourg, rappelle le cœur de la ville semblait pourtant entièrement sécurisé à l'occasion du Marché de Noël dont les entrées sont filtrées, avec fouilles de sac et blocage de certaines rues depuis la fin du mois de novembre. "Lorsque les coup de feu ont retenti, non loin de la place Place Kleber, la panique a été absolue et la foule s'est dispersée. Trés rapidement, le tramway a été bloqué, la population a été appelée à se réfugier dans les restaurants, les cafés et mêmes chez les particuliers. Le centre ville s'est ainsi littéralement vidé en quelques minutes. Le périmètre de l'hypercentre a été bouclé, une cellule d'urgence médico-psycologique a été mise en place dans les bâtiments de la Chambre de Commerce" précise-t-elle.

La correspondante de RCF sur place rappelle également qu'hier soir, le suspect "a pu s’enfuir vers le Neudorf, un quartier périphérique de la ville. Là encore des échanges de coups de feu ont eu lieu. Mais les forces de police ne sont pas parvenues à intercepter le tueur. Identifié, il fait l'objet d'un classement en fichier S, et il est natif de Strasbourg".

"Toute la nuit, des helicoptères ont survolé la ville, et sur place 350 personnes étaient mobilisés. Ce matin, le confinement de la population a été levé, les trams reprennent le service et les établissement scolaires sont finalement ouvert, même si les parents sont invités à garder leurs enfants à la maison s'ils le peuvent. Le maire de Strasbourg, Roland Ries, a déclaré cette journée de mercredi comme journée de deuil" lance-t-elle également. Quant au Marché de Noël, il restera fermé jusqu'à nouvel ordre.
 

Un Marché de Noël pourtant sous étroite surveillance

 Du côté du gouvernement, le Premier ministre, Edouard Philippe, a déclenché la cellule interministérielle de crise afin de réunir les ministères et les services concernés pour le suivi et la gestion de la fusillade de Strasbourg. Quant au ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, il s'est rendu à Strasbourg dans la nuit avec le procureur de la République de Paris.

Le plan blanc a été déclenché dans les hôpitaux, les médecins disponibles sont mobilisés pour venir en aide aux blessés. C'est ce qu'a confirmé le CHU de Strasbourg. Les rassemblements et les manifestations sont par ailleurs interdits à Strasbourg jusqu'à nouvel ordre, "pour permettre aux forces de l'ordre de se mobiliser totalement dans la recherche" du suspect. Le marché de Noël de la ville sera fermé aujourd’hui. Enfin les spectacles prévus aujourd’hui sont annulés.
 
Très fréquenté, le site du Marché de Noël était pourtant sous étroite surveillance dans le contexte de menace terroriste, d'autant qu’il  avait fait l’objet d’un projet d’attentat en décembre 2000. Très vite et comme souvent dans ces circonstances, la solidarité s’est spontanément organisée. Des centaines de personnes confinées ont trouvés refuge dans des restaurants, des immeubles, ou encore chez des habitants. 
 
Mercredi midi, dans le diocèse de Strasbourg, le glas sonnera ce midi dans toutes les églises. Des messes en solidarité avec les victimes seront également célébrées. C'est ce qu'a indiqué Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg, à RCF
 

Attentat à Strasbourg: pour Mgr Ravel, "la volonté de faire mal et de toucher un symbole"

Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg, réagit à l’attentat qui a frappé la ville alsacienne, mardi 11 décembre, au soir.

Mardi 11 décembre au soir, le marché de Noël de Strasbourg était frappé par un attentat. Le tireur, toujours en cavale à l’heure actuelle, est un homme de de 29 ans, fiché S. Blessé par les militaires, il a pris la fuite dans un taxi après avoir ouvert le feu dans la foule. Pour l’instant, le bilan provisoire est de trois morts, et treize blessés, dont huit graves.
 

"On vise à déstabiliser une nation"

"C’est un choc. Hier soir je n’étais pas dans les rues, mais j’aurai pu l’être, à ce marché de Noël. On a entendu les hélicoptères, les pompiers qui arrivaient. C’était la stupeur, la surprise. Et la compassion" explique l’archevêque de Strasbourg, qui ajoute qu’"il y a la volonté de faire du mal et le désir de toucher un symbole. On vise à déstabiliser toute une nation. Tout de suite, des amalgames vont être faits".

 "Les prochains jours vont être durs. Pour des raisons qui paraissent très matérialistes, mais qui sont importantes. On a plein de commerçants qui vont avoir une chute de leurs ventes considérables. Des difficultés financières qui s’ajoutent aux difficultés déjà présentes. Et puis il y a cette menace qu’on avait un peu oubliée, qui ne vient pas directement de nous, mais qui traverse la France, et qui fait peser un sentiment d’angoisse. Or l’angoisse ne fait que rajouter à la violence. Et c’est cette violence que je crains particulièrement" lance encore Mgr Ravel.
 

"On va faire sonner le glas"

Un attentat qui survient en pleine période de l’Avent, une période propice à la joie. "Quelques heures avant le drame, je suis allé acheter des petites choses sur le marché de Noël. Et c’est vraiment bon enfant. Il y a des familles de partout. On se bouscule à peine malgré le monde. C’est vraiment la joie simple. On sait que cette violence est possible, théoriquement, mais on ne passe pas sa vie à en avoir conscience, sinon on ne vit plus. Les gens déambulaient là, et c’est la mort qui les rattrape. Mais entre Noël et le massacre des Saints innocents, il n’y a pas tant que ça" explique l'archevêque de Strasbourg.

Après la stupeur et la tristesse, il faut aujourd’hui réagir. "Je vais contacter mes aumôniers d’hôpitaux, s’ils ne sont pas déjà sur le pont. Il y a encore une douzaine de blessés. On va les accompagner. Et je vais prendre contact avec le maire de Strasbourg pour les soutenir dans leurs démarches avec en ligne de mire l’union par la prière. Dès midi, on va faire sonner le glas à Strasbourg" précise Mgr Ravel.
 

"Les racines de la violence sont en nous"

L’archevêque de Strasbourg conclut en expliquant "le mystère de la violence. S’il y a quelque chose que je récuse, c’est de vouloir supprimer de la Bible tous ces passages qui traitent de la violence. Non pas que Dieu veuille la violence, mais justement, on est dans un monde de violence, et vouloir le nier et ne pas donner la place que peut avoir Dieu dans cette violence humaine, c’est nous priver de tout un pan de notre existence, et de dire que tout va bien, tout le monde est gentil. Les racines de la violence sont en nous. Il faut vraiment que l’on se remette tous devant ce mystère de Dieu, qui nous laisse la liberté, et qui nous accompagne au cœur-même de nos violences".

Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg, au micro d'Etienne Pépin:

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Attentat de Strasbourg: le point sur l'enquête

Rémy Heitz, le procureur de la République de Paris, a tenu une conférence de presse dans laquelle il a fait le point sur l'enquête, après l'attentat de Strasbourg.

Plan Vigipirate: le niveau "urgence attentat" activé

Le dernier bilan de l'attaque qui a frappé le marché de Noël de Strasbourg, mardi 11 décembre, est de deux morts, un troisième en état de mort cérébral et 12 blessés, dont 6 graves. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a activé le niveau "urgence attentat" du plan Vigipirate.

L'individu est actuellement recherché par les forces de police. Quatre proches du présumé auteur de la fusillade ont été placés en garde à vue selon le procureur de Paris, Rémy Heitz, qui a tenu une conférence de presse mercredi 12 décembre, depuis le tribunal de grande instance de Strasbourg.
 

Plusieurs échanges de coups de feu avec les forces de l'ordre

Le procureur de la République de Paris a commencé par décrire les faits qui se sont déroulés mardi soir. Le suspect a été vu porteur d’une arme peu avant 20 heures, rue des Orfèvres, au cœur du marché de Noël. Pendant son chemin, il a, à plusieurs reprises, ouvert le feu et frappé avec un couteau.

Il a tiré sur quatre militaires de l'opération Sentinelle, qui ont riposté et l'ont touché au bras, avant de prendre la fuite à bord d'un taxi, qui l'a conduit dans le quartier du Neuhof, à Strasbourg. L’individu, pour justifier ses blessures auprès du chauffeur, a expliqué avoir tiré sur des militaires et tué 10 personnes. Descendu du taxi, il a croisé des policiers. Il y a eu un nouvel échange de tirs.
 

Le suspect, fiché S et radicalisé

Le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz: 

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L'auteur présumé des tirs est Chérif C., un homme de 29 ans, né à Strasbourg. Il est connu pour des faits de droit commun et fiché S. Selon des témoins des tirs, il aurait crié "Allah Akbar" au moment de tirer sur la foule. Le casier judiciaire de Chérif C. comporte 27 condamnations en France, en Allemagne et en Suisse.
 

LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE DE PARIS, RÉMY HEITZ: 

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 Incarcéré à plusieurs reprises, l'homme est également connu pour s'être radicalisé lors de ses séjours en prison et il faisait l'objet d'un suivi par la DGSI. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "assassinats, tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle". 

Terrorisme: "en prison, il n'y a rien face à l'islam radical" explique Olivier Roy

Quelles mesures prendre face au terrorisme islamiste ? Après l'attentat de Strasbourg, cette question revient à la Une de l'actualité.

Strasbourg, ville symbolique pour le terrorisme islamiste

Chaque nouvel attentat relance le débat sur les causes du terrorisme islamiste et donc sur les mesures à prendre. L'attentat perpétré mardi 11 décembre au soir, à Strasbourg, n'y fait pas exception. Après l'avoir presque oubliée, la gueule de bois d'après-attentat se fait de nouveau sentir dans l'Hexagone.

"Le marché de Noël de Strasbourg est une cible ancienne. Il avait déjà fait l’objet d’une tentative en l’an 2000. Cela avait été déjoué à l’époque. Il y a une charge évidemment symbolique. C’est Noël, c’est la capitale de l’Europe. En même temps, Strasbourg est un des lieux de radicalisation" explique Olivier Roy, directeur du programme méditerranée de l'Institut universitaire européen de Florence, auteur de "Le Dijhad et la Mort" (éd. du Seuil).
 

Une mouvance terroriste moins saisissable que les réseaux djihadistes structurés

La France réalise mercredi qu’elle avait presque oublié cette menace terroriste. "Il y a eu d’une part le mouvement des Gilets jaunes où on s’est remis à parler de guerre civile, mais où l’islam était totalement absent. Et d’autre part, on a un essoufflement des mouvements terroristes depuis deux ans. On a de plus en plus affaire à des individus isolés qui ne sont pas vraiment insérés dans des réseaux. On a souvent affaire à des radicalisés récents, beaucoup plus connus comme délinquants que comme militants. Cette mouvance marginale est beaucoup moins saisissable que les réseaux structurés qui ont une base en Syrie, sont liés à des réseaux logistiques quasiment professionnels" ajoute-t-il.

On sait désormais que le principal suspect de l’attentat de Strasbourg, Chérif C.  est fiché S, qu’il était sous surveillance après s’être radicalisé en prison. Pour certains, la thèse du loup solitaire n’existe pas et il ne peut pas avoir agi hors d’une organisation. "C’est un faux problème cette histoire du loup solitaire. On a toute une gamme qui va du réseau professionnel à des individus très marginaux qui s’emparent à un moment du symbole Daech. Entre les deux, on trouve de tout. Il est encore trop tôt pour savoir si le terroriste en question est vaguement affilié à un réseau djihadiste ou si c’était plutôt un criminel qui a décidé de sortir par le haut, se sentant ciblé par la police" analyse l'auteur de "Le Dijhad et la Mort" (éd. du Seuil).
 

Comment l'islam de France doit se reprendre en main

Il ajoute que "des dizaines de gars comme ça sont neutralisés régulièrement. Et de temps en temps, il y en a un qui passera à travers les mailles du filet. Mais le filet se perfectionne de mois en mois, ou d’année en année". Olivier Roy affirme par ailleurs qu’il faut saturer le champ religieux, ne pas laisser cette question dans la société, et lui donner de la place pour qu’il puisse y avoir un certain nombre d’échanges et de repères. "Beaucoup de ces gars découvrent l’islam en prison et se construisent sur cet islam radical. Mais il n’y a rien en face. On évacue le religieux de l’espace public pour se retrouver dans le privé" lance-t-il.

Concernant la stigmatisation, Olivier Roy rappelle que certaines formations politiques n’ont pas attendu les attentats pour montrer du doigt la communauté musulmane en France. "La question, c’est la prise en charge, par les musulmans français, de leur islam. C’est très débattu en ce moment. C’est très compliqué car il y a très peu de leaders. Et on voit émerger une génération de jeunes intellectuels. C’est à eux de prendre en main l’islam de France. Le problème c’est que depuis trente ans on a construit une représentation artificielle de l’islam de France, aux mains de pays étrangers" analyse ce spécialiste.
 

Olivier Roy, directeur du programme méditerranée de l'Institut universitaire européen de Florence, auteur de "Le Dijhad et la Mort" (éd. du Seuil):

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Attentat de Strasbourg: les Eglises prêtes à l'accompagnement des victimes

Les réactions se succèdent au lendemain de l'attaque terroriste de Strasbourg. Parmi elles, celles des principales Eglises françaises.

Pensées et prières pour les victimes

Après la stupeur, place à la fraternité et à l'accompagnement. Tel est le message porté par les principaux représentants religieux alsaciens, au lendemain de l'attaque terroriste de Strasbourg. Catholiques comme protestants appellent à l'unité, à la fraternité, à la prière et à l'accompagnement.

"Je voudrais exprimer au nom de l’Union des Eglises protestantes d’Alsace et de Lorraine, exprimer nos pensées et nos prières aux victimes, à leurs proches, et à tous ceux qui ont été témoins de ces horribles actes de terreur perpétrés au cœur de notre ville, et qui en sont encore affectés" a ainsi déclaré Christian Krieger, président de la Conférence des Eglises européennes.
 

"Dénoncer ces actes de terreur et de haine"

"Dans un premier temps, les Eglises doivent exprimer leur empathie envers les victimes, envers toutes les personnes affectées par ces deuils et ces actes. Le rôle des Eglise, c’est aussi de les accompagner, d’offrir de l’écoute, de l’accompagnement pastoral, du recueillement. Nous avons demandé à nos pasteurs d’ouvrir leurs églises, d’être disponibles pour accueillir ceux qui ont besoin de temps d’écoute, d’accompagnement, de recueillement. Nous allons organiser une célébration œcuménique afin d’offrir un espace plus collectif de recueillement et de prière pour la paix" ajoute-t-il.

"Il nous appartient aussi en tant qu’Eglise de dénoncer ces actes de haine et de terreur qui veulent en fait semer la méfiance là où nos existences sont appelés à se découvrir proches et fraternelles, dans nos relations sociales, dans nos vies culturelles, dans nos existences de tous les jours. Les Eglises ont vocation à rappeler que ce monde dans lequel nous vivons et cette humanité qui est la nôtre a été tant aimée par Dieu qui nous a envoyé son fils unique. Nous devons aussi être porteurs d’un message d’espérance, de confiance, tout particulièrement au cœur de cette période de Noël qui met au cœur de nos existences un message de paix et de joie" conclut Christian Krieger.

Christian Krieger, président de la Conférence des Eglises européennes: 

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Ne pas nier la violence humaine

Après la stupeur et la tristesse, il faut aujourd’hui réagir. "Je vais contacter mes aumôniers d’hôpitaux, s’ils ne sont pas déjà sur le pont. Il y a encore une douzaine de blessés. On va les accompagner. Et je vais prendre contact avec le maire de Strasbourg pour les soutenir dans leurs démarches avec en ligne de mire l’union par la prière" a déclaré de son côté Mgr Luc Ravel, l'archevêque de Strasbourg.

"S’il y a quelque chose que je récuse, c’est de vouloir supprimer de la Bible tous ces passages qui traitent de la violence. Non pas que Dieu veuille la violence, mais justement, on est dans un monde de violence, et vouloir le nier et ne pas donner la place que peut avoir Dieu dans cette violence humaine, c’est nous priver de tout un pan de notre existence, et de dire que tout va bien, tout le monde est gentil. Les racines de la violence sont en nous. Il faut vraiment que l’on se remette tous devant ce mystère de Dieu, qui nous laisse la liberté, et qui nous accompagne au cœur-même de nos violences" a conclu Mgr Ravel.

Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg:

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"La fraternité est encore une fois mise à l'épreuve"

"La conférence des cultes s’est réunie ce matin. Elle a évoqué ce qui s’est passé à Strasbourg évidemment. Nous allons faire un communiqué qui va rappeler simplement deux choses : non pas seulement l’émotion, la tristesse et l’effroi, mais aussi la confiance. Cette idée que traverser ce genre d’événement est aussi traverser ensemble. Ne pas être les uns contre les autres sans solidarité. C’est la thématique de la fraternité qui est en jeu" a quant à lui expliqué le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France.

"L’an dernier, avait eu lieu à Strasbourg ce rassemblement protestant avec comme thème principal la fraternité. Nous y sommes. Elle est encore une fois mise à l’épreuve. Et les confessions de ce pays se tiennent par la main pour dire combien il est important d’être ensemble" ajoute-t-il.

"Ce qui est en jeu, c’est de se dire qu’une société tient lorsque ses responsables, religieux notamment, ne réduisent pas cela à la violence. La société, c’est la conviction qu’en humanité nous sommes tous les uns avec les autres. Il y a un enjeu pédagogique majeur. À chaque fois qu’il y a un attentat, des personnes colportent toute une série d’informations. Et notre responsabilité est de tenir  bon à partir de valeurs fondamentales qui nous lient les uns les autres" conclut François Clavairoly.

François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France:

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Strasbourg: "le terrorisme n'est pas musulman" rappelle Mohamed Zaidouni

Les musulmans de France réagissent au lendemain de l'attaque terroriste qui a coûté la vie à quatre personnes, à Strasbourg.

Au lendemain de l'attentat de Strasbourg, la radicalisation au sein des musulmans de France se pose une fois encore. Entre méfiance et amalgames, difficile pour les musulmans de France de trouver leur place au sein de la société. Pourtant, certaines voix de l'islam le rappellent : le terrorisme n'est pas musulman.

"Personne ne peut accepter la barbarie. Ce n’est pas naturel. Si nous sommes sur cette terre, c’est pour instaurer la paix et la concorde. Aucune personne digne de ce nom ne peut accepter ce qui est inacceptable" explique ​Mohamed Zaidouni, président du Conseil régional du culte musulman de Bretagne.

Parmi les victimes de Cherif C., il y a un musulman. "Les victimes ce sont d’abord des humains qui n’ont rien demandé à personne. Ils ont le droit de vivre, comme tout le monde. Moi qui interviens dans les prisons, je tiens à appeler tout le monde à la responsabilité, les hommes religieux comme les personnalités politiques. Notre pays  traverse des moments difficiles" ajoute-t-il.

Pour Mohamed Zaidouni, "le terrorisme n’est pas musulman. Il n’est pas catholique, il n’est pas juif. Il est barbare. Cela n’a rien à voir avec les valeurs, avec nos religions, et nos convictions. Nous sommes en face d’un fléau. Il n’y a pas que les prisons. Aujourd’hui on essaie de mener un débat au sein des prisons, avec les moyens du bord. L’islam est une chance pour la France, comme le catholicisme. Si on arrive à intégrer les musulmans comme citoyens à part entière, on arrivera à une avancée significative. Le problème, c’est le rejet de l’autre. Si on rejette l’autre, alors il se radicalise".

Concernant la révision de la loi de 1905, Mohamed Zaidouni conclut en affirmant que les musulmans n’ont jamais demandé cela. "Nous sommes attachés à la France et aux valeurs de la République. Nous demandons que nos associations, nos lieux de culte, soient pris en conscience comme tous les autres cultes. On ne demande pas une faveur, ni une exception, mais que nous soyons considérés comme les autres" conclut-il.
 

Mohamed Zaidouni, président du Conseil régional du culte musulman de Bretagne:

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