Attentats à Bruxelles: l'Europe visée

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Le Temps de le dire

mercredi 23 mars 2016 à 9h03

Durée émission : 55 min

Le Temps de le dire

© KENZO TRIBOUILLARD AFP

Les attentats de Bruxelles interpellent les institutions européennes: sont-elles à la hauteur du rêve des pères fondateurs? On en parle avec Stéphanie Gallet.

Mardi 22 mars 2016, le terrorisme de l'Etat islamique a encoré frappé. 31 personnes sont mortes et 250 ont été blessées dans l'aéroport et le métro de Bruxelles. C'est un tout un pays et l'Europe entière qui pleurent face à cette nouvelle irruption de la barbarie djihadiste. Pour Clotilde Nyssens, c'est bien "le centre de l'Europe" qui était visé. "Il y a une volonté forte de dire que les fantassins de l'Etat islamique peuvent taper au coeur de l'Union européenne", constate Alexis Poulin. Cette installation de la terreur, Valérie Régnier l'interprète comme une volonté "de polluer le climat social", d'où la nécessité de "rester unis".

Vivre avec la menace terroriste: un appel quotidien au courage et à la résistance. Hier la Tunisie, Istanbul, la Côte d'Ivoire, Paris et aujourd'hui Bruxelles... "Les terroristes cherchent à nous pousser dans la même logique que la leur, c'est-à-dire celle du combat, cette logique mortifère: je pense qu'il faut résister très fort en s'appuyant sur la vie, sur nos énergies, sur la créativité", exprime François Ernenwein. Le risque fait donc désormais partie de nos vies. Et le courage de chaque individu devient indispensable pour ne pas se replier sur soi. Refuser la peur, le rejet et la haine. Après les attentats de Paris, en novembre 2015, la commmunauté de Saint-Egidio à Molenbeek a ainsi mis en place une école de la paix.

"Il faut continuer à oeuvrer pour le rêve des pères fondateurs de l'Europe." Valérie Régnier

"Aujourd'hui les institutions européennes sont en deçà de l'idée de l'Europe telle qu'elle est vécue par les société civiles à l'intérieur des pays européens", constate François Ernenwein. Pour lui, "le souffle européen n'est pas porté par les institutions européennes". L'Europe des institutions se trouve au pied du mur donc. Alexis Poulin dresse un parallèle entre le terrorisme et les politiques migratoires européennes dans "la violence qui est faite à l'humain". Il dénonce le retard des "es technocrates européens", "loin derrière les enjeux", que ce soit en matière d'écologie, d'économie ou de terrorisme, alors que "les nationalismes gagnent un peu partout".

Quel projet, quelle espérance, pour les jeunes dans les pays d'Europe? Comment en arrive-t-on à faire une fierté de cette violence-là? La question interpelle directement les politiques. Pour Clotilde Nyssens, il y a en Belgique "énormément de personnes d'origine étrangère qui ont trouvé leurs marques, mais il y a aussi entre 20 et 30% de jeunes de 20 à 35 ans qui n'ont pas de boulot, qui s'ennuient, qui tournent en rond et qui n'ont aucun projet." Elle rappelle qu'il y a 25 ans "on parlait déjà du risque de bombe sociale".

Invités

  • François Ernenwein , rédacteur en chef au quotidien La Croix

  • Alexis Poulin , directeur d'EurActiv Franc

  • Valérie Régnier , responsable de la communauté Sant'Egidio France

  • Clotilde Nyssens , politique belge, membre du parti Centre démocrate humaniste

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La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Antoine Bellier reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.