Attentats de Paris: "l'ennemi n'est pas insaisissable"

17 novembre 2015 Par

Réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, prolongation de l'état d'urgence, révision de la Constitution, retour sur les annonces de François Hollande devant le Congrès réuni à Versailles.

Pour la première fois de son mandat, François Hollande s’est exprimé lundi 16 novembre devant l’ensemble des parlementaires réunis en Congrès à Versailles. Un discours très offensif,  "la France est en guerre", a dit le chef de l'Etat dès le début de sa prise de parole. Après l'émotion de sa première intervention vendredi soir, le président de la République a voulu montrer sa détermination mais aussi sa colère face à un ennemi lâche mais qui n'est pas hors de portée. 

Un discours long, près de 40 minutes, structuré par des annonces notables à commencer par la réaction française en dehors de nos frontières. Détruire Daech est une nécessité a dit François Hollande qui a décidé de saisir le conseil de sécurité de l'ONU. Il a insisté sur la nécessité d'une réponse unique, d'une coalition unique face à Daech. Il va donc falloir s'entendre avec la Russie qui multiplient les frappes en Syrie en dehors de la coalition emmenée par les Etats-Unis.

Le chef de l'Etat a évoqué la nécessité de parvenir à une solution politique en Syrie dont Bachar Al Assad "ne peut constituer l'issue". Mais, "l'ennemi [de la France NDLR] en Syrie est Daech", a martelé François Hollande. Les opérations de l'armée française contre les positions jihadistes en Syrie vont donc s'intensifier dans le semaines à venir. Notamment grâce au renfort dès mercredi 18 novembre du porte avion Charles De Gaulle qui sera déployé en Méditerrannée orientale et permettra de multiplier par 3 la force de frappe de l'armée. Il n'y aura "aucun répit, aucune trève" a prévenu François Hollande. 

Un changement de régime constitutionnel

Des mesures ont également été annoncées à l'échelle du territoire français. Comme prévu le chef de l'Etat a demandé aux parlementaires de prolonger l'état d'urgence pour trois mois, ils seront sollicités à cet effet dès mercredi 18 novembre. L'annonce la plus marquante est cette volonté de François Hollande de réviser la Constitution, et plus précisément les articles 16 et 36 relatifs à l'état de siège et à l'état d'urgence. Une manière, selon le président de la République de "disposer d'outils appropriés, sans recourir à l'Etat d'urgence" face au terrorisme de guerre. 

François Hollande a également annoncé la création de 5 000 postes de gendarmes et policiers, et du renfort pour le ministère de la justice et pour les douanes. Il souhaite enfin élargir la déchéance de nationalité aux bi-nationaux nés français, s’ils se rendent coupable de terrorisme, et faciliter les expulsions.
Toujours lors de ce discours, et pour préserver l’unité nationale, François Hollande a fait savoir que le gouvernement soumettrait au Conseil d’Etat les propositions du parti Les Républicains quand à la surveillance des individus fichés S. Nicolas Sarkozy a proposé que ces individus soient assignés à résidence avec bracelet électronique.