Au Kenya, le pape François dénonce la radicalisation et la corruption

26 novembre 2015 Par

Le Saint Père a choisi le Kenya comme porte d’entrée en Afrique. Un symbole fort pour ce pays qui souffre de la radicalisation de ses jeunes, et de la corruption de certains élites.

Hier, à Nairobi, le pape François a donné le ton de son voyage en Afrique. Plaçant les divisions entre chrétiens et musulmans au cœur de ce déplacement, le souverain pontife a vivement déploré les conflits religieux qui sévissent sur le continent africain, et leurs conséquences. Au premier rang desquelles la radicalisation de certains jeunes. "Trop souvent la jeunesse est radicalisée au nom de la religion pour semer le désordre et la peur et pour déchirer le tissu même de nos sociétés" a notamment déclaré le pape, s’adressant à vint-cinq dirigeants musulmans, réunis à la nonciature de Nairobi.

Expliquant que le "dialogue œcuménique et interreligieux n’est pas un luxe", le pape a rappelé que le nom de Dieu "ne doit jamais être employé pour justifier la haine et la violence". Et en matière de violences religieuses, le Kenya n’est malheureusement pas épargné. Plusieurs centaines de personnes ont péri sur les deux dernières années, dans des violences à caractère religieux. Les plus marquantes d’entre elles : en septembre 2013, les combattants du groupe islamiste Al-Chabab avaient mené un assaut contre un centre commercial de Nairobi, mais également à l’université de Marissa, tuant près de 150 étudiants.

Plus tard dans la journée, au cours d’une messe célébrée dans le stade de l’université de Nairobi, le Saint Père a également mis l’accent sur la corruption qui gangrène certaines autorités africaines. François a ainsi appelé à "résister aux pratiques qui nourrissent l’arrogance chez l’homme". Une allusion discrète au remaniement ministériel opéré quelques jours plus tôt par le président kenyan, Uhuru Kenyatta, après la démission de ministres accusés de corruption...