Avec la bataille de Mossoul, l'espoir renaît pour les chrétiens d'Irak

Présentée par Florence Gault

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Décryptage

vendredi 21 octobre 2016 à 17h03

Durée émission : 55 min

Décryptage

© YASIN AKGUL AFP

Au programme de cette édition de Décryptage, l'offensive sur Mossoul et les interrogations qu'elle soulève, la fronde dans la police en France, et la mission Exomars.

Au coeur de la bataille pour Mossoul

L'espoir renait pour les chrétiens d'Irak. L'offensive pour reprendre Mossoul est lancée. Et selon le Premier ministre irakien, l'armée avance plus vite que prévu. Cette bataille fait craindre aux ONG une catastrophe humanitaire. Tandis qu'elle suscite un immense espoir parmi les chrétiens de la plaine de Ninive. Mais il faut surtout penser à l'après…

Le Premier ministre irakien, Haïdar al-Abadi, a annoncé dans la nuit de dimanche à lundi le début de l'opération pour reprendre Mossoul des mains de l'organisation État islamique. Depuis des semaines, des dizaines de milliers de combattants – forces spéciales et soldats irakiens, peshmergas kurdes, miliciens chiites et sunnites – se préparent à cette grande bataille, qui pourrait durer de longues semaines. Pendant ce temps, les avions de la coalition internationale multiplient les raids et bombardements.

Au milieu, se trouvent les civils. Plus d'un million et demi de personnes vivent encore à Mossoul. Et les djihadistes de l'organisation Etat islamique, les empêchent de fuir la ville, pour s'en servir comme boucliers humains. Très inquiètes, des ONG réclament le déploiement de couloirs humanitaires. On en parle avex Mgr Petros Mouche, archevêque syriaque catholique de Mossoul, Faraj-Benoît Camurat, président de Fraternité en Irak, le père Michael Najeeb, prêtre dominicain du monastère de Mossoul et Florian Seriex, chargé de communication pour le Moyen-Orient d'Action contre la faim.

Plus de 30 000 Irakiens, soldats, policiers, miliciens, et peshmergas sont mobilisés pour cette bataille à l'enjeu crucial. En face, entre 3 000 et 4 500 djihadistes selon les estimations américaines, lourdement armés, et farouchement déterminés. Mais cette bataille laisse craindre un désastre humanitaire. C'est du moins ce que craignent les Nations-Unies. Ces dernières estiment que plus d’un million de personnes pourraient quitter la ville d’ici une semaine. 
 
Plusieurs camps ont été construits aux abords de la ville, en prévision, mais ils sont loin de pouvoir accueillir autant de déplacés. Le HCR a ainsi construit six camps, onze autres doivent suivre d'ici la fin de l'année, portant à un total de 120.000 places ses capacités d'accueil. De son côté, le gouvernement irakien pourrait héberger 150.000 réfugiés. Manquent donc plus de 450.000 places. Action contre la faim est, elle, prête à venir en aide à 90.000 réfugiés d'ici la fin de l'année. 

Alors que beaucoup d'habitants de Mossoul souhaitent quitter la ville en attendant la fin des combats, la radio locale, Al Ghad Radio, les invite à suivre ce conseil du ministère de la Défense : "le conseil c’est de ne pas sortir. Restez chez vous, c’est un acte de résistance". Jean Marc Ayrault, le chef de la diplomatie française, a annoncé que des contrôles des habitants qui fuient Mossoul seront effectués. Notamment parce que les autorités ont peur que des djihadistes se cachent au sein de la population.
 
Sur le plan diplomatique et international, une vingtaine de ministres des Affaires étrangères discutaient jeudi à Paris de l'avenir politique de la ville de Mossoul. L’objectif est de préparer la stabilisation de la ville après la défaite annoncée des combattants jihadistes, afin d'éviter un vide institutionnel. Beaucoup s'inquiètent de l'avenir politique de l'Irak. 

Dans l'hypothèse où la ville serait libérée de Daech, une autre bataille pourrait prendre le relais : celle du déminage. Les associations comme Fraternité en Irak craignent en effet que l'Etat islamique ne mine complètement la ville afin de faire le maximum de dégâts, et ralentir également la progression des troupes irakiennes. Fraternité en Irak finance actuellementun programme de déminage de quatre villages kakaïs, une minorité kurde, et de deux villages chrétiens.  
 

En France, la colère de la police monte 

Nous reviendrons également sur la colère des policiers. Depuis le début de la semaine, ils manifestent pour faire entendre leur exaspération, plus de dix jours après l'agression de quatre de leurs collègues dans l'Essonne.

 

Mars ne répond plus

Enfin, l'événement de la semaine sera consacré à la mission ExoMars. L’Agence spatiale européenne est toujours sans nouvelles de Schiaparelli qui devait se poser sur la planète rouge. On en parle avec deux journalistes des magazines "Ciel et Espace" et "Sciences et Avenir".

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L'émission

Tous les vendredis à 17h03

Une émission diffusée chaque vendredi et proposée par la rédaction nationale de RCF, avec la participation de journalistes de la presse quotidienne régionale. 52 minutes pour prendre le temps de mettre l'actualité en perspective et approfondir un sujet. Objectif: mieux penser le monde dans lequel nous vivons.

Le présentateur

Florence Gault

Journaliste à RCF depuis 2005, Florence a d’abord travaillé à RCF Méditerranée, à Toulon pendant six ans, avant de rejoindre la rédaction nationale. Globe-trotter dans l’âme, elle aime partir à la rencontre de l’autre. Ce qu’elle préfère à la radio: jouer avec les sons pour vous raconter des tas d’histoires!