Bataille de Mossoul, les ONG craignent d'importants déplacements de population

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Le Temps de le dire

jeudi 20 octobre 2016 à 9h03

Durée émission : 55 min

Le Temps de le dire

© AHMAD AL-RUBAYE / AFP - 20 octobre 2016, forces irakiennes dans le désert au nord-est de Qayyarah, dans la province de Ninive

La bataille de Mossoul a commencé il y a cinq jours. Les ONG sont dans l'attente et se préparent à d'importants mouvements de population. On en parle avec Stéphanie Gallet.

La bataille de Mossoul a commencé samedi 15 octobre au soir. Une offensive préparée de longue date et dont on sait assez peu de choses. Pour le moment les soldats se font très discrets sur la situation leurs objetctifs et l'état de la progression. Ce qui est sûr, pour Kader A. Abderrahim, c'est que leur "progression sera extrêmement lente".
 

"Beaucoup de civils craignent des combats extrêment violents."

 

les ong prévoient d'importants déplacements de population

Les civils constituent la principale préoccupation des ONG. Mossoul compte 1,5 millions d'habitant: pour Frédéric Joli, auteur du blog L'Humanitaire dans tous ses états, "la véritable préoccupation c'est de savoir si on va pouvoir absorber d'un point de humanitaire les conséquences de ces violences". En fait, la fuite massive de population civiles, cela fait plusieurs mois qu'on la "craint", explique le porte-parole du CICR. L'institution humanitaire s'est préparée à pouvoir assister 300.000 personnes. Une assistance alimentaire et médicale qui pourra être évalués à la hausse si besoin.
 

 

Mossoul se prépare au pire. "Beaucoup craignent des combats extrêment violents", explique Yann Mens. Le blog Mosul Eye, tenu par des habitants de la ville, permet de savoir notamment que "la ville s'arrête à partir du milieu de l'après-midi". Si beaucoup de civils veulent partir, la fuite sera compliquée, comme l'expliquent les humanitaires. De son côté Daech a tout intérêt à ce que les civils restent pour freiner les bombardements de la coalition.

 

Mossoul, un fort enjeu stratégique régional.

 

Mossoul, un lieu stratégique

Située sur une route stratégique importante, Mossoul "n'est pas seulement la deuxième ville d'Irak", rappelle Kader A. Abderrahim. C'est aussi la capitale de la Ninive où se trouvent des champs pétrolifères "extrêmement importants". L'enjeu géopolitique qui dépasse les limites de la ville.
 

"Tout le monde est en train de spéculer sur ce qui se passera après."

 

les belligérants préoccupés par L'après mossoul

La bataille de Mossoul soulève aussi la question du Kurdistan. Les combattants kurdes irakiens ont pris des villages en avançant vers Mossoul. Un certains nombre de ces villages font partie de zones contestée entre le kurdistan irakien et le reste de l'Irak. Ce que Yann Mens appele des "gages territoriaux".

"Tout le monde est en train de spéculer sur ce qui se passera après", explique Yann Mens: qu'il s'agisse des Arabes sunnites de la région, les Kurdes sunnites, le gourvenement irakien dominé par des partis chiites, la Turquie pour qui Mossoul est en terre ottomane. La Russie est elle aussi de loin menacée.

 

Invités

  • Yann Mens , rédacteur en chef du trimestriel Alternatives Internationales

  • Frédéric Joli , porte-parole du CICR en France

  • Kader A. Abderrahim , politologue, spécialiste du Maghreb et de l'islamisme, chercheur à l'Iris, maître de conférences à Sciences Po

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La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Antoine Bellier reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.