Boris Cyrulnik : "C'est la première fois qu'on repense à la mort dans un contexte de paix"

Présentée par

S'abonner à l'émission

Le Grand Invité

lundi 21 août 2017 à 7h50

Durée émission : 15 min

Le Grand Invité

© Vesa Moilanen Lehtikuva AFP - Mémorial aux victimes de l'attentat de Turku

Barcelone, Cambrils, Turku, Sourgout, les attaques terroristes s'enchaînent.Comment vivre dans ce contexte difficile ? éléments de réponse avec le neuropsychiatre Boris Cyrulnik.

un retour de l'idée de mort

Pour Boris Cyrulnik, il faut d'abord souligner que l'humanité a toujours vécu des contextes difficiles. Aujourd'hui, "nous sommes les deux premières générations" à avoir vécu des périodes moins difficiles. Jusqu'au 19ème siècle, l'humanité  a toujours vécu dans la peur de la mort "des enfants et des femmes", qui vivaient 36 ans en moyenne.

Pour le psychiatre, la différence réside aujourd'hui dans le fait qu'on pense à "la mort dans un contexte de paix".  Pour Boris Cyrulnik, si l'on croyait que l'on "allait vivre en paix éternellement", la guerre est pourtant réapparue après la période faste des trente glorieuses. 

 

le retour de la solidarité

 

Si les attentats sont un retour de l'idée de la mort, ils ont également pour effet d'activer des "mécanismes de défense" et de "renforcer la solidarité", dans tous les pays qui ont été frappés. Mais Boris Cyrulnik fait également une mise en garde : les attentats peuvent renforcer le "communautarisme", qui peut préparer à une future guerre. 

Dans le cas des attentats, la religion est utilisée de manière politique. Boris Cyrulnik explique que les terroristes provoquent une réaction de "contre-attentat", tout en opposant l'Asie, où les boudhistes réagiraient de "manière violente" alors que l'Occident aurait une réaction plus "noble" face aux attentats.
 

"Les terroristes veulent fragiliser l'occident."

 

Parler des attentats aux enfants

Le psychologue souligne également que les journalistes ont une part de responsabilité en "parlant trop" des attentats, puisque l'un des buts des terroristes est de "médiatiser la terreur". Boris Cyrulnik reconnaît cependant qu'il serait difficile de ne pas en parler, étant donné que c'est la fonction du journaliste que de faire "circuler l'information". 

Face à la multiplication des informations sur les attentats terroristes, les enfants vont "réagir à la réaction émotionnelle des parents. C'est à dire que si les parents en parlent trop, ils vont transmettre la peur à leurs enfants. Pour le neuropsychiatre, la seule bonne réaction est d'expliquer "paisiblement" la situation de ses enfants.

Boris Cyrulnik parle de "chef d'oeuvre de terrorisme", qui a été très médiatisé et qui a renforcé la réaction aggressive des grandes puissances, notamment celle des Etats-Unis.  

 

Les dernières émissions

L'émission

Du lundi au vendredi à 8h10

Chaque matin, Stéphanie Gallet reçoit une personnalité au cœur de l’actualité nationale ou internationale. Décryptage singulier de notre monde et de ses enjeux, mais aussi découverte d’un parcours, d’un engagement. Au cœur de la grande session d’information du matin, une rencontre quotidienne pour prendre de la hauteur avec bienveillance et pour donner du sens à l’information.  

Le présentateur

François Ballarin