Brexit: les pêcheurs français dans la tourmente

21 juillet 2017 Par

En matière de pêche, l’entente cordiale n’a jamais vraiment fonctionné entre les Français et les Anglais. Et le Brexit pourrait bien compliquer davantage une situation déjà tendue.

C’est l’une des nombreuses conséquences du Brexit. Les Britanniques ont en effet annoncé qu'ils pourraient quitter la Convention de Londres sur la pêche, un texte qui remonte à l’année 1964. Sortir de cette convention permettrait au Royaume-Uni de retrouver le contrôle exclusif des droits de pêche à proximité des côtes britanniques.

Cette convention autorise en effet la pêche dans une "zone comprise entre six et douze miles" nautiques au large des côtes des pays signataires, contre 12 miles dans le droit européen. Une perspective qui inquiète les pêcheurs français. Si les règles de pêche commune sont supprimées et les eaux territoriales fermées, ils pourraient faire face à un important manque-à-gagner.
 

75 % des captures en moins

A Boulogne-sur-Mer, 70% des poissons pêchés proviennent en effet des eaux anglaises. "Le premier port de pêche français, Boulogne-sur-Mer, se situe à 24 milles nautiques de l’Angleterre. Tous les navires de notre région sont impliqués dans le Brexit, du plus petit navire de 8m au plus gros navire de 46m. Tous nos navires sont intéressés par la zone en question" explique Eric Gosselin, directeur général des coopératives maritimes Étaploises.

Il ajoute qu’on considère aujourd’hui que "la fermeture des eaux anglaises nous enlèverait à peu près 75 % des captures. Ce sont des eaux territoriales sous juridiction britannique mais il faut savoir que les pêcheurs français ont des droits historiques, depuis la nuit des temps, dans les eaux britanniques. Les Britanniques venant aussi régulièrement travailler dans les eaux françaises".
 

Un problème de cohabitation avec d'autres pêcheurs étrangers

Semble se poser également la question de l’emploi. "On considère par ailleurs qu’un pêcheur embarqué fait vivre jusqu’à dix personnes à terre. Autant chez un mareyeur qui va valoriser et travailler le poisson que dans tous les services à côté : les mécaniciens, les électroniciens, la construction navale et l’administration" précise encore Eric Gosselin

Ce dernier craint enfin que "l’on assiste forcément à un problème de cohabitation dans la Manche. On est confronté à des soucis de cohabitation avec les navires hollandais, allemands et d’autres navires d’autres nationalités. Si demain on enlève les eaux britanniques, toutes ces flotilles se rendront dans la zone française. On aurait alors des problèmes de cohabitation mais aussi des problèmes de ressource". 

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