Calais: la crise migratoire et humanitaire

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Le Temps de le dire

lundi 7 mars 2016 à 9h03

Durée émission : 55 min

Le Temps de le dire

© Michael BUNEL/CIRIC - Le 01/03/2016, 2è jour d'évacuation de la partie sud de la "jungle" de Calais

La destruction de la zone sud de la jungle de Calais a repris aujourd'hui, alors que se tient un nouveau sommet sur la crise migratoire à Bruxelles. On en parle avec Stéphanie Gallet.

La destruction de la zone sud de la jungle de Calais a repris en ce matin du lundi 7 mars. Commencée il y a une semaine, elle vise à détruire les cabanes et les habitats de fortune de plusieurs milliers de réfugiés qui avaient trouvé dans ce bout de la France un asile temporaire en attendant d'atteindre leur eldorado: la Grande-Bretagne.

Plusieurs raisons ont poussé le gouvernement à détruire une partie du bidonville, notamment des demandes de la population calaisienne et des élus de Calais. Et aussi, souligne Guillaume Goubert, "une volonté de manifester aux réfugiés que Calais est une impasse et que l'espoir de passer en Grand-Bretagne est très faible". Le directeur de La Croix précise que la majorité des migrants refuse de demander l'asile en France et que seulement 2.000 ont accepté d'entrer dans le dispositif et de loger dans des centres d'accueil.

"Il faut reconstruire le dialogue avec les migrants." Bernard Thibaud

Cette évacuation forcée pourrait prendre encore plusieurs semaines ; elle s'effectue dans une tension certaine, tant les méfiances entre forces de l'ordre et réfugiés sont grandes. Au total, on estime que ce sont près de 10.000 personnes qui s'entassent dans des conditions indignes de la France et du XXIè siècle. Lundi 29 février et mardi 1er mars 2016, des violences ont éclaté entre migrants et forces de l'ordre. Au nom du Secours catholique, Bernard Thibaud s'oppose à l'usage de la force ou de la contrainte vis à vis des migants. Mais pour lui il s'agit aussi d'une forme de violence morale.

"Les migrants ne comprennent pas cet harcèlement, cette humiliation, ces évacuations sans fin", explique le secrétaire général du Secours catholique. Il déplore "une grande incompréhension" et appelle à la reconstruction du dialogue. L'association est présente depuis une quinzaine d'années auprès des réfugiés de Calais. En 2015, elle a construit une centre d'accueil de jour pour les migrants, avec accès aux douches et distribution d'un repas par jour.

"Le gros problème c'est la politique britannique." Guillaume Goubert

Ce 7 mars 2016, un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne se tient à Bruxelles. L'Europe qui est bien là face à la plus grande épreuve de son histoire. Chaque jour, on apprend une nouvelle fermeture de frontière, mettant à mal le rêve européen. Comment les 28 peuvent-il faire émerger une volonté politique commune pour gérer cet afflux de réfugiés? Pour Guillaume Goubert, "le gros problème c'est la politique britannique".

Ce que veulent en effet la majorité des migrants c'est bien d'aller en Angleterre, car souvent ils maîtrisent la langue, car les possibilités de trouver un travail - au noir - y est plus grande. "Ils ont le sentiment que leur vie sera beaucoup plus facile en Grande-Bretagne qu'en France", explique le directeur de La Croix, pour qui la Grande-Bretagne bloque notamment le regroupement familial.

Invités

  • Guillaume Goubert , directeur du quotidien La Croix

  • Bernard Thibaud , secrétaire général du Secours catholique-Caritas France

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L'émission

Tous les jours du lundi au vendredi, à partir du lundi 4 septembre 2017

La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Antoine Bellier reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.