Ce que l'Euro 2016 va (r)apporter à la France

Présentée par Stéphanie Gallet

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Le temps de le dire

vendredi 3 juin à 9h03

Durée émission : 55 min

Le temps de le dire

© Franck FIFE / AFP - Supporters des Bleus

J-7 pour l'Euro 2016. Économie, sécurité: la France est attendue au tournant. On espère aussi être épargnés des scandales habituels liés au foot. Par Stéphanie Gallet.

Vendredi 10 juin 2016: coup d'envoi de l'Euro 2016. Pendant un mois les crampons des 24 équipes d'une Europe élargie s'affronteront sur les pelouses de 10 villes de France. On nous promet une grande fête populaire, de belles réjouissances footballistiques et du beau jeu. Après la Coupe du monde, elle est le graal à décrocher pour les footballers de haut niveau. A sa création en 1960 il n'y avait que quatre équipes, puis 8 puis 16 en compétition. Ce qui rendait le challenge sportif encore plus compétitif.

On parle peu en effet du coût de l'opération pour le contribuable. Les recettes de la compétition vont surtout tomber dans l'escarcelle des sponsors et de l'UEFA. "Il y a en réalité des coûts et des bénéfices directs et des coûts et des bénéfices indirects", précise Vincent Grimault. Les premiers sont pour l'UEFA, les seconds pour les pouvoirs publics français. "Le problème c'est que les coûts directs sont assez faibles et que les recettes directes sont très fortes, autour de 2 milliards d'euros". D'un autre côté les coûts indirects - construire des stades, assurer la sécurité, etc. - sont très élevés et les recettes sont incertaines.

Si le football fait régulièrement la Une des journaux c'est notamment pour les salaires démesurés de ses joueurs. Surtout quand on les compare aux faibles moyens des clubs amateurs. "Dans tous les clubs il y a une grosse différence entre le niveau amateur et le niveau professionnel, pour le foot cet écart est encore plus marqué", explique Vincent Grimault. Pour Richard Duhautois, "le mode de financement du football professionnel c'est l'endettement".

L'Euro 2016 pourra-t-il évoquer autre chose que l'équation foot = fric? A l'occasion de l'Euro 2016, le collectif Ethique sur l'Etiquette publie un rapport sur le business des sponsors, "Anti-jeu. Les sponsors laissent les travailleurs sur la touche".  "Ce rapport montre que derrière les paillettes et surtout derrière les engagements de gros sponsors qui se veulent plus responsbles que d'autres marques du secteur finalement ce qui a été développé c'est un modèle de surenchère dans le sponsoring de clubs, de joueurs aussi et puis d'événement internationaux comme l'Euro. Pour alimenter cet investissement démesuré dans le sponsoring, les grands groupes, comme Nike, Adidas, Puma, recherchent toujours des coûts moins élevés pour leur production et notamment les salaires de ceux qui fabriquent ces produits", explique Nayla Ajaltouni.

Avec les grèves et les blocages autour de la loi travail, la tension est au maximum. La France sera-t-elle en mesure d'accueillir comme il faut les acteurs de la compétitions et leurs supporters? On prévoit qu'environ un million de personnes feront le voyage en France. On a beaucoup parlé des enjeux de sécurité. Il ne faudrait pas que cet afflux de touristes et cette concentration de monde autour des stades et des fans zones soient l'occasion de commettre un attentat.

La chanson officielle de l’Euro 2016, "This One’s for You", par David Guetta

 

Invités

  • Vincent Grimault , journaliste à Alternatives Economiques | Twitter @GrimaultV

  • Richard Duhautois , professeur d'économie, spécialiste de l'économie du sport, chercheur associé au Centre d'études de l'emploi

  • Nayla Ajaltouni , déléguée du collectif Éthique sur l’étiquette | Twitter @Collectif_ESE

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L'émission

Du lundi au vendredi à 09h03 et 00h00

La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Stéphanie Gallet reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.