Congo: accusée d'ingérence, la Conférence épiscopale va se réunir en Assemblée plénière

14 février 2018 Par

La situation au Congo est explosive. Plusieurs morts et de nombreux déplacés ont fait les frais de la situation politico-sociale volatile du pays.

En République démocratique du Congo, la Cenco, la conférence épiscopale nationale du pays, s'apprête à se réunir en assemblée plénière extraordinaire du 15 au 17 février prochains à Kinshasa au sujet de la situation socio-politique très volatile dans le pays.
 

Joseph Kabila accuse l'Eglise d'ingérence

Suite à l’assemblée de novembre dernier, une prise de position avait été rendue publique par les évêques. Ils y appelaient les Congolais à s’impliquer dans le processus électoral et à manifester leur "désapprobation de manière pacifique, en rejetant tout recours à la violence, conformément à la Constitution".

Après les marches pacifiques des catholiques réprimées le 21 janvier dernier, des marches demandant que le président annonce publiquement qu’il ne se représentera pas lors de futures éléctions, Joseph Kabila avait alors accusé l'Église d'ingérence dans les affaires politiques.
 

"L'Eglise a le devoir d'éclairer le peuple"

Mais pour Mgr Marcel Utembi, archevêque de Kisangani et président de la Cenco, s'il n'est pas question pour l'Église de s’ingérer dans les affaires de l’État, il est du devoir de l’épiscopat congolais de définir des orientations pour le peuple dont il a la charge.

"On ne peut pas dire que l’Eglise s’ingère dans la politique. En vertu de son enseignement social, l’Eglise a le devoir d’éclairer le peuple car c’est le destinataire de notre message. Et ce même peuple est pris en charge par l’organisation politique d’une nation. Nous devons justement conjuguer les efforts pour répondre aux demandes et aux besoins du peuple. L’Eglise et l’Etat sont appelés à travailler ensemble pour répondre aux attentes de ce peuple" explique-t-il notamment au micro du père Jean-Pierre Bodjoko.

Mgr Marcel Utembi, archevêque de Kisangani:

Environ deux cents mille personnes ont été déplacées en deux mois de conflits intercommunautaires en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. Les affrontements entre les deux communautés ont fait plusieurs dizaines de morts.

Une situation explosive

"La situation en Ituri est devenue explosive. Il y a un conflit que l’on peut définir d’intercommunautaire apparemment mais il faudrait que nous puissions comprendre davantage ce qui se passe parce que ce conflit violent entraîne déjà beaucoup de morts, avec des maisons brûlées, des biens pillés et aussi une vague de déplacement épouvantable vers l’Ouganda. Cette situation en Itourie suit le même schéma que celui que l’on a connu dans le Grand Kasaï, cela nous inquiète au plus haut point" ajoute Mgr Utembi.

Mgr Marcel Utembi, archevêque de Kisangani:

A Genève, le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a fait état de plus de 22 000 réfugiés congolais qui ont fui ces violences et traversé le lac Albert la semaine dernière pour rejoindre l'Ouganda. Depuis plusieurs semaines, les actes de violence se multiplient.