[DOSSIER] : Comment fonctionne l'Europe ?

Plus de 300 millions de citoyens de l’Union européenne vont choisir en mai leurs représentants au sein du Parlement. Mais à quoi sert l’Europe ? Comment est elle structurée? Quelle est son influence dans le monde ? Quel est le rôle d'un eurodéputé et de quelle manière les chrétiens peuvent il contribuer au débat sur l'Europe ? Pour tenter de comprendre, RCF vous propose chaque semaine deux dossiers consacré à cette actualité.

Les enjeux des élections européennes

Le dossier du jour

Quels défis vont devoir relever les futurs eurodéputés ? Quels sont les dossiers sur le dessus de la pile? Comment redonner du souffle à une Europe en crise? Décryptage dans notre dossier.

Depuis hier et jusqu’à et dimanche les citoyens des pays membres de l’Union européenne élisent leurs représentants au parlement de Strasbourg. En France, 79 députés rejoindront les rangs des groupes européens où ils forgeront la législation européenne pendant cinq ans. A la veille de ce scrutin on s’interroge sur les enjeux de cette élection.

La campagne des élections européennes s’achève sans que le Brexit n’ait été réglé. Les Européens s'attendaient à n'élire plus que 705 eurodéputés. Mais la sortie du Royaume-Uni a finalement été repoussée au 31 octobre prochain, les Britanniques ont même voté hier et ils feront partie des 751 parlementaires européens qui devraient siéger à Strasbourg à partir de juillet. Le règlement du Brexit reste donc un enjeu. Les explications d'Yves Pascouau, chercheur à l’institut Jacques Delors :

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Après les élections, les eurodéputés auront du pain sur la planche. Ils vont devoir se mettre d’accord sur le budget de l’Union européenne pour la période 2021-2027. Un dossier majeur qui va fixer les orientations politiques de l’Union, comme l’explique isabelle Coustet chef du Bureau en France du Parlement européen..

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Et dans la balance de ce budget une série de dossiers: le soutien à la croissance, le climat, l'innovation ou encore les questions migratoires.

Sur ce dernier point le sujet est complexe et pourrait être au coeur des préoccupations des vingt-sept. Depuis l’afflux de réfugiés en 2015, les solutions à cette crise divisent l’Union. Pour Yves Pascouau, spécialiste des questions migratoires, c’est la solidarité des États qui est aujourd’hui en jeu dans ce dossier.

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Autre enjeu à venir pour l’Union européenne, la réforme de la PAC. La politique agricole commune est l’un des plus gros budgets de l’union. Elle représente plus de 40% du budget total. Ses orientations devraient changer et le budget baisser au cours de la prochaine législature. Une réforme qui doit selon Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, viser un triple objectif économique social et environnemental.

Un Brexit non réglé qui paralyse le Royaume Uni. Une Allemagne dont la chancelière, Angela Merkel, affaiblie par des revers électoraux est sur le départ  et une France moins audible sur la scène européenne depuis six mois et le début de la crise des gilets jaunes. Et alors que la locomotive franco-allemande a du plomb dans l’aile, les gouvernements populistes prospèrent. Dans ce contexte de crise l’Europe va devoir relever un certain nombre de défis à commencer par celui de l’unité.
Les précisions de Pierre Verluise auteur d’Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Union européenne. A l’heure du Brexit, éd. Diploweb.

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Voici la composition du Parlement européen dimanche soir permettra d’en savoir plus sur les orientations à venir de l’Union. En attendant depuis hier et jusqu’à dimanche plus de 400 millions d’électeurs sont appelés à voter dans 28 pays pour élire les 751 députés européens.

Comment est née l'Europe ?

Le dossier du jour

​Plus de 300 millions de citoyens de l’UE vont choisir en mai leurs représentants au Parlement. Mais à quoi sert l’Europe ? Comment est elle structurée? C'est le thème de ce dossier.

Comment est née l’Europe et comment fonctionne t-elle ? Les français sont appelés à désigner 79 eurodéputés le 26 mai prochain. Mais qu’évoque l’Europe pour les citoyens français? Naomi Levannier est allée leur tendre son micro dans la rue.

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On le voit l’Europe reste un concept lointain pour bon nombre de citoyens français, l’occasion de rappeler que L'Union européenne n'est pas un Etat, mais une organisation qui ne peut agir que sur la base des compétences que les Etats ont bien voulu lui transférer. Tout au long de la construction européenne, l'UE a reçu de plus en plus de compétences. Elle agit désormais dans de très nombreux domaines. Mais pour bien comprendre les institutions européennes, revenons aux sources de l’Europe née des cendres de la deuxième guerre mondiale et de l’obsession de ses fondateurs de retrouver une unité.
Voici ce que disait Jean Monnet le 11 mai 1965 à propos de la naissance de l’Europe.

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Le principe d’une construction européenne pas à pas est posé par la déclaration inspirée par Monnet et prononcée par Schuman, le 9 mai 1950. Cette déclaration est considérée comme le point de départ de l’intégration européenne. Robert Schuman y appelle à la mise en commun des productions de charbon et d’acier de la France et de l’Allemagne, au sein d’une organisation ouverte aux autres pays d’Europe. La naissance en avril 1951 de la Communauté européenne du charbon et de l’acier, en est la première réalisation concrète. Il y a aura ensuite la Communauté économique européenne en 1957 qui permet  la réalisation d’un marché commun, grâce à la libéralisation des échanges et à l’élaboration de politiques économiques communes dont l’exemple le plus emblématique est la politique agricole. Depuis cette date, de plus en plus de domaines ont été mis en commun. Parallèlement, l’Europe s’est élargie géographiquement, passant de 6 à 28 États membres, le dernier en date étant la Croatie, qui a rejoint l'UE en 2013. Sur ce thème, les explications de Nathalie Brack, professeur à l'Université libre de Bruxelles et au Collège d'Europe.

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Nathalie Brack est aussi auteur du livre "L'euroscepticisme au Parlement européen" aux éditions promo culture Larcier.

Le budget européen est adopté tous les ans et s'inscrit dans un cadre financier pluriannuel, déterminé tous les sept ans. Il permet d'assurer le fonctionnement de l'UE et de mettre en oeuvre  les politiques communautaires. Pour la période 2014 - 2020, le budget de l'UE s'élève à 960 milliards d'euros , c'est-à-dire 3,7% de moins que pour la période 2007-2013. Quatre institutions interviennent dans la plupart des décisions de l’Union européenne : le conseil européen regroupe les chefs d’Etat ou de gouvernement des 28. Il décide des grandes orientations de l’UE le couple franco-allemand y joue un rôle déterminant.  La commission européenne propose des textes de loi. Les propositions de la commission sont modifiées et votées par le conseil de l’union européenne et le parlement européen. Isabelle Coustet cheffe du bureau du Parlement en France nous en dit plus sur le rôle des institutions..

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Huit groupes politiques sont actuellement représentés au Parlement. A l’issue des élections européennes de mai, les partis populistes pourraient gagner des sièges dans ce scrutin. Ils en détiennent plus de 150 depuis 2014. Isabelle Coustet nous dresse le tableau des forces en présence : 

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En juin 2018, le Conseil européen avait adopté une réforme du nombre d'élus pour anticiper le Brexit. Lors des élections de mai, une partie des 73 places qui devaient être libérées par le départ du Royaume-Uni devaient être supprimés ou attribués à d'autres États membres. La France et l’Espagne étaient les grands gagnants, puisqu'ils devaient récupérer cinq eurodéputés supplémentaires. L’Italie et les Pays-Bas en auraient obtenu trois et l’Irlande deux. Neuf autres pays auraient gagné un élu. C’était sans compter sur le  report du Brexit annoncé le 12 avril. Si l’accord ne trouve pas de majorité d’ici le 22 mai, les britanniques devront voter pour les Européennes.

L'Europe et les jeunes, un lien à consolider

L'Europe et les jeunes, un lien à consolider

Au menu: • Magazine La Vie / Le rangement, c'est maintenant ! • Interview / J-31 avant les élections européennes • Bonne idée / Une cuisine familiale ... au bureau

Tali Wander et Gaëlle Rolland, membres de l'association Graine d'Europe, sont les deux invitées de Melchior Gormand.

Plus d'informations : 
http://www.grainedeurope.eu/
http://www.leuropecestpassorcier.eu/
http://www.6secondsforeurope.eu/

Quelle place pour l'Europe dans le monde ?

Le dossier du jour

A l'approche des élections européennes, RCF vous propose chaque semaine deux dossiers consacrés à l’Europe. Aujourd'hui : la place de l’UE dans le monde.

Lorsque l’on regarde une carte du monde l’Union Européenne représente aujourd'hui  3% de la surface terrestre, un peu moins de 7 % de la population du globe pour l’instant, si l’on ne prend pas en compte le déclassement démographique que va entraîner le Brexit. La démographie reste un indicateur incontournable d’une puissance comme nous l’explique  Pierre Verluise, docteur en Géopolitique, fondateur du Diploweb.com au micro de Naomi Levannier.

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L’Union européenne, c’est donc aujourd’hui 28 pays, 512 millions de citoyens et bientôt 446 millions d’habitants si l’on se projette après le Brexit. Et si l’Union européenne est encore devant les Etats Unis qui comptent 327 millions d’habitants, elle est très loin derrière la Chine  et ses 1,3 milliards d’habitants.

Malgré une démographie en baisse l’union européenne est aujourd'hui la deuxième puissance économique mondiale, derrière les Etats-Unis et devant la Chine : en 2017, l'Union Européenne cumulait un Produit intérieur brut de 15.330 milliards d'euros, soit environ 22% du PIB mondial. Les Etats-Unis, la même année, occupaient la première place du classement  avec 19.377 milliards de dollars. Quant à la Chine, elle est donc derrière l'UE avec 12.362 milliards de dollars de PIB.  

Précisons que l’Europe reste la première exportatrice de produits agricoles, loin devant les Etats-Unis et le Brésil. C’est aussi le plus grand exportateur mondial de produits manufacturés et de services.  Autant d’atouts qui en font un acteur incontournable dans le monde. C’est ce que nous dit Sylvain Khan, historien et géographe au centre d'histoire de Sciences Po.

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L’Union européenne une puissance commerciale incontournable sur la scène mondiale. Mais  pour Pierre Verluize il faut toutefois nuancer le poids économique que représentent les 28 aujourd’hui.

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Au delà de l’aspect démographique, économique, l’Union Européenne est aussi un acteur diplomatique. Mais cela en fait il pour autant une puissance diplomatique? Pas si simple à en croire  Philippe Dugot, professeur et maître de conférences à l’Université Toulouse II, coauteur du livre Géopolitique de l’Europe aux éditions Nathan.

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Difficile donc  pour l’Union Européenne de parler à l’unisson.  Les Etats membres jouent chacun leur partition à l’égard du reste du monde. Une réalité qui explique en partie les difficultés à concevoir une défense européenne.  A l’heure où l’on célèbre le 70ème anniversaire de l’OTAN les européens ont du mal à s’accorder sur la meilleure façon de garantir la sécurité du continent.

La semaine dernière le Parlement européen a malgré tout approuvé à Strasbourg un accord partiel sur la création et la dotation financière d’un Fonds européen de la défense pour 2021-2027. C’est une première étape. Ce Fonds européen de la défense doit en principe contribuer à la mise en place d'une base industrielle et technologique de défense européenne forte, compétitive et innovante. Reste que, à l’aube de ces élections européennes un certain nombre de défis attendent l’Union à commencer par celui justement de l’unité. Pierre Verluize.

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On le voit, de nombreux défis attendent l’Union Européenne pour peser sur l’échiquier mondial. Pour la suite de notre série de dossiers consacrés à l’Europe nous nous intéresserons à l’Europe près de chez vous, la politique européenne des territoires.

La politique régionale de l'Union européenne

Le dossier du jour

Plus de 300 millions de citoyens de l’Union européenne vont choisir en mai leurs représentants au sein du Parlement. On s’intéresse ce matin à la politique régionale de l’instance.

Cette politique régionale de l’Union européenne est définie dans le traité de Lisbonne comme « une politique de cohésion économique sociale et territoriale ». Elle a pour but de réduire les disparités, les écarts de richesse entre les régions des 28 États membres de l’Union. Marianne Reynaud Jeandidier, spécialiste des financements européens et ancienne assistante parlementaire nous en dit plus sur les fonds qui structurent cette politique.

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Aux trois fonds évoqués, il faut aussi ajouter le fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche.

Un budget conséquent 

Pour l’année 2019, la politique de cohésion économique et sociale pèse plus de 48 milliards d’euros. C’est le deuxième poste budgétaire de l’Union européenne après la politique agricole commune (PAC). Ces fonds sont affectés à divers projets, relatifs au développement économique, à l’emploi à la lutte contre le changement climatique ou au développement rural. C’est le cas notamment dans la région de Toulouse où de nombreux projets bénéficient de cette manne européenne. Les explications de Philippe Dugot, professeur et maître de conférences à l’Université Toulouse II, coauteur du livre, Géopolitique de l’Europe aux Éditions Nathan.

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Des fonds utiles à la réalisation de nombreux projets même s’ils ne sont pas suffisamment visibles. 

Exemple dans le Sud-ouest de la France

À la rencontre d’un passionné de spiritueux. Miko Aboaff a décidé de s’installer en Charente en 2013 pour créer sa micro distillerie. Et ça marche ! Au fil des années, les ventes et les volumes augmentent. À tel point que ce chef d’entreprise qui distille aujourd’hui dans son salon a besoin de s’agrandir, de pousser les murs et d’investir dans un nouvel alambique. Ce sont des fonds européens qui vont lui permettre de financer son nouvel outil de production.

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Pour bénéficier de cette aide européenne, Miko Aboaff a été aidé dans ses démarches par Marianne Reynaud Jeandidier, consultante en financement public. Car monter un dossier pour toucher des subventions relève souvent du parcours du combattant pour les chefs d’entreprises.

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Des projets urbains innovants retenus

Il s’agit du projet de « l'Autre Soie », un nouveau quartier qui va bientôt sortir de terre à Villeurbanne près de Lyon. Ce projet allie logement, économie sociale et solidaire et culture. Cédric Van Styvandael, directeur général d'Est Métropole Habitat et membre du comité de pilotage du projet, nous explique ce qui a, selon lui, convaincu les instances européennes de financer le projet à hauteur de 5 millions d'euros.

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On le voit la politique de cohésion permet le financement de nombreux projets sur les territoires européens. Reste que l’enveloppe consacrée à cette politique pourrait fondre dans les années à venir au profit de la défense ou de la gestion de la crise migratoire. Une perspective jusque-là contestée par le Parlement européen qui plaide pour le maintien des crédits de la politique régionale.

L'UE face aux eurosceptiques

Le dossier du jour

Brexit, traité Constitutionnel européen... L'histoire de l'Union européenne est traversée par un courant eurosceptique qui progresse aujourd'hui. C'est notre dossier du jour.

Ce 3 mai marque la clôture des candidatures aux élections européennes. Entre le 23 et le 26 mai, plus de 300 millions de citoyens de l’Union européenne sont appelés à désigner leurs représentants au sein du Parlement de Strasbourg. En France ce sera le 26 mai prochain. Un scrutin qui met en relief une grande  défiance à l’égard de l’UE.

A l’heure du Brexit et de la montée de l’euroscepticisme un sentiment de défiance plane sur l’Europe. Un sentiment qui s’explique par un certain nombre de causes.

Mais cette frilosité à l’égard de l’Europe ne date pas d’aujourd’hui et les anglais qui ont aujourd’hui décidé de quitter le navire de l’Union en savent quelque chose. Les précisions de Frédéric Clavert, professeur d’histoire à l’université du Luxembourg, spécialisé dans l’Europe du XX e siècle.

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Margaret Tatcher incarne cette euroscepticisme avec son célèbre “I want my money back” et illustre la complexité  de la relation entre la Grande Bretagne et l’Europe. Mais la France aussi à différentes étapes de la construction européenne a montré des signes de réticence comme l'explique Frédéric Clavert.

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Trois jours après la France, les Pays-Bas avaient d’ailleurs eux aussi  rejeté en 2005 le projet de traité Constitutionnel européen. Cet épisode de 2005 n’est pas anodin. Il a contribué en tout cas en  France à renforcer ce sentiment de défiance à l’égard de l’Europe et de ses institutions. Explications de Frédéric Clavert. 

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Au delà de ce déficit de confiance entre peuple et élites d’autres raisons conjoncturelles ont contribué à faire progresser l’euroscepticisme. De la crise financière à la crise migratoire, Nathalie Brack, professeur au collège d'Europe à Bruges nous propose un tour d’horizon des  causes qui ont nourri l’euroscepticisme en Europe ces dernières années. 

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En revanche, contrairement à ce que certains prédisaient le Brexit n’a pas servi la cause des eurosceptiques. L’imbroglio autour de la décision des britanniques a plutôt freiné les grands partis eurosceptiques dans leur volonté de quitter l’Union européenne. Le PVV hollandais de Geert Wilders ou le RN de Marine Le Pen  ne réclament plus aujourd’hui  ni Nexit, ni Frexit.

On le voit, le fossé entre les citoyens européens et les élites se creuse. Cet euroscepticisme s’est aussi ancré autour de  la crise financière ou de la crise migratoire.
Mais quelle incidence cette progression de l’euro scepticisme peut elle avoir sur la composition du futur parlement européen?

Toutes les raisons que l’on vient d’évoquer sont autant d’arguments qui pourraient bien faire  le jeu des candidats eurosceptiques à la fin du mois de mai. Si on prend le cas de la France, la République en marche est au coude à coude avec le  Rassemblement national.

Et la France n’est pas un cas isolé. Partout en Europe, des partis eurosceptiques gagnent des sièges au Parlement européen. Ils représentent aujourd'hui plus du quart des eurodéputés. Mais leur fragmentation est telle qu'ils n'ont au final pas beaucoup de pouvoir. C’est ce que nous dit Nathalie Brack, auteur du livre "L'euroscepticisme au sein du parlement européen" aux éditions Promoculture, Larcier.

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A moins de trois semaines des élections européennes certains tentent malgré tout un rapprochement. C’est le cas du Premier ministre national-conservateur hongrois Viktor Orban qui a reçu hier à Budapest le patron de l'extrême droite italienne, le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini. Les deux hommes ont annoncé vouloir engager une "coopération" après les européennes autour d'une ligne anti-immigration.

Existe-t-il une identité européenne ?

Le dossier du jour

À l'approche des élections européennes, zoom sur les caractéristiques de la citoyenneté européenne. Existe-il une identité européenne ?

Entre le 23 et 26 Mai, plus de 300 millions de citoyens de l’Union européenne sont appelés à désigner leurs représentants au sein du Parlement de Strasbourg. A l’heure où l’Union européenne est en crise, nous nous interessons aux caractéristiques de cette citoyenneté européenne, existe t il une identité européenne?

Pour comprendre, nous avons posé à la question à de jeunes citoyens de l'Union européenne. Elena est allemande, David est portugais. Que signifie pour eux être européen ? Anne Kerléo leur a posé la question.

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Le programme Erasmus qui permet à des jeunes, d’étudier ou de se former dans un autre pays européen, a connu un véritable succès. Onze pays participaient au lancement d'Erasmus en 1987. Aujourd'hui, les 28 pays membres de l'Union ont rejoint le programme, qui s'est même étendu à des pays hors de l'Union européenne, comme la Turquie ou l'Islande. Pour Emmanuel Tuchscherer, spécialiste de l’Europe,  Erasmus est une fabrique de l’identité européenne..  

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Emmanuel Tuchscherer est l’ auteur du livre “L’Europe en héritage : la génération Erasmus à l’heure des choix” aux éditions L’Harmattan. Ce sont les jeunes français qui sont les principaux bénéficiaires d’Erasmus. L’an dernier 85 409 étudiants ont quitté la France pour partir étudier à l'étranger grâce à ce programme.

Mais si les voyages permettent de  façonner cette identité européenne, cela reste tout de même encore réservé aux privilégiés. C’est ce que pense Dorota Dakowska Maître de conférences en Science politique à l'Institut d'Etudes Politiques de Strasbourg, Membre du Groupe de Sociologie Politique Européenne

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Erasmus contribue à forger une unité européenne comme d’autres symboles : le drapeau, l’hymne, ou encore la devise.  En latin cela donne, "In varietate concordia", unité dans la diversité.  Et c’est peut être cette devise qui permet de percevoir les contours de ce qui pourrait modeler cette identité européenne : Jean-Marc Ferry,  philosophe et professeur titulaire de la chaire “Philosophie de l’Europe” à Nantes revient sur le sens de cette devise..

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On ne naît pas européen, on doit le devenir. C’est le sens de cette devise européenne? Une appartenance qui s’acquiert au fil du temps et qui ne se substitue pas  aux identités nationales mais qui vient les enrichir et doit permettre à l’Union européenne d’avancer.

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Dans un contexte d’Europe en crise on le voit les programmes ou symboles ne semblent pas suffir à ancrer ce sentiment d’appartenance à l’Union européenne. Mais qu’est ce qui pourrait permettre de forger cette identité ? 

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Selon un sondage BVA  réalisé en mars, 56% des Français se sentent citoyens de l’Union européenne. Leur opinion à l’égard de l’Union européenne est plus partagée : 48% en ont une bonne opinion et 43% une mauvaise opinion. Enfin, seuls 33% des Français sont optimistes pour l’avenir de l’UE.

Quel avenir pour la civilisation européenne ?

Quel avenir pour la civilisation européenne ?

En ce 9 mai, jour de la fête de l'Europe et dans la perspective des élections au Parlement de Strasbourg nous nous interrogeons sur les fondements et la pertinence du projet européen.

Le collège des Bernardins à Paris propose un colloque le 15 mai de 10h30 à 20h : quel avenir pour la civilisation européenne?
Détails et programme ici


 

Le Royaume-Uni : Entre élections européennes et Brexit

Le dossier du jour

Dans notre série de dossiers consacrés à l'Europe, nous partons au Royaume-Uni, pris en étau entre le Brexit et les élections européennes.

Faute d’accord sur le Brexit, les britanniques vont devoir aller voter pour élire leurs députés européens. Outre-Manche, les britanniques commencent à saturer, qu'ils soient pro ou anti-Brexit et aimeraient bien passer à autre chose. Alexander Seale journaliste freelance à Londres s’est confié à Naomi Levannier :

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Ces élections européennes interviennent peu de temps après les élections locales qui ont eu lieu le 2 Mai dernier dans la plupart des provinces d'Angleterre et en Irlande du Nord, des élections qui ont été un camouflet pour les deux grands partis traditionnels, les conservateurs et les travaillistes. Alors la campagne électorale qui vient de s’organiser à la hâte pour les élections européennes ne passionne pas les foules. Les britanniques sont d’ailleurs bien partis pour bouder les urnes le 23 Mai.  Elvire Fabry, chercheuse à l'Institut Jacques Delors spécialiste du Brexit au micro de Naomi Levannier :

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Nigel Farage, ancienne figure du parti pro-Brexit Ukip a créé son propre parti et fait largement la course en tête dans les sondages. Il récolte 27% d'intentions de vote. Un grand nombre de députés hostiles à l'UE devraient donc représenter les Britanniques à Bruxelles.

Les élections européennes auront bien lieu au Royaume-Uni le 23 mai et ce même si les députés adoptent un accord pour le Brexit d’ici là.  Et pour cause : même si un compromis était trouvé, le processus législatif ne pourrait être terminé à temps, c’est à dire avant la date légale du scrutin le 23 mai. En attendant la pression s’accroît sur les épaules de Theresa May comme nous l’explique Patrick Martin Genier , enseignant à Sciences Po Paris et à l’Inalco, spécialiste des questions européennes, auteur de "L’Europe a-t-elle un avenir ?" , publié aux éditions Studyrama.

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Alors évidemment pour l’Union européenne ce scénario rebat les cartes. Puisque les britanniques n’étaient pas censés participer aux élections européennes. Et forcément cela rajoute de la confusion à la confusion, car l’Union européenne avait prévu d’organiser ce scrutin  sans la participation des britanniques. La conséquence aurait été une baisse du nombre d'eurodéputés dans la future assemblée de Strasbourg. De 751 ils devaient passer à 705. Les 73 sièges britanniques laissés vacants devaient, pour une partie d'entre eux, être redistribués à d'autres pays comme la France. Il était prévu que les 46 sièges restant soient «gardés en réserve» en prévision de futurs élargissements.

Mais la participation des britanniques aux élections européennes va entraîner un jeu de chaises musicales et une situation ubuesque, comme l'explique Patrick Martin Genier.

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En attendant, la première session plénière du nouveau Parlement est prévue le  2 juillet prochain. Theresa May espère pouvoir voter l'accord de retrait avant cette date.

L'annonce d'une réforme de la PAC inquiète les agriculteurs

L'annonce d'une réforme de la PAC inquiète les agriculteurs

Dans notre série de dossiers consacrés à l'Europe, nous nous intéressons aujourd'hui au fonctionnement de la PAC, la Politique Agricole Commune qui devrait être réformée prochainement.

On s’intéresse ce matin à l’une des plus anciennes politiques communes de l’Union, la PAC, la politique agricole commune dont les orientations devraient changer et le budget baisser après le renouvellement du Parlement de Strasbourg. La politique agricole  est l’une des premières réalisations concrètes de la  politique commune européenne. Mise en place en 1962, elle a un double objectif : permettre l’indépendance des Etats membres et la sécurité alimentaire des peuples. Les explications de  Lucien Bourgeois, économiste spécialiste des politiques agricoles et alimentaires, membre de l'académie d'agriculture au micro de Naomi Levannier.

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La PAC a longtemps été encadrée par une  politique de quotas agricoles définis au niveau européen, et ventilés ensuite par pays puis par exploitation agricole. Ces quotas ont disparu en 2015. Les pays et les exploitations  agricoles sont désormais en concurrence frontale pour trouver des débouchés à leurs produits agricoles.  Sur le plan des aides la PAC s’articule autour de deux piliers : Il faut distinguer les aides directes aux agriculteurs des aides au développement rural.

Les aides directes aux agriculteurs représentent les trois quart du budget européen. Elles ne sont pas conditionnées au volume produit, mais à la surface de l’exploitation. Concrètement, ces subventions  représentent en moyenne 267 euros par hectare, ce qui constitue dans certaines filières la première source de « revenus » de l’exploitation.

En France, 91 % des exploitations touchent une aide de la PAC, avec un montant moyen de 27 000 euros. Quant à l’aide  au développement rural, elle ne représente qu’un quart du budget européen. Elle permet de soutenir des projets de développement, l’aide à l’installation de jeunes agriculteurs ou de financer des projets de reconversion, notamment en bio.  Pour Lucien Bourgeois ces aides privilégient la quantité à la qualité et ne sont pas adaptées :

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La qualité de l’agriculture c’est l’un des enjeux de la réforme à venir de la PAC. Une réforme qui est d’ailleurs bien loin de faire l’unanimité chez les paysans. Bruxelles envisage en effet de donner aux États membres une plus grande marge de manœuvre quant à l’attribution des aides aux agriculteurs. Jusque là, le premier pilier, c’est à dire les aides directes aux agriculteurs étaient pilotées par Bruxelles, tandis que le “second pilier”, les aides au développement durable étaient réparties par les gouvernements.

A l’horizon 2021, la Commission européenne souhaite que les États membres et les régions décident de l’essentiel de la répartition des subventions européennes à l’agriculture. Une « renationalisation » de la PAC en quelque sorte vivement décrié par le principal syndicat agricole en France. Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.

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Rappelons que la France qui perçoit environ 9 milliards d’euros pour la période 2014-2020 est le premier bénéficiaire de la PAC. On le voit cette réforme de la PAC constitue pour beaucoup un recul, une sorte de retour en arrière qui privilégierait une définition nationale des politiques agricoles.  Autre point noir de cette réforme le budget : La réforme envisage de baisser d’environ 15% les aides directes aux agriculteurs. L’enveloppe annuelle de la France passerait ainsi de 9,4 à 8,5 milliards d’euros dans la prochaine PAC. La baisse des subventions risque de fragiliser un nombre croissant d’exploitations agricoles, notamment familiales. Christiane Lambert ne cache pas son inquiétude..

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On le voit avec cette réforme c’est la nature même de cette politique agricole commune qui risque d’être remise en cause.  Pour Lucien Bourgeois, membre de l'académie d'agriculture, ce qu’il manque pour redéfinir la PAC, c’est un objectif qui serait commun aux agriculteurs comme aux consommateurs :

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Et si pour Lucien Bourgeois la santé pourrait être un objectif de la PAC, la présidente de la FNSEA estime pour sa part que la PAC doit viser un triple objectif économique sociale et environnementale.

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La  France compte aujourd’hui 450 000 exploitations contre 1,6 million en 1970.

Vis ma vie d'eurodéputé

Le dossier du jour

À l'approche des élections, nous poursuivons notre série de dossiers consacrée à l'Europe, avec un reportage sur la façon dont travaille une eurodéputée au quotidien.

Dans moins de dix jours, le 26 Mai, les Français sont appelés aux urnes pour élire les députés qui siègeront au Parlement européen. Un scrutin qui ne passionne pas les foules notamment parce que l’on méconnaît le rôle des députés européens. Justement en quoi consiste leur mission ? 

751 députés ont pris place dans le parlement européen il y a 5 ans, le 25 mai 2014. Mais à quoi ressemble le quotidien d’un eurodéputé ? C’est ce qu’à voulu savoir Jordan Muzyczka de RCF Alsace. Il a suivi Marie Christine Vergiat qui connaît parfaitement les rouages du Parlement de Strasbourg où elle vient de siéger 10 ans. Députée pour la gauche unitaire en europe et pour la gauche verte nordique elle a été élue pour la première fois en 2009… Aujourd’hui, elle  décidé de ne pas se représenter pour un troisième mandat…

Un mot pour terminer  de la rémunération des députés européens : Ils touchent un salaire de 6 825 euros net par mois. A cela il faut ajouter une indemnité de  320 euros par jour de présence. Ils disposent également de 4 513 euros par mois pour couvrir leurs « frais généraux » en plus des voyages pris en charge, et de 24 943 euros par mois pour employer des assistants parlementaires. C’est deux fois et demie l’enveloppe d’un député de l’Assemblée nationale.

Monseigneur Hollerich : « Si nous voulons la paix en Europe et dans le monde, alors les élections sont très importantes »

Le Grand Invité

​À deux jours des élections européennes, nous recevons le président du Comité des épiscopats de l’union européenne et archevêque du Luxembourg, Mgr Jean-Claude Hollerich.

pourquoi a-t-on besoin de l'europe ?

Dimanche 26, « c’est un peu l’avenir de l’Europe qui va se jouer » pour Mgr Hollerich, qui estime que les partis populistes ont un agenda qui vise à « déconstruire l’Europe », sans en voir la complexité de ses problèmes. Des formations populistes qui ont montré leur « vraie face » après le scandale autrichien. Malgré tout, ils pourraient séduire un certain nombre de catholiques. Mgr Hollerich explique que, même si ces partis utilisent des « symboles chrétiens » leurs programmes sont à l’opposé des valeurs chrétiennes.  

Sans donner de consigne de vote aux chrétiens, Mgr Hollerich appelle tout de même à « réfléchir » avant de voter, estimant que dans cette élection se joue « l’avenir de nos enfants » et de l’Europe. L’archevêque du Luxembourg ajoute que si certaines critiques faites à l’UE sont justifiées, une Europe sans union favoriserait les tensions entre États, évoquant notamment les différences de point de vue entre la France et l’Italie sur la question libyenne. Sans l’Europe nous « retournerions à des antagonismes qui s’élargiraient » entre des États uniquement nationaux.

La paix est fragile en Europe, explique Mgr Hollerich, qui tient également à rappeler qu’il est en faveur de l’Europe car elle a une « action pour le bien commun » et que la « paix est vraiment le plus important que les hommes puissent avoir » et qu’il faut éviter des tensions qui puissent devenir des « conflits armés ».  

L’archevêque du Luxembourg veut insister sur le « soft power » de l’Europe. Malgré une faible force de frappe sur le plan militaire, l’UE cherche en permanence à négocier des accords lors de conflits internationaux : « L’Europe n’a pas ces tendances des Etats-Unis, de la Chine, de la Russie à faire une politique uniquement géostratégique ».

Mgr Hollerich est inquiet de la forte abstention annoncée : « Les partis populistes arrivent très bien à mobiliser leurs électeurs », contrairement aux partis traditionnels. Dans ce contexte, l’archevêque du Luxembourg tient à rappeler que si le vote est un droit, l’Europe est aussi une « responsabilité collective ».

l'accueil des migrants

En visite sur l’île de Lesbos où se trouve un camp de migrants, Mgr Hollerich a été « choqué » par ce qu’il a vu : « des femmes, des enfants » qui sont dans des situations de « grande fragilité ». Il souligne que la Grèce « manque d’infrastructures » pour accueillir dignement les migrants.

C’est pour lui l’une des principales critiques que l’on peut faire à l’Union Européenne :   « on oublie les plus pauvres » à la fois dans nos pays et « aux portes de l’Europe ». Sur les politiques migratoires, « On a laissé l’Italie et la Grèce seules avec le problème » pour l’archevêque du Luxembourg, qui estime que la politique de l’Europe « n’est plus chrétienne » dans ce domaine.
 

« On ne veut pas d’immigrés mais on ne fait pas de politique de justice sociale envers les pays d’où proviennent ces immigrés »

 
Malgré ces travers, l’Europe reste « la meilleure réponse possible », une UE qui permet d’éviter un chômage encore plus élevés et des écarts entre riches et pauvres encore plus importants selon Mgr Hollerich. L’archevêque déplore cependant une politique libérale qui a signé l’abandon des mesures sociales.

Il estime qu’il faut « faire plus pour que les gens voient que l’Europe est de leur côté », et demande aux institutions européennes de résoudre les problèmes « qui ont provoqué les populismes ». Dans un contexte de « profond changement de civilisation », il faut « préparer l’avenir », selon Mgr Hollerich.

Dans une lettre rédigée avec des évêques d’autres diocèses d’Europe de l’Ouest, Mgr Hollerich et ses confrères appellent l’Europe à accomplir sa « mission d’unité ». Les évêques déplorent la tentation de « revenir en arrière » et de « refaire les frontières ».
Pour Mgr Hollerich, si une partie du vote catholique va à l’extrême droite, ce que les autres partis « n’écoutent plus les électeurs catholiques ».

Il ajoute « Parfois c’est difficile de se sentir, comme catholique, à l’aise en politique » du fait du manque de considération des positions catholiques. Aujourd’hui « le monde politique a besoin de chrétiens engagés » et de « fonctionnaires catholiques qui travaillent dans les institutions européennes ».

Quel est le rôle des chrétiens dans le projet européen ?

Le dossier du jour

La place des chrétiens a toujours été importante dans le projet européens, et ce dès les origines de l'UE, à la fin de la seconde guerre mondiale.

​Dernière ligne droite avant les élections européennes dimanche. Nous poursuivons notre série de dossiers consacrée à l’Europe en nous intéressant au rôle et à la place des chrétiens dans le projet européen.

Dimanche 26 mai, les électeurs français sont appelés aux urnes pour désigner leurs représentants au Parlement.  A cinq jours du scrutin les partis politiques jettent leurs dernières forces dans une campagne qui ne passionne pas les foules. Mais qu’en pensent les chrétiens ? Quelle vision ont ils de l’Europe ? Naomi Levannier est allée leur poser la question.

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Le projet européen né sur les cendres de la deuxième guerre mondiale avait justement à coeur de rapprocher les peuples, de construire la paix. À l’origine du projet européen il y avait une aspiration des peuples à s’unir dans les différences, à renforcer leurs coopérations en vue du bien commun. Un contexte, une histoire qui rendent la vocation spirituelle de l’Europe incontestable.

C’est ce que nous dit Mgr Antoine Hérouard, évêque auxiliaire de Lille et Président de la commission des affaires sociales de la COMECE, la Commission des Episcopats de l’Union européenne.

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En tout cas, depuis le début, l’Eglise à travers la voix des papes successifs appuient le projet européen. Au lendemain de la guerre, Pie XII voit l’Europe comme un projet au service de la paix. En 1964,Paul VI décrète Saint-Benoît patron de l’Europe. Il y aura ensuite d’autres figures chrétiennes pour incarner l’Europe, nommées par Jean Paul II :  Cyrille et Méthode, évangélisateurs des slaves, Catherine de Sienne, Brigitte de Suède et Thérèse Bénédicte de la Croix.

Et si les papes défendent l’Europe ils n’hésitent pas également à la secouer, avec en toile de fond, la question des racines chrétiennes de l’Europe. Jean-Paul II avait dès 1982 lancé un appel au renouveau de l’Europe. ”Retrouve-toi toi-même. Sois toi-même. Découvre tes origines. Avive tes racines” avait t il déclaré depuis Saint-Jacques-de-Compostelle.

En 1988, le même Jean Paul II avait, devant le Parlement européen, incité l’Europe à reprendre son “rôle de phare dans la civilisation mondiale”. Pour Benoît XVI, les valeurs chrétiennes constituent l’âme du continent et doivent demeurer comme un “ferment” de civilisation dans l’Europe du troisième millénaire. Et puis à quelques semaines de ces élections européennes le pape François a appelé l’Europe "à ne pas perdre la conscience des bénéfices apportés" par la construction européenne. Toutes les prises de parole de l'Église rappellent l’importance de la personne humaine dans le projet européen. Une dimension qu’avait d’ailleurs rappelée avec force le pape argentin en 2014, devant les députés européens à Strasbourg :

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L’Église catholique a fait du respect de la dignité humaine un enjeu majeur de la campagne européenne, avant les élections de dimanche. Les évêques de la COMECE ont multiplié les rencontres avec les candidats. La Commission des Episcopats de l’Union européenne est elle pour autant un lobby ? La réponse de Mgr Hérouard :

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Rappelons que la Commission des Episcopats de l’Union européenne est composée d’évêques délégués par les conférences épiscopales des États membres de l’Union européenne. Elle possède un Secrétariat permanent à Bruxelles.  Les chrétiens ont un rôle à jouer dans la construction européenne, mais pour le Père Olivier Poquillon, secrétaire général de la Comece, l’Eglise a aussi une responsabilité.

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Le père Olivier Poquillon incite les chrétiens à aller voter dimanche et il n’est pas le seul. Les évêques de France tout comme Le Conseil d’Églises chrétiennes en France appellent les fidèles à ne pas négliger leur rôle de citoyens lors de l’élection européenne du 26 mai et à voter en adéquation avec leurs convictions.