Dossier - Hommage à Jean Vanier

© Pablo PORLAN/CIRIC - 27 Septembre 2014 : Jean VANIER, lors de la fête des 50 ans de l'Arche, "50 ans de fraternité". Place de l'Hôtel de Ville à Paris (75) France.

Les obsèques de Jean Vanier seront célébrées jeudi 16 mai à 14 heures : la cérémonie sera retransmise en direct sur RCF. Retrouvez ci-dessous notre programmation spéciale consacrée à Jean Vanier.

Jeudi 16 mai à 14h, suivez en direct la messe de funérailles, commentée par Laurent Dominici et Toni Paoli, de la communauté de L'Arche.
PODCAST / RÉÉCOUTE

À l'issue de la cérémonie, Élise Le Mer anime une émission spéciale en direct de Trosly-Breuil. Elle recueille le témoignage de personnes ayant connu Jean Vanier ou qui se sentent proche de L'Arche et de sa spiritualité.

► PODCAST / RÉÉCOUTE

 


©Image CIRIC - Jean Vanier en 2012

 


• Édition spéciale Jean Vanier
Mardi 7 mai de 12h30 à 13h, par Étienne Pépin, Pauline de Torsiac et Melchior Gormand - Émission "Ça fait du bien"
Une émission spéciale pour rendre hommage au fondateur de L'Arche, avec des sons d'archives et des interviewes de personnalités.
INVITÉE : Laurence Rahmaoui, responsable des communautés de L'Arche en région Auvergne-Rhône-Alpes et en Franche-Comté
► PODCAST / RÉÉCOUTE

• Le responsable de L'Arche en France, Pierre Jacquand rend hommage à Jean Vanier
Mercredi 8 mai à 8h10, par Stéphanie Gallet  - Émission "Le Grand Invité"
Pierre Jaquand, reponsable national de l'Arche en France réagit après la mort de Jean Vanier dans La Matinale RCF
► PODCAST / RÉÉCOUTE

• Jean Vanier : les auditeurs de RCF témoignent
Mercredi 8 mai de 9h à 10h, par Anne Kerléo - Émission "Le Temps de le dire"
Une émission interactive : réagissez pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.
INVITÉS : Anne Beau-Reder, responsable de la communauté de la communauté de L'Arche à Lyon ; Philippe de Lachapelle, directeur de l'Offiche chrétien des personnes handicapées (OCH)
► PODCAST / RÉÉCOUTE

 

Mort de Jean Vanier, fondateur de l'Arche

Fondateur de la communauté de L'Arche, Jean Vanier s'est éteint dans la nuit du 6 au 7 mai à l'âge de 90 ans. Il avait consacré sa vie à l'accueil des personnes handicapées.

Mort de Jean Vanier, fondateur de l'Arche - Fondateur de la communauté de L'Arche, Jean Vanier s'est éteint dans la nuit du 6 au 7 mai 2019 à l'âge de 90 ans. Il avait consacré sa vie à l'accueil des personnes handicapées.
> Cliquez ici pour consulter notre dossier spécial

 

"Chers amis, nous avons la grande tristesse de vous annoncer le décès de Jean Vanier. Jean s’est éteint paisiblement aujourd’hui mardi 7 mai à 2h10 à Paris entouré de quelques proches. Ces derniers jours, tout en restant très présent, il avait rapidement décliné." 

 

Ce message publié sur le site de la communauté de L'Arche annonce la mort de son fondateur, qui était hospitalisé depuis le 18 avril dernier. Jean Vanier aura profondément marqué par la force et la simplicité de son message : l'accueil inconditionnel des personnes porteuses de handicap. Ses nombreuses prises de parole incitaient, toujours avec douceur, à changer de regard sur la fragilité, celle de l'autre et celle que l'on porte en soi.

"Je me sens profondément en paix et dans la confiance. Je ne sais pas de quoi mon futur sera fait, mais Dieu est bon et quoiqu’il arrive, ce sera pour le mieux. Je suis heureux et dis merci pour tout. Du fond du cœur, mon amour pour chacun de vous." Ce sont parmi les dernières paroles de Jean Vanier. Ses funérailles seront célébrées dans l'intimité le jeudi 16 mai à 14 heures.
 

"Une immense fécondité"

Jean Vanier avait fondé en 1964 les communautés de L'Arche, qui accueillent des personnes ayant un handicap mental. Il avait aussi fondé avec Marie-Hélène Matthieu en 1971 le mouvement Foi et Lumière, des communautés de rencontres qui se tissent autour de personnes handicapées mentales.

"Nous connaissons tous la place de Jean dans l’histoire de L’Arche et de Foi et Lumière ainsi que dans l’histoire personnelle d’un très grand nombre d’entre nous. Jean a eu une vie d’une immense fécondité. Nous voulons d’abord rendre grâce pour cela", peut-on lire sur le site de L'Arche, qui propose à chacun de déposer un message ou un témoignage.

La secrétaire d'État chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, a déclaré ce matin sur Twitter garder "le souvenir de son humanisme et de son action résolue pour donner toute leur place aux plus vulnérables au cœur de la cité".
 

 

"Au revoir Jean Vanier". L'association À Bras Ouverts, qui accueille des jeunes porteurs d'un handicap le temps d'un week-end ou d'un séjour, a publié ce mardi un message sur sa page Facebook

Au revoir, Jean Vanier. 
Merci de nous avoir appris à accueillir à bras ouverts le plus faible, le plus fragile, le plus vulnérable.
Merci de nous avoir appris que cette vulnérabilité est un trésor, à mettre au cœur de nos vies.
Merci de nous avoir appris à trouver la vraie Joie, celle qui est sans artifices et qui vient directement du cœur.
Aujourd’hui nous sommes tristes, mais nous continuerons de vivre de cette Joie !

 

Vie de Jean Vanier

Jean Vanier naît le 10 septembre 1928 à Genève. Fils de diplomate - son père fut gouverneur général du Canada de 1959 à 1967 - il passe son enfance entre la France et l'Angleterre. À l'âge de 13 ans, il s’engage dans la Marine Royale Britannique pour démissionner en 1950. Il a alors 22 ans, il est animé par une profonde quête spirituelle et se tourne vers des études de philosophie et de théologie. Pour répondre à son désir de devenir prêtre, il rejoint la communauté de l’Eau vive. Devenu enseignant, il est profondément marqué par sa rencontre, en 1963, avec des personnes porteuses d'un handicap.

► ÉCOUTER | Jean Vanier raconte sa première rencontre avec des personnes handicapées [ARCHIVE DU 25.01.2018]

00:00

00:00

 

S'il aime enseigner - "j'aimais la recherche du vrai, ça me passionnait" - Jean Vanier est à la recherche d'autre chose : "Je savais que ce n'était pas ça". En août 1964, il s'installe à Trosly-Breuil (Oise) avec Raphaël et Philippe, deux orphelins malades et handicapés. Il partage avec eux une vie simple. C'est à ce moment qu'il ressent "une certitude intérieure" que c'est là "[sa] place". 

► ÉCOUTER | JEAN VANIER décrit sa "certitude intérieure" au moment de fonder l'Arche [ARCHIVE DU 25.01.2018] 

00:00

00:00

 

Malaise au sein de la communauté de l'Arche

Si Jean Vanier s'est installé à Trosly-Breuil ce n'est pas par hasard : à la fin de l'année 1963, il a rendu visite au dominicain Thomas Philippe alors aumônier du Val Fleuri. Une institution qui accueille des hommes avec un handicap mental. Cette rencontre avec le dominicain a certes été décisive dans la vie de Jean Vanier, elle jette toutefois aujourd'hui le trouble sur la communauté.

Thomas Philippe a en effet été mis en cause récemment dans un documentaire diffusé sur Arte en mars 2019, "Religieuses abusées, l'autre scandale de l'Église" de Éric Quintin et Marie-Pierre Raimbault. Documentaire dont la rediffusion a été interdite dernièrement par la décision d'un tribunal allemand, et qui révélait au grand public des soupçons déjà connus depuis plusieurs années. Jean Vanier était-il au courant des agissements du Père Philippe ? Quelle que soit la réponse, il appartiendra à chacun d'effectuer un discernement pour ne pas occulter la force et la beauté du message de Jean Vanier.

 

Frère Aloïs: "c'est la force de l'Évangile qui s'exprime dans cette belle vie de Jean Vanier"

Frère Aloïs, prieur de Taizé, réagit à la mort de Jean Vanier. Il exprime sa "reconnaissance" pour le message que celui-ci a voulu incarner, que "la fragilité humaine n'est pas un obstacle".

Mort de Jean Vanier, fondateur de l'Arche - Fondateur de la communauté de L'Arche, Jean Vanier s'est éteint dans la nuit du 6 au 7 mai 2019 à l'âge de 90 ans. Il avait consacré sa vie à l'accueil des personnes handicapées.
> Cliquez ici pour consulter notre dossier spécial

 

"C'est une grande reconnaissance que je ressens pour sa vie donnée." Frère Aloïs, prieur de la communauté de Taizé, réagit à la mort de Jean Vanier au micro d'Étienne Pépin. Il raconte comment, alors que celui-ci était hospitalisé, il répétait "Jésus est bon".

 "Jean Vanier donne un sens très noble à ce mot : humilité"

 

"Un message essentiel pour aujourd'hui"

Pour Frère Aloïs, le message que n'a cessé de dire Jean Vanier est "un message essentiel pour aujourd'hui, où nous voyons seulement la réussite dans la performance". Selon lui, Jean Vanier allait "à contre-courant" de cela et nous disait combien au contraire "la fragilité humaine n'est pas un obstacle, ni pour la communion entre les êtres humains ni pour la communion avec Dieu". 

Les frères de Taizé, qui se sentaient "proches" de Jean Vanier et de son message, expriment par la voix de Frère Aloïs toute leur "reconnaissance" pour le message que le fondateur de L'Arche a su transmettre.
 

L'humilité de Jean Vanier

"Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort." (1 Co 1, 27) Cette phrase de la Bible, Jean Vanier avait coutume de la répéter. Pour Frère Aloïs elle exprime ce qui est au "cœur" de l'Évangile. "Jean Vanier donne un sens très noble à ce mot : humilité, qui est une force." Pour le prieur de Taizé, c'est "la force de l'Évangile qui s'exprime dans cette belle vie de Jean Vanier !"
 

► ÉCOUTER | Frère Aloïs réagit à la mort de Jean Vanier

00:00

00:00

 

[Archive] Rencontre avec Jean Vanier

Grand Témoin

Pour rendre hommage à Jean Vanier, qui s'est éteint dans la nuit du 6 au 7 mai, RCF vous propose de réentendre son interview au micro de Thierry Lyonnet réalisée en 1998.

Mort de Jean Vanier, fondateur de l'Arche - Fondateur de la communauté de L'Arche, Jean Vanier s'est éteint dans la nuit du 6 au 7 mai 2019 à l'âge de 90 ans. Il avait consacré sa vie à l'accueil des personnes handicapées.
> Cliquez ici pour consulter notre dossier spécial

 

C'est à Trosly-Breuil (Oise) que Thierry Lyonnet a rencontré Jean Vanier en 1998. Il est le fondateur de L'Arche qui compte aujourd'hui plus de 150 communautés dans 37 pays. Un homme de plus d'1,90 qui était aussi grand que sa voix était douce et sa présence apaisante. Trosly-Breuil, c'est là où l'aventure de L'Arche a commencé. Quand, en 1964, il s'est installé avec Raphaël et de Philippe, tous deux orphelins et porteurs de handicap mental. Sur RCF, il raconte comment est né en lui le désir de vivre de l'Évangile et de répondre au "cri" des personnes handicapées.
 

Une enfance marquée par la guerre

Il a connu la déroute de juin 40 en France. L'enfance de Jean Vanier a été marquée par la guerre, il avait 12 ans quand lui et sa famille se sont "échappés de Bordeaux sur un contre-torpilleur anglais pour aller en Angleterre". Si ses parents étaient "profondément chrétiens", rien ne le prédisposait à consacrer sa vie aux personnes handicapées. "Je ne peux pas dire qu'il y avait une orientation profonde vers les personnes démunies."

C'est "progressivement" qu'il a compris ce que pouvait "impliquer" le désir de "vivre l'Évangile". Avec sans doute une première étape décisive lorsqu'il était encore officier de Marine. Jean Vanier a été "profondément remué dans un très très bon sens" par sa visite de la Maison de l'amitié, à Harlem. Une petite communauté de prêtres et de laïcs fondée par Catherine de Hueck Doherty, qui lança plus tard à Combermere (en Ontario) la communauté charismatique Madonna House.
 

une quête spirituelle intense

Porté par une soif spirituelle, Jean Vanier a quitté la Marine Royale Britannique en 1950 pour s'installer à L’Eau Vive, un centre de formation théologique et spirituel très en vogue après-guerre et qui vit passer de nombreux théologiens de renom. "Nous avons vécu une vie très pauvre, une recherche philosophique et théologique et une vie de prière." 

Situé dans l'Essonne, le foyer de L'Eau vive a été fondé en 1945 par les dominicains du Saulchoir (aujourd'hui lieu d'études de l'ordre). Sa rencontre avec le dominicain Thomas Philippe* alors directeur de L'Eau vive, le marque profondément. Le dominicain devenu son père spirituel lui a conseillé de se lancer dans un doctorat de philosophie, ce qui le conduira à enseigner à l'université de Toronto. En 1963, le Père Thomas est nommé aumônier du Val Fleuri, un centre où vivait une trentaine d'hommes porteurs d'un handicap mental.
 

Entendre le cri des personnes handicapées

Quand Jean Vanier se rend au Val Fleuri, pour retrouver Thomas Philippe et rencontrer les personnes handicapées qui y vivent, ce n'est pas sans appréhension : "Je suis venu inquiet, de quoi est-ce qu'on parlerait ? quel contact ? quelle communication ?" Il en ressortira "touché parce que chacun quelque part posait une question fondamentale : est-ce que tu m'aimes ? Est-ce que tu m'acceptes tel que je suis ? On sentait des hommes assoiffés de relation, de communication et d'amitié". Ce qui le frappe c'est aussi "leur souffrance évidente, on sentait aussi à travers leur visage et leur corps une autre question fondamentale : pourquoi suis-je comme ça ?" Il se souvient alors de cette phrase de saint Paul : "Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort." (1 Co 1, 27)

Interpellé par le handicap mental, Jean Vanier visite alors plusieurs hôpitaux psychiatriques. Il découvre comment sont prises en charge les personnes handicapées mentales dans notre pays dans les années 50. Il décrit  un monde "lugubre, douloureux et violent". Le jeune homme est ébranlé par "un cri primal" qu'il entend. Il est déconcerté, "à la fois j'avais touché la beauté de ces hommes en même temps l'horreur des hôpitaux psychiatriques à cette époque-là... Il y avait un sentiment que les personnes avec un handicap étaient des non humains, alors ça, ça m'a touché".

Le regard que Jean Vanier portera toute sa vie sur la fragilité puise à la fois dans cette révolte, dans ce "cri" qu'il entend, et le désir de vivre l'Évangile : plusieurs fois on le verra lavier les pieds des personnes handicapées. Un geste fort, à la suite du Christ, qui invite à placer la fragilité au cœur de nos vies, de nos relations aux autres, à soi et à Dieu.
 

 

*Nous tenons à préciser que cette émission a été réalisée avant les révélations concernant les abus du père Thomas Philippe, conseiller spirituel de Jean Vanier.

 

00:00

00:00

Mgr Gobilliard : Jean Vanier, "un homme d'une très grande paix"

Mgr Emmanuel Gobilliard réagit à la mort du fondateur de L'Arche. Ce dont il se souvient à propos de Jean Vanier, c'est d'abord "la douceur", "la paix" et "la joie" qu'il incarnait.

Mort de Jean Vanier, fondateur de l'Arche - Fondateur de la communauté de L'Arche, Jean Vanier s'est éteint dans la nuit du 6 au 7 mai 2019 à l'âge de 90 ans. Il avait consacré sa vie à l'accueil des personnes handicapées.
> Cliquez ici pour consulter notre dossier spécial

 

"Je me souviens d'un homme d'une très grande paix, très très fraternel, très présent à vous", confie Mgr Emmanuel Gobilliard. L'évêque auxiliaire de Lyon a bien connu le fondateur de L'Arche. Quand il était séminariste, il a été envoyé à Trosly-Breuil dans le foyer de Jean Vanier pour y être au service des personnes handicapées.
 

"une douceur très profonde"

Ce dont il se souvient à propos de Jean Vanier, c'est d'abord "la douceur", "la paix" et "la joie" qu'il incarnait. Ce que saint Paul décrit comme "le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité" (Ga 5, 22). "Tous ces adjectifs je les ai retrouvés chez Jean de manière très forte et très naturelle aussi." Jean Vanier nous a légué "un message très fort par rapport aux personnes handicapées", comment leur vulnérabilité révèle à qui veut bien les accueillir ses propres fragilités. 
 

Ce que Jean Vanier aura apporté à l'Église

Pour Mgr Gobilliard, Jean Vanier aura rappelé à l'Église le sens de ce verset de la Bible : "Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait" (Mt 25, 40). "Il a rappelé que l'Église se réalise dans le regard qu'elle porte aux plus pauvres, que la mission première de l'Église est de voir dans les plus pauvres une très grande richesse." 
 

Ce qu'il retiendra de Jean Vanier

Mgr Gobilliard gardera en mémoire "le regard" de Jean Vanier. Et aussi "son visage marqué par toutes les expériences qu'il a vécues : c'est-à-dire des expériences de compassion, de douceur, de proximité avec les pauvres... Regardez ses yeux : je crois y déceler les prénoms de ceux qu'il a accueillis au nom du Seigneur".
 

► ÉCOUTER |Mgr Emmanuel Gobilliard réagit à la mort de Jean Vanier au micro de Pauline de Torsiac

00:00

00:00

 

"Jean Vanier m'a aidé à aimer mon frère handicapé"

Emmanuel, dont le frère est accueilli au sein d'une des communautés de L'Arche, témoigne de la façon dont Jean Vanier l'a aidé à changer de regard sur le handicap.

Mort de Jean Vanier, fondateur de l'Arche - Fondateur de la communauté de L'Arche, Jean Vanier s'est éteint dans la nuit du 6 au 7 mai 2019 à l'âge de 90 ans. Il avait consacré sa vie à l'accueil des personnes handicapées.
> Cliquez ici pour consulter notre dossier spécial

 

"Il a sauvé notre famille." Emmanuel a un frère jumeau qui souffre de schizophrénie et qui est accueilli au sein d'une des 35 communautés de L'Arche en France. Avec émotion et reconnaissance il explique comment Jean Vanier l'a aidé à changer de regard sur le handicap. Il témoigne au micro d'Étienne Pépin.
 

Les communautés de L'Arche...

"Jean Vanier a offert à mon frère une vie communautaire, une vie de famille, une vie de foi extraordinaire qui lui a permis de s'épanouir." Emmanuel évoque toute l'"audace" qu'il a fallu pour imaginer ces communautés de L'Arche. Des "communautés incroyables" qui ont permis à son frère "de trouver une famille bis" et "un épanouissement". Son frère qui, à 50 ans, mène une vie "équilibrée" entre L'Arche et sa famille.
 

... Une réponse au désarroi des familles

"Mon frère a toujours été le baromètre de l'humeur de notre famille." Et lorsqu'on a un frère handicapé, "c'est aussi une révolte", confie-t-il, "on se dit que c'est pas le frère qu'on aurait aimé avoir". Si le handicap vient autant nous bousculer sans doute est-ceégalement parce que "on y est pas prêt dans notre société d'aujourd'hui, basée sur le rendement, la performance, la réussite professionnelle..."
 

Apprendre à aimer malgré le handicap

Auprès de Jean Vanier, Emmanuel a réussi peu à peu à changer son regard sur le handicap de son frère : il a apppris que "le handicap, il faut le comprendre, il faut l'intégrer, il faut vivre avec, il faut en tirer le meilleur et ouvrir son cœur à cette porte très très particulière, qui vous filtre la vie de façon très très singulière". Jean Vanier, lui qui "mieux que personne comprenait ces personnes porteuses de handicap", aura été pour Emmanuel et sa famille celui qui les aura "aidés à aimer" son frère.

 

► ÉCOUTER | Le témoignage d'Emmanuel

00:00

00:00

 

Hommage à Jean Vanier : les auditeurs de RCF témoignent

Le Temps de le dire

Jean Vanier avait dans le regard une façon de considérer chacun unique et important. Pour rendre hommage au fondateur de L'Arche, les auditeurs de RCF témoignent au micro d'Anne Kerléo.

Mort de Jean Vanier, fondateur de l'Arche - Fondateur de la communauté de L'Arche, Jean Vanier s'est éteint dans la nuit du 6 au 7 mai 2019 à l'âge de 90 ans. Il avait consacré sa vie à l'accueil des personnes handicapées.
> Cliquez ici pour consulter notre dossier spécial

 

"C'est une grande reconnaissance que je ressens pour sa vie donnée", a dit Frère Aloïs, le prieur de Taizé, réagissant à la mort de Jean Vanier. Survenue dans la nuit du 6 au 7 mai, elle a fait beaucoup réagir. Depuis mardi en effet, les témoignages de reconnaissance affluent et on mesure à leur densité la force de l'héritage laissé par Jean Vanier.

 

"Chaque personne était pour lui la plus importante au moment où il lui parlait"

 

Jean Vanier, "LE SENS DE LA PERSONNE"

Il a vécu durant 25 ans dans l'une des communautés de L'Arche, Philippe de Lachapelle se souvient notamment de la grande simplicté que manifestait Jean Vanier. En présence de personnalités, par exemple, il ne se précipitait pas vers "le préfet" ou "l'évêque" pour aller les saluer en premier.

"Chaque personne était pour lui la plus importante au moment où il lui parlait, c'était vrai pour la personne handicapée, c'était vrai pour l'assistant* un peu paumé qu'on pouvait avoir à ce moment-là, c'était vrai pour le préfet, c'était vrai pour l'évêque." Le directeur de l'OCH évoque "ce sens de la personne" qu'avait le fondateur de L'Arche, et "qui était dans son attitude, une attitude d'une grande proximité".
 

"Il m'a reconnu"

Un jour, Jérôme, accueilli au sein de la communauté de L'Arche à Lyon, a rencontré Jean Vanier, ce dont il avait très envie depuis longtemps. Rendez-vous avait été pris à Trosly-Breuil (Oise). Comme le raconte Anne Beau-Reder, la seule chose que l'on sait de cette rencontre c'est la remarque de Jérôme lorsqu'il est revenu : il a dit "il m'a reconnu". Pour la responsable de L'Arche à Lyon, cette phrase siggnifie : "il m'a reconnu au sens il a pleinement vu qui j'étais, il m'a accueilli dans ce que j'étais". 

"C'était sa grande force : de s'adresser et d'accueillir et de reconnaître chacun quel qu'il soit dans ce qu'il avait d'unique." Depuis six ans, Anne Beau-Reder dirige la communauté de L'Arche à Lyon, où vivent 70 personnes avec et sans handicap.

 

*Au sein de L'Arche, on parle des "assistants" pour désigner ceux qui accompagnent les personnes "accueillies" c'est-à-dire en situation de handicap. Les assistants peuvent être des salariés, des bénévoles, ou volontaires en service civique

 

Pierre Jacquand rend hommage à Jean Vanier

Le Grand Invité

Pierre Jacquand, responsable de L'Arche en France rend hommage à Jean Vanier, géant de la générosité, fondateur des communautés de L'Arche, lieux de vie au service des personnes handicapées.

Mort de Jean Vanier, fondateur de l'Arche - Fondateur de la communauté de L'Arche, Jean Vanier s'est éteint dans la nuit du 6 au 7 mai 2019 à l'âge de 90 ans. Il avait consacré sa vie à l'accueil des personnes handicapées.
> Cliquez ici pour consulter notre dossier spécial

 

C'est un géant de la générosité et de la fraternité qui nous a quittés. Jean Vanier aura consacré sa vie à servir les plus fragiles, les personnes porteuses de handicap. En fondant les communautés de L'Arche, mais aussi les groupes Foi et Lumière, avec Marie-Hélène Mathieu, il a porté un message universel. Les obsèques de Jean Vanier seront célébrées jeudi 16 mai à 14 heures, la cérémonie sera retransmise en direct sur RCF. "Ce sera une célébration joyeuse et simple, où les personnes les plus fragiles, les amis de Jean Vanier seront mis au cœur." C'est ce que nous dit Pierre Jacquand, le responsable de L'Arche en France, invité de Stéphanie Gallet.
 

Mort de Jean Vanier : La réaction de L'Arche en France

Jean Vanier est mort à l'âge de 90 ans, alors qu'il était hospitalisé à la Maison médicale Jeanne-Garnier à Paris. Les membres de L'Arche en France à travers leur responsable Pierre Jacquand se disent "émus, bouleversés mais pas surpris". Lundi soir, quelques heures avant sa mort, Pierre Jacquand était dans la chambre de Jean Vanier : "Nous voyions bien qu'il était paisible, dans l'accueil de ce qui allait venir pour lui, dans ce grand passage." 
 

Des Zones d'ombres dans l'histoire de L'Arche

Lors de la diffusion sur Arte du reportage "Religieuses abusées, l'autre scandale de l'Église", on a reparlé du dominicain Thomas Philippe : il était le père spirituel de Jean Vanier. Un prêtre prédateur ayant abusé de nombreuses jeunes femmes au sein de la communauté et dont les agissements étaient connus depuis 2015, comme l'explique Pierre Jacquand. "Les témoignages de ces femmes sont glaçants, donnent le vertige, dit-il, ce documentaire a élevé le niveau de conscience des communautés de L'Arche sur ce qui s'était passé."

Le directeur de L'Arche en France l'affirme avec fermeté : "Aujourd'hui nous sommes résolument aux côtés des victimes, nous allons monter une commission pour entendre les besoins qu'elles pourraient avoir à l'égard de l'Arche et essayer d'y répondre." Chacune des 150 communautés de L'Arche dans le monde vont être concernées par "un processus de révision de leur charte" et devront s'approprier "un protocole de signalement des abus". Pierre Jacquand ajoute : "Nous ne cèderons pas à la tentation de mettre ces événements, cette réalité de notre histoire sous le tapis, au contraire." 
 

LA SPIRITUALITÉ de Jean Vanier

Quand Jean Vanier fonde l'Arche en 1964, il est profondément "remué par l'injustice dont les personnes en situaiton de handicap étaient victimes dans les années 60 en France". C'est un cri qu'il entend alors. "Je crois que Jean a entendu ce cri, il a proposé à Raphaël et Philippe, les deux premières personnes accueillies à L'Arche de vivre une existence partagée fraternelle : nous prolongeons ce geste fondateur." Et cela depuis plus de 50 ans : en 2014, le cinquantenaire de L'Arche a été célébré dans les 150 communautés réparties dans 37 pays.

"Pour Jean tout homme est une histoire sacrée. Il faut rencontrer l'autre pour ce qu'il est dans ce qu'il est, et être dans l'écoute, dans l'accueil de la différence de chacun." Faire une place à la fragilité, c'était le credo de Jean Vanier. C'était surtout "son expérience" : comme l'explique Pierre Jacquand, "vivre avec les personnes avec un handicap, les personnes fragiles, nous amène à découvrir notre propre fragilité, le lieu de notre vulnérabilité profonde, le lieu aussi de nos blessures où passe la lumière". 

Ce qui se vit dans les communautés de L'Arche va "à contre-courant du monde dans lequel nous nous trouvons, qui cherche toujours à construire à partir de ce qui est fort, performant, efficace". L'Arche porte un certain regard sur le handicap, l'expérience que l'association propose de vivre est "exigeante". Et comme l'explique Pierre Jacquand, "nous essayons de bâtir un monde plus juste, un monde meilleur" en plaçant au centre la personne la plus vulnérable, la plus fragile. La spiritualité de Jean Vanier, on la trouve dans l'Évangile, la scène du lavement des pieds : une spiritualité du serviteur qui porte un message à vocation universelle.
 

 

"Merci Jean Vanier" : le message du pape François

"Merci Jean Vanier" : le message du pape François

Dans son avion de retour des Balkans, le pape François a réagi à la mort de Jean Vanier. "Simplement merci à lui et merci à Dieu de nous avoir donné cet homme au grand témoignage."

Mort de Jean Vanier, fondateur de l'Arche - Fondateur de la communauté de L'Arche, Jean Vanier s'est éteint dans la nuit du 6 au 7 mai 2019 à l'âge de 90 ans. Il avait consacré sa vie à l'accueil des personnes handicapées.
> Cliquez ici pour consulter notre dossier spécial

 

"Je voudrais expirmer ma gratitude pour son témoignage." Dans l’avion qui le conduisait à Rome, de retour des Balkans, le pape François a réagi à la mort de Jean Vanier, évoquant "un homme qui a su lire l'exigence chrétienne à partir du mystère de la mort, de la Croix, de la maladie, du mystère de ceux qui sont dévalorisés, mis au rebut dans le monde". Il a conclut son message par ces mots : "Simplement merci à lui et merci à Dieu de nous avoir donné cet homme au grand témoignage."

Le souverain pontife a également évoqué la question de l'interruption de grossesse pratiquée lorsqu'un handicap est décelé avant la naissance, déclarant que le message de Jean Vanier concerne aussi "ceux qui avant de naître, peuvent être condamnés à mort".

 

VOIR LA VIDÉO de KTO

 

Qui était Jean Vanier ?

Grand Angle

Le fondateur des communautés de L'Arche est mort mardi 7 mai. Christophe Henning et ses invités lui rendent hommage.

Mort de Jean Vanier, fondateur de l'Arche - Fondateur de la communauté de L'Arche, Jean Vanier s'est éteint dans la nuit du 6 au 7 mai 2019 à l'âge de 90 ans. Il avait consacré sa vie à l'accueil des personnes handicapées.
> Cliquez ici pour consulter notre dossier spécial

 

00:00

00:00

[Archive] À la recherche du trésor enfoui dans nos cœurs, avec Jean Vanier

Halte spirituelle, l'intégrale

"Être aimé dans sa faiblesse", cela provoque une joie d'être aimé pour ce que l'on est : il y a là toute la simplicité et la puissance du message que portait Jean Vanier.

Mort de Jean Vanier, fondateur de l'Arche - Fondateur de la communauté de L'Arche, Jean Vanier s'est éteint dans la nuit du 6 au 7 mai 2019 à l'âge de 90 ans. Il avait consacré sa vie à l'accueil des personnes handicapées.
> Cliquez ici pour consulter notre dossier spécial

 

Pour donner une image présentable, pour paraître fort, énergique, compétent, voire compétitif, nous vivons parfois à la surface de nous-mêmes. Et nous finissons par croire que ce que nous donnons à voir est ce que nous sommes. Or ce que nous sommes est souvent profondément enfoui en nous. Et c'est une véritable libération que de le découvrir.

En 2017, Jean Vanier était l'invité de Halte Spirituelle à l'occasion du Carême. Après l'annonce de son décès, RCF vous propose de réentendre son émission par Véronique Alzieu. Un témoignage saisissant de simplicité et de profondeur.
   

La peur, la grande question humaine

"J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché." (Gn, 3, 10) Dans la Genèse, Adam avoue à Dieu sa peur parce qu'il est nu : la nudité, pour Jean Vanier, est ici le symbole de notre faiblesse. De quoi a-t-on peur ? On a peur "de nos fragilités, de nos manques, nos vides".
 

Peur de l'autre, peur de soi

"C'est peut-être ça une des plus grandes peurs : que l'autre découvre ma faiblesse", dit Jean Vanier. Le désir d'être respecté, honoré, vu comme quelqu'un de bien, bien souvent nous constitue et fait partie de notre identité. Parfois on confond cela avec le besoin d'être aimé.
 

dans un monde compétitif, se découvrir tout autre

Dans un monde où l'on fait plus volontiers le pari de la force, de la compétitivité, il nous faut parfois vivre une épreuve pour comprendre les choses autrement. Mauvaise santé, rejet, perte de travail... Quand on subit une perte, cela nous amène à nous mettre sur un autre niveau. "Si je subis une perte et que quelqu'un m'aime et me respecte, je découvre autre chose." C'est l'exemple d'Ignace de Loyola, grand chef de guerre au XVe siècle en Espagne, qui a vécu un changement radical et profond à la faveur de l'épreuve de la maladie. "Être aimé dans sa faiblesse", cela provoque une joie d'être aimé pour ce que l'on est.

 

Émission enregistrée en mars 2017

 

Sur le même thème :

Les dossiers RCF