Doubs: les électeurs doivent choisir entre le FN et le PS

6 février 2015 Par

Éliminée au premier tour, l'UMP a mis du temps à arrêter sa position pour le second tour des législatives anticipées. Le parti d'opposition a finalement opté pour le "ni ni".

L’issue du scrutin de dimanche 1er février a créé un véritable séisme au sein de l’UMP. Les scénarios d'un duel PS/UMP ou d'une triangulaire avec le Front National étaient les plus probables. Or les électeurs de la 4ème circonscription du Doubs en ont décidé autrement. Le Front National représenté par Sophie Montel, déjà conseillère régionale, eurodéputé est arrivé en tête avec 32,6% des voix. Côté socialiste Frédéric barbier, suppléant de Pierre Moscovici, a pris la deuxième place avec 28,85% des suffrages. Charles Demouge le poulain de l’UMP ne sera pas au deuxième tour, il talonne pourtant le candidat socialiste avec 26,54 % des voies.

L'UMP divisée

Au lendemain du premier tour, de grandes figures du parti d'opposition comme Alain Juppé et Nathalie Kosciusko Morizet ont fait savoir qu'ils auraient voté PS s'ils avaient habité dans le Doubs pour faire barrage au Front National. Ce fut ensuite au tour de Nicolas Sarkozy, le président de l'UMP, d'appeler à bloquer le parti d'extrême droite, tout en laissant les "électeurs choisir librement". Mais finalement aucune des deux positions n'a été retenue par le bureau politique du parti qui a appelé à voter blanc ou à s'abstenir. 
Dans le Doubs Marcel Bonnot, député ump et président du pays de Montbéliard agglomération dénonce le "ni ni" accusant cette formulation de mettre au même niveau le parti frontiste et  le parti socialiste. Il réfute également la notion de front républicain car selon lui il faut  prendre conscience de la place qu’occupe aujourd’hui le FN.  Le parlementaire de droite considère que le local ce n’est pas le national. Il connait bien Frédéric Barbier le candidat socialiste. Si Marcel Bonnot devait voter sur la 4ème circonscription du Doubs, il voterait PS.  

Les pronostics avant le second tour

Les résultats de ce dimanche ne sont pas évidents à anticiper. Le Front National gagne du terrain, Sophie Montel déjà présente en 2012 a récupéré 13 points, dimanche dernier. Le Parti Socialiste, lui, en perdu 13.  Mais penser que l’intégralité de l’électorat socialiste a basculé vers le FN est un raccourci un peu simpliste. En revanche, il semblerait que les électeurs du Front National se soient plus mobilisés qu'aux précédents scrutins, et qu’à l’inverse ceux du PS ont déserté les urnes.
La gauche dispose en théorie d’une réserve de voix, celle qui ont été données au premier tour aux différents parti de gauche : Europe Ecologie Les Verts, Lutte Ouvrière, et Front de Gauche. Le tout représente près de 9 %.
A droite, moins de monde, l’UPR et le Parti de France ont des similitudes avec le FN mais ne représentaient que 2% des suffrages la semaine dernière.

L'abstention, grande inconnue 

L'enjeu du second tour est de savoir si les absentionnistes du premier tour se mobiliseront. Dimanche 1er février seuls 39,56% des électeurs sont allés voter. Cette semaine, le candidat socialiste a reçu la visite du Premier ministre Manuel Valls , et Bernard Cazeneuve , ministre de l’Intérieur histoire de remotiver les troupes. De quoi séduire, peut-être, quelques électeurs de droite. Le Front national est plus discret et satisfait d'être au second tour. Sophie montel l'espérait mais n’avait aucune certitude de faire partie du peloton de tête.

 

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