Ecologie : l'Eglise de France se mobilise

24 heures avant sa publication, la première encyclique sur l'écologie par un pape ayant déjà critiqué "la culture du déchet" a déjà révélé quelques uns de ses secrets, malgré elle.

Si l'encyclique du Pape est tellement attendue, c'est parce qu'en décembre se tiendra à Paris un rendez-vous crucial pour l'environnement : la Cop 21, conférence sur le climat organisée par les Nations Unies. François apporte donc sa pierre à l'édifice en définissant le rôle des chrétiens dans cette lutte contre le réchauffement climatique.
Comme il l’a dit lors de l'Angélus dimanche dernier, François va adresser cette encyclique à tous, croyants ou non, simple consommateur ou décideur politique ou économique avec une idée maitresse : "défendre la maison commune".
Un texte tellement attendu qu'en début de semaine, L'Espresso, un hebdomadaire italien, publiait ce que le Vatican qualifie désormais d'avant-projet, de version non définitive de l'encyclique, cassant du même coup l'embargo fixé pour les médias au jeudi 18 juin à midi. Une manoeuvre inédite dans l'histoire de l'Eglise qui a d'ailleurs forcé le Vatican à suspendre l'accréditation de Sandro Magister, l'un des plus grands journalistes spécialistes du Vatican à l'origine de la fuite.

De son côté, en attendant la publication officielle de "Laudato si", RCF vous propose toute la semaine les regards de chrétiens spécialistes de l'écologie.
 

La Conférence des Evêques de France prend part au débat

L'objectif de l'encyclique sera de convaincre les personnes de bonne volonté de s’engager dans une approche écologique durable de leur consommation et mode de vie.
Avec l'organisation de la Cop 21 à Paris, le message du pape sera d’autant plus relayé par l'Église catholique en France. Une Eglise de France qui se met au diapason en proposant justement sur son site Internet un dossier consacré à la problématique du climat. Estelle Grenon est coordinatrice à la Conférence des évêques de France sur les questions de la Cop21.

Un regard protestant

Martin Kopp est chargé du plaidoyer pour la justice climatique au sein de la Fédération luthérienne mondiale. Pour lui les religions ont une influence à assumer pour convaincre les décideurs.

L'environnement au coeur de la spiritualité

Depuis le protocole de Kyoto de 1997, les religions font entendre leurs voix sur la problématique du réchauffement climatique. C’est particulièrement le cas des églises chrétiennes. Plus que d’autres acteurs politiques, économiques ou associatifs, orthodoxes, protestants et catholiques sont sensibles aux questions environnementales du fait de leur rapport quasi charnel à la Création.
Fabien Revol est philosophe et théologien. Il coordonne la Chaire Sciences et Religions à l’Institut Catholique de Lyon. Il attend avec impatience l’encyclique du Pape.

Le 12 mai dernier, François prévenait les puissants qu'ils seraient jugés par Dieu s'ils ne respectaient pas l'environnement, dénonçant la culture du "déchet" et invitant chacun à procéder à son propre "recyclage". Pour le Pape, si l'Homme n'est pas Dieu, il a reçu la terre en héritage. Cette profession de foi, Jean-Marie Pelt, botaniste, écrivain, président de l'Institut Européen de l'Écologie et chrétien engagé, l’a fait sienne depuis tout petit. Il témoigne de ce lien consubstantiel entre nature et spiritualité.