Déconfinement : l'inquiétude de la reprise du travail

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La chronique Économie

jeudi 30 avril à 7h20

Durée émission : 3 min

Déconfinement : l'inquiétude de la reprise du travail

© Science in HD - Unsplash

​Alors que le déconfinement approche, les partenaires sociaux doivent rencontrer aujourd’hui Édouard Philippe pour échanger sur les modalités de reprise du travail.

Le Premier ministre, le patronat et les syndicats vont tenter de savoir comment remettre les Français au travail pour relancer l'économie, sans déclencher une deuxième flambée de l'épidémie, redoutée dans les hôpitaux. Edouard Philippe a fait du dialogue social « une condition impérative (…) pour permettre le retour au travail dans un cadre qui garantit la santé et la sécurité des salariés ». «Si les indicateurs épidémiologiques ne sont pas au rendez-vous, nous ne déconfinerons pas le 11 mai » ou alors « plus strictement », a-t-il d’ailleurs prévenu. Et il a demandé « avec insistance » aux entreprises de maintenir le télétravail autant que possible et de veiller à équiper les salariés en masques dans le cas contraire. Il y a plus de 11 millions de Français en chômage partiel, soit plus d’un salarié du privé sur deux.

LE DIALOGUE SOCIAL COMME PARTENARIAT

La reprise dépend beaucoup de l’état du dialogue social dans les entreprises avant même la crise sanitaire. C’est ce que montre une large enquête réalisée dans La Croix d’aujourd’hui par mes collègues Audrey Dufour, Jean-Claude Bourbon, Romain Subtil et Michel Waintrop. Si l’usine automobile Toyota de Onnaing, dans le Nord, a pu reprendre partiellement le travail dès la semaine dernière, c’est en partie grâce à une culture de l’échange qui existe depuis longtemps. Idem chez PSA Peugeot Citroën, qui a construit une culture du dialogue il y a sept ans, quand le groupe était mal en point. A contrario, le géant de la vente par internet Amazon, où le climat social est pour le moins tendu, s’est très vite retrouvé épinglé. Il est toujours compliqué de venir chercher les représentants du personnel en pleine crise. Si l’employeur voit le dialogue social comme une contrainte, cela se passe forcément plus mal que si c’est un véritable partenariat.

DES GUIDES METIERS

L’inquiétude sur l’avenir de l’entreprise et la perte de salaire en chômage partiel poussent parfois les salariés à accepter de revenir au travail. C’est notamment vrai dans les petites entreprises. Mais quelle que soit l’entreprise, si les salariés estiment que la réouverture s’effectue pour une logique de production à tout prix, cela ne passera pas. Des guides métiers, élaborés par les fédérations professionnelles et le ministère du Travail pour accompagner les réorganisations nécessaires au sein des entreprises, apportent un soutien bienvenu, mais près d’une trentaine sur soixante prévus reste encore à paraître. En réalité, c’est très compliqué. Car il faut s’adapter au plus près du terrain : les employeurs doivent étudier chaque situation de travail pour prendre des mesures adaptées, c’est un labeur de fourmi. Et certains chefs d’entreprise hésitent à repartir, même si le gouvernement les poussent, par crainte de voir leur responsabilité engagée en cas de problème. On le voit, l’équation est particulièrement complexe.
 

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Le présentateur

Vincent de Féligonde

Vincent de Féligonde est chef du service économique et social de La Croix. Il y a débuté sa carrière, puis a été correspondant des Echos en Allemagne, chef du service web, avant de revenir à La Croix pour en diriger les services international, puis économique. Sa passion : rendre intelligibles les grandes évolutions de l’économie @VdeFeligonde