La première basket 100 % végétale sera faite dans les Mauges

4 décembre 2019 Par

© 2019 RCF Anjou - Sans cuir ni plastique, la basket Wilo, fabriquée dans les Mauges, existe en cinq coloris.

La marque Wilo lance la première basket sans cuir ni plastique. En coton et latex, elle sera fabriquée par l'usine Acerti, au Longeron, choisie pour ses machines vieilles de plus de 50 ans.

La première basket 100 % végétale, sans cuir ni plastique, sera faite dans les Mauges. Elle sortira bientôt de l’usine d’Acerti, qui emploie neuf salariés au Longeron.

Cette usine revient de loin. Elle faisait des chaussures pour la marque Bionat, qui a fait faillite en 2017, entraînant la fermeture de l’usine.

Elle a ensuite été reprise par un groupement d’orthopédistes de toute la France, afin d’y fabriquer des chaussures sur mesure.

Coton déperlant et semelles en latex

En plus de cette activité, Acerti travaille aujourd’hui avec une dizaine de créateurs de chaussures haut-de-gamme, dont les Lyonnais de Wilo, qui lancent une basket 100 % végétale.

Très concentré sur sa machine, Jean-Michel colle la semelle d’une chaussure en cuir. Bientôt, il travaillera sur du coton, car la basket Wilo est 100 % végane, mais elle ne prend pas l’eau, assure Patrick Biron, le patron d’Acerti.

« D’une part, on utilise un coton qui est traité spécialement, explique-t-il. D’autre part, ces chaussures sont doublées, et l’assemblage se fait avec des colles latex qui assurent l’étanchéité. » Il a fallu 15 prototypes pour arriver à la version finale.

Des machines vieilles d'un demi-siècle

Pour la semelle, pas de plastique mais du latex, une matière naturelle : c’est du lait d’hévéa. Elle est faite en Isère par l’entreprise Reltex. C’est elle qui a conseillé à la marque Wilo de faire appel à l’usine du Longeron.

« L’intérêt de cette usine, c’est qu’on a des machines qui ont plus de 50 ans, mais qui sont encore très efficaces, souligne Patrick Biron. Elles nous permettent de faire des fabrications assez traditionnelles pour de l’industrie, qu’on ne trouve pas dans d’autres usines françaises. »

Même les lacets viennent des Mauges, puisqu’ils sont faits par la Société choletaise de fabrication, à Andrezé. Cette basket made in France a tout de même un coût : 225 euros la paire !

Chaussures durables et réparables

« Ça reste un produit assez haut-de-gamme, concède le patron, puisque ce sont des chaussures qui sont durables, sur lesquelles on va pouvoir changer les semelles, faire des réparations, donc ce ne sont pas des produits jetables de consommation courante. »

« C’est une clientèle particulière, reconnaît Patrick Biron, mais il y a une vraie place pour ces produits en France aujourd’hui. » Plus de 350 paires ont déjà été commandées. Le patron table sur une production de 1 200 paires par an, ce qui représente 10 % de l’activité de l’usine.

Ecouter le reportage :

00:00

00:00