ÉLECTION 2017 | Macron / Le Pen, les chrétiens s'interrogent

L'entre-deux-tours de l'élection présidentielle suscite de nombreuses réactions de la part des chrétiens. Si la Conférence des évêques de France a choisi de ne pas donner de consigne de vote précise, elle a rappelé les points fondamentaux sur lesquels discerner. La Fédération protestante de France (FPF) a choisi de faire barrage au Front National.

Présidentielle: pour Mgr Georges Pontier, "l’Eglise doit rappeler ce que la foi invite à prendre à compte"

Présidentielle: pour Mgr Georges Pontier, "l’Eglise doit rappeler ce que la foi invite à prendre à compte"

Faisant suite au communiqué publié par la Conférence des Evêques de France, Mgr Pontier a répondu à plusieurs questions afin de clarifier la position de l’Eglise sur la présidentielle.

Le président de la Conférence des Evêques de France prend personnellement la parole. Après le communiqué publié par la Conférences des Evêques de France, le 23 avril dernier, dans lequel la CEF rappelle notamment qu’elle ne donnera pas de consignes de vote, l’archevêque de Marseille a apporté plusieurs éclairages, sous forme de questions-réponses, afin de clarifier les choses.

Mgr Georges Pontier espère ainsi répondre à des questions "fréquemment entendues depuis le premier tour". Il revient en premier lieu sur l’absence de consignes de vote données par l’Eglise. Pour le président de la CEF, qui "comprend que l’on puisse être désorienté face à la tournure qu’ont pu prendre les débats", "dans un climat hystérisé", "le rôle de l’Eglise est de ne pas prendre parti pour l’un ou l’autre candidat, mais de rappeler à chaque électeur ce que notre foi nous invite à prendre en compte".

Alors que plusieurs évêques et mouvements catholiques ont accepté de prendre la parole un peu plus librement quant à leur vote du second tour, Mgr Pontier rappelle que "chaque évêque estime en son âme et conscience ce qu’il doit dire aux catholiques de son diocèse", mais que "les évêques doivent veiller sans cesse à l’unité du peuple de Dieu". Quant aux différents mouvements catholiques, ayant pris parti pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le président de la CEF rappelle que ces groupes "ne représentent pas l’institution, qu’ils ne représentent qu’eux-mêmes".

L’archevêque de Marseille en profite pour rappeler l’importance du vote, face à la tentation de certains pour l’abstention. "Il me paraît important de continuer à exercer sa responsabilité de citoyen", "même si la tentation de l’abstention peut se comprendre comme l’expression d’une grande insatisfaction". Le président de la CEF estime à ce sujet que "la responsabilité du citoyen est grande au second tour".

Mgr Pontier rappelle que cela fait 45 ans que la Conférence des Evêques de France ne donne plus de consignes de vote, que sa position actuelle n’est pas simple, mais qu’il "faut avouer que bien souvent, ceux qui nous en demandent souhaitent qu’on leur dise ce qu’ils ont envie d’entendre". L’archevêque de Marseille conclut son intervention en réaffirmant que la "belle devise de la France" est aujourd'hui entre les mains des électeurs.

Sr. Véronique Margron: ce "fondement évangélique" qui "ne rend pas possible les options extrêmistes"

À l'approche du second tour de l'élection présidentielle, la Corref a publié un communiqué pour rappeler quel est le "socle commun" des religieux, l'Évangile.

En ces jours d’élections capitales pour l’avenir de notre pays, nous, Conférence des Religieuses et Religieux de France (CORREF), nous nous sentons héritiers d’une tradition d’accueil de tout un-chacun - quelle que soit sa condition, sa religion ou sa nationalité -, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu.
Engagés à créer du lien entre les personnes et riches de la dimension internationale de nos Instituts, nous refusons de souscrire à toute logique de discrimination, de repli sur nous-mêmes, d’exclusion et de peur.

Communiqué de presse de la Corref, le 2 mai 2017

 

02.05.2017 | La Conférence des religieux et religieuses de France (Corref) vient de publier un communiqué, intitulé "Optons pour la fraternité, l’ouverture, l’hospitalité". Un texte publié pour "rappeler les enjeux fondamentaux de la vie ensemble", précise Sr. Véronique Margron, membre de la congrégation des Sœurs de la charité dominicaines de la Présentation, et présidente de la Corref.

 



 

la corref ne donne pas de consigne de vote

"Nous refusons de souscrire à toute logique de discrimination, de repli sur nous-mêmes, d’exclusion et de peur", est-il précisé dans le communiqué. La Corref, comme l'explique Sr. Véronique Margron, "n'a pas vocation à appeler pour l'un des candidats". Au sein du "peuple" des religieux, "chacun en conscience fera ce qu'il croit juste de faire".
 

Le fondement évangélique "ne rend pas possible des options extrêmistes"

 

un socle commun, l'Évangile

Avec ce communiqué, la Corref a voulu manifester son "souci" de rappeler quel est le "socle commun" des religieux et des religieuses. Socle qui "provient du fondement évangélique" et qui "ne rend pas possible des options extrêmistes, des options xénophobes, des options qui en effet sont basées sur la peur, sur le rejet d'une population par rapport à une autre".
 

Il ne s'agit pas "simplement d'aller voter mais aussi, au jour le jour, de tisser de la fraternité"

 

au quotidien tisser la fraternité

Sr. Véronique Margron rappelle également l'importance du vote, "une obligation morale dans une démocratie". Mais elle affirme, dans une société "profondément brisée, douloureuse", qu'il ne s'agit pas "pas simplement d'aller voter mais aussi au jour le jour, de tisser de la fraternité".
 

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Sr. Véronique Margron, interrogée par Pauline de Torsiac

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39 associations catholiques se mobilisent contre "la tentation du repli sur soi"

Pas moins de 39 associations et mouvements catholiques prennent aujourd’hui la parole en vue du second tour de l’élection présidentielle, "contre la tentation du repli sur soi".

Présidentielle : les chrétiens divisés sur le vote du second tour

Une prise de parole générale qui montre une fois encore que les chrétiens sont divisés sur la question du vote, au second tour de l’élection présidentielle. Trente-neuf associations et mouvements catholiques montent aujourd’hui au créneau à quelques jours du scrutin. Implicitement, le texte condamne le programme du Front National. Ce qui n'est évidemment pas une consigne de vote, mais qui ne laisse guère de doutes sur le choix du candidat.

Une position diamétralement opposée à celle de La Manif pour tous ! qui a notamment exprimé son opposition à Emmanuel Macron, au nom des principes de défense de la vie et de la famille, inscrits véritablement au cœur du dogme de l’Eglise catholique. Dans un communiqué publié mardi dernier, l'organisation a notamment déclaré ne pas vouloir donner de consignes de vote, tout en affirmant que "Macron, c'est non".

"Le refus de l'étranger est incompatible avec la fidélité à l'Evangile"

Le vote de ces 39 associations est quant à lui motivé par la volonté de trouver des solutions aux problèmes qui secouent la société française, par "l’ouverture, le dialogue et la participation de chacun pour construire ensemble une France et une Europe plus ouvertes et plus justes dans un monde de droit et de dignité".

Sans jamais citer, ni le nom d’Emmanuel Macron, ni celui de Marine Le Pen, ces mouvements, dans un texte publié  dans La Croix le 28 avril dernier et intitulé "Transformons la clameur du monde en espérance", appellent à prendre position contre "la tentation du repli sur soi". 

La liste des signataires :

Action catholique des enfants (ACE), Action catholique des femmes (ACF), Action catholique des milieux indépendants (ACI), Action catholique ouvrière (ACO), Apprentis d’Auteuil, Association des cités du Secours catholique, Comité chrétiens de solidarité avec les chômeurs et les précaires (CCSC), Centre de Recherche et d’Action sociale (CERAS), CCFD-Terre Solidaire, Centre Catholique des Médecins Français, Chrétiens dans le monde rural (CMR), Chrétiens dans l’Enseignement public, Chrétiens en Forum, Communauté Mission de France, Communauté Vie Chrétienne (CVX), Confrontations (Association d’intellectuels chrétiens), Délégation catholique pour la coopération (DCC), Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC), Ethique et Investissement, Etudes, Fédération française des Équipes Saint-Vincent, Fondacio, Instituts religieux et solidarité internationale (IRSI), Jeunesse étudiante chrétienne (JEC), Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), JRS France, Justice et Paix, Mission de la Mer, Mouvement chrétien des cadres et dirigeants (MCC), Mouvement chrétien des retraités (MCR), Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC), Ordre de Malte France, Pax Christi, Scouts et Guides de France, Secours catholique – Caritas France, Semaines sociales de France, Vicariat pour la Solidarité de l’archidiocèse de Paris, Vivre Ensemble l’Evangile Aujourd’hui, Voir Ensemble.

Les Eglises de Lyon dénoncent le FN "porteur d’un discours nationaliste dangereux"

Les Eglises de Lyon dénoncent  le FN "porteur d’un discours nationaliste dangereux"

Dans un communiqué les Eglises de Lyon mettent en garde - sans le nommer - contre le FN "un parti (...) porteur d'un discours nationaliste dangereux."

Le Front National n'est pas nommé clairement dans le communiqué, mais c'est bien du parti de Marine Le Pen dont il est question. "Un parti qui, historiquement a toujours été porteur d’un discours nationaliste dangereux dont la mise en œuvre serait désastreuse" rappelle les responsables des églises catholique, arménienne apostolique, orthodoxe grecque, anglicane, baptiste et de la fédération protestante de France. 
 

Pas de consigne de vote mais...

A Lyon "nos Églises sont aussi diverses que la société que nous formons" expliquent-ils, "une occasion féconde d’enrichir notre réflexion en nous ouvrant à l’échange, au débat, au partage…" Alors les responsables religieux mettent en garde les citoyens qui "peinent à trouver une motivation pour s’exprimer par leur vote lors du second tour de scrutin". Même s'ils ne souhaitent pas donner de "consigne de vote", les religieux rappellent qu'ils sont "et seront toujours clairement engagés pour que reculent les discriminations, les inégalités, la violence, la xénophobie et toutes les paroles de haine qui fracturent notre société."

Pierre Blanzat, pasteur de l'Eglise protestante unie de France à Lyon est l'un des signataires du texte:

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[LIRE] Le communiqué sur le site du diocèse de Lyon

Par ailleurs, le cardinal Barbarin a publié ce jeudi 4 mai 2017 une réflexion "Se préparer spirituellement à voter", un texte qui s'adresse plus particulières aux catholiques de son diocèse. Il indique 3 points importants "Qu’aucun catholique n’aille voter sans avoir pris un vrai temps de prière et humblement demandé la lumière de Dieu", mais aussi "Avant de voter pour un programme, nous sommes appelés à choisir  une personne.". Enfin il donne 7 critères qui peuvent guider le choix de chacun dans son vote. Des critères parmi lesquels la lutte contre le chômage, le respect de la vie dès son commencement ou encore la solidarité internationale.

[LIRE] Le texte du cardinal Barbarin

 

Discussions et débats chez les chrétiens

La situation du 2e tour, qui voit s'affronter le candidat d'En Marche ! et celle du Front National, provoque des débats et des discussions parfois vives parmi les électeurs chrétiens. Si la Conférence des évêques de France a rappelé des éléments de discernement, certains prêtres ou religieux ont individuellement pris clairement position contre le vote frontiste. Plusieurs responsables protestants ont aussi appelé à voter pour le candidat Macron.

[DOSSIER] Les chrétiens s'interrogent

Mgr Ricard: "aucun candidat n'incarne à lui seul l'idéal évangélique"

Mgr Ricard: "aucun candidat n'incarne à lui seul l'idéal évangélique"

Le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, livre ses réflexions pour aider au discernement en vue du second tour de la présidentielle, et des législatives à venir.

Présidentielle: le cardinal Ricard prend la parole

Dans un long communiqué publié sur le site du diocèse de Bordeaux, l'archevêque Jean-Pierre Ricard a choisi de livrer plusieurs de ses réflexions afin d'aider les lecteurs à discerner, en vue du second tour de l'élection présidentielle de dimanche prochain, et des prochaines élections législatives.

Le cardinal Ricard commence par rappeler tout d'abord que le contexte politique actuel est assez inédit. Le clivage droite-gauche ne veut plus dire grand chose. Et qu'il faut s'adapter face à cette évolution, qui déroute plus d'un électeur, qu'il soit chrétien ou non. 

 

Des éléments de fond pour discerner

A cinq jours du second tour de l'élection présidentielle, l'archevêque de Bordeaux propose une réflexion sur la situation politique française et livre des éléments pour aider les catholiques et plus largement les chrétiens au discernement. Il y rappelle l'importance de la recherche du bien commun et de la cohésion nationale, il invite à une véritable solidarité envers les plus pauvres, les migrants et les réfugiés en faisant de l'Europe un partenaire privilégié.

Mgr Ricard plaide également pour une Ecologie intégrale et rappelle l'importance de la Doctrine sociale de l'Eglise comme il milite pour le respect de la dignité de la personne humaine. Enfin, il met en avant la laïcité, c'est à dire la neutralité de l'Etat et le pluralisme dans l'espace public. Interrogé par Jean-Michel Petaux, du diocèse de Bordeaux, le cardinal Ricard précise sa pensée.

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Présidentielle: "l'Eglise doit parler, sinon on le lui reprochera!"

Présidentielle: "l'Eglise doit parler, sinon on le lui reprochera!"

Pour le p. Christian Delorme, du diocèse de Lyon, l’Église de France doit prendre position clairement sur le vote du 2e tour de la présidentielle. Et appeler à voter contre Marine Le Pen.

"Qui aurait imaginé cette situation il y a 20 ans? Qu'un parti d'extrême droite arriverait aux portes du pouvoir en France?" s'interroge le p. Christian Delorme, du diocèse de Lyon. Alors que le 2e tour de scrutin verra s'affronter Emmanuel Macron et Marine Le Pen, celui qu'on surnomme parfois "le curé des Minguettes" s'inquiète d'une possible victoire de la candidate du Front National. "Il ne faut pas jeter la pierre aux électeurs du FN, ce sont des gens en souffrance qui se sentent marginalisés et oubliés par (...) les nouveaux fonctionnements de l'économie mondiale." Mais rappelle le p. Delorme, avec une victoire du FN le risque est grand "de destruction des 70 années de construction de l'Europe."

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"L'église de france doit parler"

Après le 1er tour, la Conférence des évêques de France a publié un communiqué pour rappeler les élements de discernement avec le vote, mais sans appeler à voter pour ou contre un des deux candidats. "Cela montre que la CEF est divisée en son sein et que les évêques sont perdu."
Mais pour autant, est-ce à l'Eglise de donner une consigne de vote? "Bien sur on a souffert pendant des siècles de ce que l'Eglise nous disait ce qu'il fallait penser (...) mais là on est dans un risque d'effondrement de notre pays et de l'Europe!" Pour le p. Delorme "L'Eglise peut pas se taire ! Elle doit parler! Sinon on le lui reprochera, comme on lui a reproché d'autres silences après la guerre."

Mgr Pascal Wintzer: "Le Front National n'est pas un parti comme les autres"

Le Grand Invité

L'évêque de Poitiers a pris position contre le vote Le Pen au 2è tour. Mgr Pascal Wintzer répond aux questions de François Ballarin.

Si l'Eglise de France a rappelé après le 1er tour les éléments de discernement pour le prochain tour de scrutin présidentielle, elle n'a pas appelé clairement comme en 2002 à faire barrage au Front national. Pour Mgr Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers, on peut comprendre cette prudence. "Prendre une position par rapport à un choix politique c'est risquer de divisier les communautés chrétiennes."
 

"L'église peut rassembler des gens qui votent différement"

Pour autant, à titre individuel, Mgr Wintzer est clair: il ne votera pas pour Marine Le Pen, candidate du Front National. Une prise de position en dehors de l'assemblée dominicale, mais assumée dans les médias ou sur compte twitter."J'ai décidé de dire mon choix et les motivations pour lesquelles je ne peux pas voter FN. Mais je comprends qu'une telle prise de position peut heurter des catholiques qui ne comprennent pas qu'un évêque s'exprime dans ce domaine." Il ajoute " L'Eglise peut rassembler des gens qui votent différement."

 

"J'ai le sentiment (en écoutant les propos du FN) que la solution qui désigne des coupables - l'Europe, les migrants, l'oligarchie - et dire 'dégageons-les' est simpliste."

 

"la solution ne peut pas être simpliste"

Mais la réponse politique aux difficultés de la France est-elle celle de la fermture des frontières, du repli sur soir? "Nous vivons dans un monde interdépendant, rappelle l'archevêque de Poitiers, et les défis de la France sont les mêmes pour les autres pays". Le développement des pays du Sud engendre une "concurrence" et un échange de produits et de personnes entre pays. "C'est une réalité, comment y faire face?"

Pour Mgr Wintzer la solution ne doit pas être simpliste ni populiste. "J'ai le sentiment (en écoutant les propos du FN) que la solution qui désigne des coupables - l'Europe, les migrants, l'oligarchie - et dire 'dégageons-les' est simpliste." Il précise "C'est mon devoir de dire cela: le Front National n'est pas un parti comme les autres."
 

Mgr Marc Stenger: "Certains choix ne sont pas acceptables pour celui qui veut accéder à l'Evangile"

Rappelant que "la peur, la haine, le rejet, le mensonge, l'exclusion..." sont "l'opposé de l'Évangile", Mgr Marc Stenger a voulu rappeler "ce sur quoi il faut discerner" le 7 mai prochain.

Le 27.04.2017 | "Il s'agit de rappeler aux gens qu'au moment où ils décident de voter ça va avoir des conséquences." Le 26 avril dernier, Mgr Marc Stenger, évêque du diocèse de Troyes et président de Pax-Christi France, a exprimé publié un tweet qui a fait réagir beaucoup de chrétiens, compris comme un message appelant à voter contre Marine Le Pen.
 

 

"Ce sur quoi il faut discerner"

Ce jeudi 27 avril, Mgr Stenger s'est exprimé dans le Journal de Radio Vatican, diffusé sur l'antenne de RCF. Au micro d'Olivier Bonnel, il a expliqué que "certains choix ne sont pas acceptables pour celui qui veut accéder à l'Evangile." Au soir du premier tour de l'élection présidentielle, la Conférence des évêques de France avait publié un coommuniqué sans donner de consigne de vote. "Je ne pense pas avoir été en contradiction avec la CEF", confie l'évêque de Troyes. Son message a pour objectif de "rappeler ce sur quoi il faut discerner".
 

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Les propos de Mgr Marc Stenger, au micro d'Olivier Bonnel

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Le P. Matthieu Rougé observe des élections "difficiles pour beaucoup de chrétiens"

Au lendemain du 1er tour de la présidentielle, l'analyse du P. Matthieu Rougé, ancien aumônier des parlementaires.

Le 24.04.2017 | À l’issue du résultat du premier tour de l'élection présidentielle, la Conférence des évêques de France (CEF) a publié un communiqué pour aider au discernement des électeurs. Si elle ne donne pas de consigne de vote, la CEF redit l’importance du vote: acte citoyen, acte responsable dans une démocratie.
 

"Il ne faut pas sous-estimer le caractère difficile de ces élections pour beaucoup de chrétiens"

 

un 1er tour qui révèle les blessures de notre société

Pour le P. Matthieu Rougé les résultats de ce premier tour de l'élection sont avant tout le signe de "blessures" dans notre société. "À nouveau le Front National est au 2e tour, beaucoup de blessures de notre société, 15 ans après, n'ont pas été apaisées", regrette l'aûmonier.
 

la dignité de tout l'homme et de tout homme

Quant au choix que devront faire les électeurs, il doit être éclairé par le souci de la "dignité de la personne humaine dans toutes ses dimensions", explique l'ancien aumônier des parlementaires. "On ne peut pas s'enfermer dans une question et en même temps on ne peut pas négliger les questions les plus sensibles."
 

une élection "difficile" pour les chrétiens

Le prêtre invite les chrétiens à "se positionner en conscience". Il souligne la difficulté pour les chrétiens "Il ne faut pas sous-estimer le caractère difficile de ces élections pour beaucoup de chrétiens."
 

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L'interview du P. Matthieu Rougé, interrogé par Florence Gault.

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François Clavairoly: "Il faut faire barrage à la candidate du Front National, Marine Le Pen"

Au lendemain de la victoire de Marine Le Pen et d'Emmanuel Macron, le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France (FPF) a fait connaître sa position.

LE 24.04.2017 | Au lendemain de la victoire de Marine Le Pen et d'Emmanuel Macron au 1er tour de l'élection présidentielle, le pasteur François Clavairoly a fait connaître sa prise de position. "Nous sommes des hommes d'Eglise, mais nous sommes citoyens."
 

Faire barrage au FN

Pour lui, le choix est clair. Le président de la Fédération protestante de France (FPF) déclare qu'il "ne faut pas tergiverser". Selon lui, "il faut faire barrage à la candidate du Front National, Marine Le Pen". François Clavairoly explique ainsi sa prise de position: "Si on ne fait pas ce choix, quel message adressons-nous aux chrétiens? Quel message délétère insinuons-nous?"
 

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L'interview du pasteur François Clavairoly interrogé par Florence Gault

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Des "appels à la division"

Le 18 avril dernier la candidate du Front National avait déjà suscité l'émoi de la communauté protestante, en déclarant sur TF1: "Sous Richelieu c’est peut-être les protestants qui avaient des exigences qui allaient contre la nation." Dans un communiqué publié le 19 avril 2017, la FPF avait alors réagi en déclarant: "Ces propos sont irresponsables. Encore une fois l’extrême droite tient un discours qui ne peut qu'attiser la haine et justifier la violence. La FPF souhaite que les électeurs ne soient pas dupes de ces appels à la division."
 

"Les débats sur la famille ont polarisé les choses"

"Les débats sur la famille ont polarisé les choses"

Cette semaine Stéphanie Gallet et ses invités reviennent sur le 1er tour de scrutin à l'élection présidentielle.

Retour sur l'actualité de la semaine. Stéphanie Gallet et ses invités commentent la victoire d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen, la difficile mise en place du front républicain, les stratégies des deux adversaires et la décomposition du paysage politique français.
 

Le FN est-il devenu un parti comme les autres?

Finalement ce n’était une surprise pour personne, vue la relative indifférence dans laquelle s’est déroulé l’arrivée de Marine Le Pen au premier tour. Pour ceux qui se souviennent de 2012, le contraste est saisissant. On a beaucoup parlé de l'entreprise de "dédiabolisation" du FN: est-il devenu un parti comme les autres? "Non, répond Frédéric Casadeus, le FN n'est pas comme les autres, il reste différent par ses pratiques et son objectif. Le fond c'est quand même le rejet de l'autre."
De son côté, Anne Ponce (Pelerin) livre son analyse du vote FN "ça n'est pas un vote de protestation comme cela a pu l'être." Il faut donc s'intéresser aux électeurs, et la différence par rapport à 2002, c'est "qu'il est plus difficile aujourd'hui pour les gens qui n’ont pas leur candidat au 2e tour de voter Macron, que voter Chirac en 2002." Depuis Rome, on regarde cette élection avec une certaine inquiétude explique Monique Beaujard. Car la victoire du Front National pourrait remettre en cause la construction européenne. 
 

Faut-il donner une consigne de vote? 

Leur défaite annoncée, Benoît Hamon et François Fillon ont aussitôt appelé à voter pour Emmanuel Macron. Pour les autres c’est plus compliqué et le front républicain a bien du mal à s’imposer. Du côté des syndicats, à la différence de 2002 il n’y aura pas de défilé unitaire pour le 1er mai.

La Conférence des Evêques de France a publié un communiqué au soir du 1er tour, sans consigne de vote. "ça n’est pas très satisfaisant comme texte" dit François Euvé. "Les débats sur la famille ont polarisé les choses" regardons plutôt le programme rappelle-t-il, avant de poser une question: "Le  FN est-ce un parti fidèle à l’évangile?"

Auteure d’une tribune publiée sur La Croix, Monique Baujard explique que pour elle "les évêques ne donnent pas de consignes de vote, ils respectent la conscience de chacun." Pour autant, elle rappelle que certains évêques ont pris la parle individuellement pour expliquer pourquoi ils ne voteront pas pour Marine Le Pen.
Anne Ponce veut nuancer le propos "on voit ce que les éveques ont voulu faire, mais les gens dont les chrétiens ont besoin de parole claires." La journaliste a pris position dans l’edito du Pèlerin "On ne donne pas de consigne de vote" rappelle-t-elle  "j’ai beaucoup réfléchi, il y a des moments où il faut dire non. Et là, c’est le moment."

Voter Macron?  

Mais comment comprendre que certains électeurs refusent de voter pour Emmanuel Macron ? "On élit pas un monarque mais un président pour 5 ans, et le gouvernement relève du Parlement, rappelle François Euvé (Etudes), on élit un président pour 5 ans. Ensuite il va  y avoir des législatives, avec des débats sur les grandes questions. Or qui permet la tenue de ces débats? Quand on compare, là aussi il n'y a pas d'hésitation!

A la lecture du programme du candidat Macron, Frédéric Casadesus note "pour les protestants il y a une sorte de familiarité. On voit un candidat qui dit « le problème n’est pas la France mais le manque de confiance ». oui il est très libéral sur le plan économique mais il se veut protecteur sur le terrain social." Pour Frédéric Casadesus, si Emmanuel Macron s'inspire bien de l'Europe du Nord pour "tisser un filet de sécurité" il ne pourra pas l'appliquer pleinement en France, "il aura des aménagements.

Présidentielle: pour Mgr Georges Pontier, "l’Eglise doit rappeler ce que la foi invite à prendre à compte"

Présidentielle: pour Mgr Georges Pontier, "l’Eglise doit rappeler ce que la foi invite à prendre à compte"

Faisant suite au communiqué publié par la Conférence des Evêques de France, Mgr Pontier a répondu à plusieurs questions afin de clarifier la position de l’Eglise sur la présidentielle.

Le président de la Conférence des Evêques de France prend personnellement la parole. Après le communiqué publié par la Conférences des Evêques de France, le 23 avril dernier, dans lequel la CEF rappelle notamment qu’elle ne donnera pas de consignes de vote, l’archevêque de Marseille a apporté plusieurs éclairages, sous forme de questions-réponses, afin de clarifier les choses.

Mgr Georges Pontier espère ainsi répondre à des questions "fréquemment entendues depuis le premier tour". Il revient en premier lieu sur l’absence de consignes de vote données par l’Eglise. Pour le président de la CEF, qui "comprend que l’on puisse être désorienté face à la tournure qu’ont pu prendre les débats", "dans un climat hystérisé", "le rôle de l’Eglise est de ne pas prendre parti pour l’un ou l’autre candidat, mais de rappeler à chaque électeur ce que notre foi nous invite à prendre en compte".

Alors que plusieurs évêques et mouvements catholiques ont accepté de prendre la parole un peu plus librement quant à leur vote du second tour, Mgr Pontier rappelle que "chaque évêque estime en son âme et conscience ce qu’il doit dire aux catholiques de son diocèse", mais que "les évêques doivent veiller sans cesse à l’unité du peuple de Dieu". Quant aux différents mouvements catholiques, ayant pris parti pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le président de la CEF rappelle que ces groupes "ne représentent pas l’institution, qu’ils ne représentent qu’eux-mêmes".

L’archevêque de Marseille en profite pour rappeler l’importance du vote, face à la tentation de certains pour l’abstention. "Il me paraît important de continuer à exercer sa responsabilité de citoyen", "même si la tentation de l’abstention peut se comprendre comme l’expression d’une grande insatisfaction". Le président de la CEF estime à ce sujet que "la responsabilité du citoyen est grande au second tour".

Mgr Pontier rappelle que cela fait 45 ans que la Conférence des Evêques de France ne donne plus de consignes de vote, que sa position actuelle n’est pas simple, mais qu’il "faut avouer que bien souvent, ceux qui nous en demandent souhaitent qu’on leur dise ce qu’ils ont envie d’entendre". L’archevêque de Marseille conclut son intervention en réaffirmant que la "belle devise de la France" est aujourd'hui entre les mains des électeurs.

39 associations catholiques se mobilisent contre "la tentation du repli sur soi"

Pas moins de 39 associations et mouvements catholiques prennent aujourd’hui la parole en vue du second tour de l’élection présidentielle, "contre la tentation du repli sur soi".

Présidentielle : les chrétiens divisés sur le vote du second tour

Une prise de parole générale qui montre une fois encore que les chrétiens sont divisés sur la question du vote, au second tour de l’élection présidentielle. Trente-neuf associations et mouvements catholiques montent aujourd’hui au créneau à quelques jours du scrutin. Implicitement, le texte condamne le programme du Front National. Ce qui n'est évidemment pas une consigne de vote, mais qui ne laisse guère de doutes sur le choix du candidat.

Une position diamétralement opposée à celle de La Manif pour tous ! qui a notamment exprimé son opposition à Emmanuel Macron, au nom des principes de défense de la vie et de la famille, inscrits véritablement au cœur du dogme de l’Eglise catholique. Dans un communiqué publié mardi dernier, l'organisation a notamment déclaré ne pas vouloir donner de consignes de vote, tout en affirmant que "Macron, c'est non".

"Le refus de l'étranger est incompatible avec la fidélité à l'Evangile"

Le vote de ces 39 associations est quant à lui motivé par la volonté de trouver des solutions aux problèmes qui secouent la société française, par "l’ouverture, le dialogue et la participation de chacun pour construire ensemble une France et une Europe plus ouvertes et plus justes dans un monde de droit et de dignité".

Sans jamais citer, ni le nom d’Emmanuel Macron, ni celui de Marine Le Pen, ces mouvements, dans un texte publié  dans La Croix le 28 avril dernier et intitulé "Transformons la clameur du monde en espérance", appellent à prendre position contre "la tentation du repli sur soi". 

La liste des signataires :

Action catholique des enfants (ACE), Action catholique des femmes (ACF), Action catholique des milieux indépendants (ACI), Action catholique ouvrière (ACO), Apprentis d’Auteuil, Association des cités du Secours catholique, Comité chrétiens de solidarité avec les chômeurs et les précaires (CCSC), Centre de Recherche et d’Action sociale (CERAS), CCFD-Terre Solidaire, Centre Catholique des Médecins Français, Chrétiens dans le monde rural (CMR), Chrétiens dans l’Enseignement public, Chrétiens en Forum, Communauté Mission de France, Communauté Vie Chrétienne (CVX), Confrontations (Association d’intellectuels chrétiens), Délégation catholique pour la coopération (DCC), Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC), Ethique et Investissement, Etudes, Fédération française des Équipes Saint-Vincent, Fondacio, Instituts religieux et solidarité internationale (IRSI), Jeunesse étudiante chrétienne (JEC), Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), JRS France, Justice et Paix, Mission de la Mer, Mouvement chrétien des cadres et dirigeants (MCC), Mouvement chrétien des retraités (MCR), Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC), Ordre de Malte France, Pax Christi, Scouts et Guides de France, Secours catholique – Caritas France, Semaines sociales de France, Vicariat pour la Solidarité de l’archidiocèse de Paris, Vivre Ensemble l’Evangile Aujourd’hui, Voir Ensemble.

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