En Irak, les mines de Daesh privent de retour les habitants

8 septembre 2016 Par Blaise Fayolle

© Maison détruite dans la plaine de Ninive en Irak crédit Florence Gault

Fraternité en Irak lance un appel aux dons pour financer le déminage en Irak. Daesh a abandonné certaines positions mais a piégé les villages, rendant impossible le retour des habitants.

En Irak, deux ans après sa fulgurante offensive, l'organisation Etat islamique connait une série de revers notables. Près de 5 500 peshmergas ont lancé une opération militaire fin mai pour récupérer les villages kakaïs et chrétiens contrôlés depuis août 2014 par les djihadistes dans la plaine de Ninive. L'offensive a permis de libérer plusieurs villages. Mais, les habitants n'ont toujours pas pu retourner vivre sur leurs terres car les villages sont entièrement minés. Daech a piégé les routes, les maisons et même les champs. Or, sans déminage, pas de reconstruction possible.

Un mois minimum pour déminer un village

Fraternité Irak lance donc, jeudi 8 septembre, un appel aux dons pour financer le déminage de quatre villages kakaïs et deux villages chrétiens. Cette première étape dans le déminage va permettre de former des démineurs locaux, kakaïs et chrétiens, afin qu’ils puissent dépiéger d’autres localités de la plaine de Ninive quand celle-ci sera libérée. Envisager la reconstruction de cette plaine peut sembler prématurée alors que Mossoul n'est pas tombée et que les djihadistes demeurent dans la région. Mais pour Faraj-Benoit Camurat, président de Fraternité en Irak, le déminage prend beaucoup de temps, il faut donc commencer au plus vite.

"Pour déminer les quatre villages kakaïs et les deux villages chrétiens, il faut plus de six mois, et six mois, c'est très rapide pour les spécialistes du déminage", détaille Faraj-Benoit Camurat. Il poursuit : "Nous avons pour objectif de commencer par les petites poches déjà libérées dans la plaine de Ninive, pour que les démineurs soient présents sur place puis continuer vers Qaraqoch, Karemlesh, Bartella, Ba'ashiqah, des villages qui abritaient des yézidis, des chrétiens et d'autres minorités.

Former les populations au déminage

Le président de Fraternité en Irak insiste aussi sur la formation des populations locales. "Les spécialistes du déminage doivent connaître les techniques employées par Daesh, mais il est  aussi très important qu'ils forment des chrétiens et des habitants au déminage." Faraj-Benoit Camurat précise que le contrat passé avec l'ONG spécialisée dans le déminage comprend déjà un accord pour la formation de 15 personnes. Cela permettra d'augmenter la capacité de travail et In Fine de dépiéger la plaine de Ninive", achève le président de Fraternité en Irak.

Depuis la fin du mois de mai, 12 personnes sont mortes à cause de ces mines alors qu’elles venaient récupérer leurs affaires et vérifier l'état de leur maison. Le budget pour le déminage des six premiers villages est de 330 000 €. Sur ce budget global, Fraternité en Irak a besoin de récolter 150 000 €. Pour soutenir Fraternité en Irak, rendez-vous sur leur site.

Le témoignage de Faraj-Benoit Camurat

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