En Maine-et-Loire, un nouveau site pour voir si ça vaut le coup d'installer des panneaux solaires chez soi

5 juin 2019 Par

Le syndicat d'énergies de Maine-et-Loire vient de lancer In Sun We Trust. Ce site permet d'estimer le potentiel de sa toiture pour voir si ça vaut le coup d'installer des panneaux solaires.

Savoir en quelques clics si cela vaut le coup d’installer des panneaux solaires chez soi. C’est ce que propose le syndicat intercommunal d’énergies de Maine-et-Loire (SIEML), grâce au site internet In Sun We Trust, lancé début juin 2019. Il permet de connaître le potentiel de sa toiture et de voir si c’est rentable d’y installer des panneaux.

Un cadastre solaire

Il suffit de rentrer l’adresse de sa maison et une carte s’affiche, avec sa toiture vue du ciel, en dégradé, du jaune au noir, selon son potentiel d’ensoleillement. « Ça va dépendre de la latitude, de l’inclinaison de la toiture, de l’orientation du bâtiment… explique Adrien Tuffereau, chef de projet énergies renouvelables au SIEML. La configuration optimale, c’est un bâtiment orienté plein sud et une toiture inclinée à 37°. » Le site prend même en compte l’ombre que font les arbres et bâtiments voisins sur la toiture.

Cela permet d’estimer le potentiel de production énergétique du bâtiment, qu’il s’agisse de chaleur ou d’électricité. Cette production ne se limite pas aux moments de grand soleil. « Sur les panneaux thermiques, qui permettent de chauffer l’eau, on a une production assez régulière, puisqu’ils captent beaucoup plus la chaleur diffuse, donc on n’a pas forcément besoin d’avoir plein soleil pour produire de la chaleur, explique Adrien Tuffereau. En revanche, sur le photovoltaïque, le soleil direct va être beaucoup plus important. Le capteur va pouvoir produire de l’électricité même avec un rayonnement diffus, par exemple avec une faible couverture nuageuse, mais dès qu’on va avoir un rayonnement direct, c’est vraiment là qu’on aura la plus grosse production. »

Rentabilité sur vingt ans

Le site propose de lui-même la surface optimale de la toiture à équiper, mais on peut faire le test avec plus ou moins de surface. « Donc là, on a un curseur qui permet de mettre moins de panneaux, ou plus de panneaux, sachant que l’outil va toujours privilégier les parties du toit les mieux exposées, montre Adrien Tuffereau, et on voit en direct tout le bilan économique et énergétique qui évolue. » A chaque fois, le site estime le coût d’installation et les revenus issus de la vente de l’électricité, et il calcule ainsi les gains attendus sur vingt ans. C’est le temps que dure un contrat de revente à EDF, ou un autre fournisseur. C’est aussi la durée de la garantie de la plupart des panneaux solaires.

On peut aussi choisir de consommer soi-même son électricité mais ce n’est pas forcément le plus rentable. « Cela dépend du profil de consommation, explique Adrien Tuffereau. On va voir que sur le résidentiel, on va beaucoup consommer le matin et le soir, ce qui ne correspond pas forcément à la production photovoltaïque, qui est la plus élevée à midi et la plus faible le matin et le soir. De manière générale, ce sont quand même plutôt les immeubles de bureaux ou les grandes surfaces, tous les bâtiments qui ont vraiment une consommation électrique en journée, où l’autoconsommation est la plus intéressante. » Dans ce cas, le surplus de production est tout de même revendu.

Sept artisans référencés

Si on est convaincu de l’estimation et qu’on décide de s’équiper de panneaux, le site propose alors sept artisans de confiance dans un rayon de 100 kilomètres. « Il y a eu des audits auprès de leurs clients pour vérifier que leurs installations fonctionnent, et ils ont tous signé une charte d’engagement et de qualité, précise le chargé de projet. Ils n’ont pas payé pour être référencés, par contre ils versent un pourcentage à l’entreprise In Sun We Trust (créatrice du site internet) pour chaque chantier obtenu grâce au site. » Avant de lancer les travaux, ils devront vérifier que la toiture est bien capable de supporter le poids des panneaux. Le site signale même s’il faut demander l’avis de l’Architecte des bâtiments de France, si on se trouve dans un secteur où le patrimoine est classé.

Le Choletais et le Segréen ne sont pas couverts pour le moment par le site In Sun We Trust, ce sera le cas dès l'automne 2019. Aujourd’hui, l’Anjou produit 110 MégaWatts grâce aux panneaux solaires. Le SIEML veut multiplier cette production par six d’ici à 2050. Cela permettrait d’alimenter 220 000 foyers en électricité, soit plus de la moitié de la population.