L'abolition de la peine de mort, au coeur de l'écologie

Présentée par UA-139183

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lundi 28 septembre à 9h05

Durée émission : 3 min

L'abolition de la peine de mort, au coeur de l'écologie

© Denis, Wikimedia Commons

Etre écologiste ce n'est pas seulement réduire son empreinte carbone, c'est aussi changer de regard sur ses frères et sœurs… c’est donc être contre la peine de mort.

Etre écologiste, ce n'est pas seulement réduire son empreinte carbone

Je voudrais insister sur la nécessité pour les écologistes de penser l’Homme. Etre écologiste ne consiste pas uniquement à réduire son empreinte carbone, mais aussi à changer de regard sur ses frères et sœurs… c’est-à-dire tout ce qui vit.

 

Résurgence du débat sur la peine de mort 

Avec douleur j’ai pu constater la résurgence du débat sur la peine de mort, constatant qu’un français sur deux serait favorable à son rétablissement. Pourtant le jour du 17 septembre 1981, jour de son abolition grâce au projet de loi porté par le socialiste Robert Badinter, est une des journées qui à mon sens, a fait le plus honneur à notre démocratie au XXe siècle.
Ce combat ne date pas d’hier. En 1908 le grand Jaurès disait déjà : « la peine de mort est contraire à ce que l’Humanité depuis 2000 ans à penser de plus haut et rêver de plus noble. Elle est contraire à la fois à l’esprit du christianisme et à l’esprit de la Révolution. » Et comme continuait M. Badinter : « il n’y a jamais, jamais été établi une corrélation quelconque entre la présence ou l’absence de la peine de mort dans une législation pénale et la courbe de la criminalité sanglante. Seule pour la peine de mort on invente l’idée que la peur de la mort retient l’Homme dans ses passions extrêmes… ce n’est pas exacte ! […] la mort et la souffrance des victimes est un terrible malheur. Mais la peine de mort n’appelle pas la mort de manière nécessaire et impérative : une autre mort, une autre souffrance. […] Aussi odieux soit l’acte, il n’est point d’homme dont la culpabilité soit totale et dont il faille désespérer totalement. La justice humaine par définition est faillible ». 

De même, le Pape François lorsqu’il a modifié sur ce sujet le catéchisme de l’Eglise catholique estimait à juste titre que la peine de mort ne peut soulager les victimes mais uniquement « attiser la vengeance […] car elle nie la dignité humaine ».

Pour moi, être écologiste c’est prendre en considération l’histoire propre de chacun. Si j’avais eu l’histoire de quelconque criminel, qui me dit que je n’aurai pas fait comme lui par désespoir pour m’arracher de ma misère ? par folie psychologique ? par sentiment d’abandon ? Je ne peux le savoir. Je ne peux me poser en moralisateur.

Penser que tout être a un avenir, au-delà de ses fautes

De plus, aucune légitimité démocratique qui soit ne peut donner le droit à l’Etat de tuer. La peine de mort s’ancre en effet dans une réflexion systémique large. C’est en construisant des écoles (alors que les professeurs travaillent dans des conditions de plus en plus difficile) que l’on ferme des prisons, comme l’enseignait Hugo. Etre écologiste c’est donc aussi chaque jour chercher à changer son regard, c’est aider ceux qui n’ont rien à espérer, à vivre debout. C’est donc maintenir l’abolition de la peine de mort. C’est maintenir l’Esprit contre les passions, il s’agit de comprendre sans justifier, de prendre du recul plutôt que de sur-réagir. C’est penser que tout être à un avenir au-delà de ses fautes.

Pour aller plus loin : Lire ou écouter le discours de Robert Badinter sur l'abolition de la peine de mort

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Le présentateur

Adrien Louandre

Militant écologiste, diplômé en histoire, Adrien Louandre a 25 ans. Il vit à Amiens où il est animateur de réseau de solidarité. Il a représenté la France au pré-synode des jeunes en 2018.