Les marches pour le climat

Présentée par PR-6623

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La chronique Écologie

mardi 11 septembre 2018 à 7h20

Durée émission : 3 min

Les marches pour le climat

​Ce samedi plus de 100 000 Français ont marché pour le climat.

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Les citoyens ont chanté qu’ils étaient chauds, plus chauds que le climat ! On était 100 à 150 000 en France, 10-15 000 à Lyon où j’étais, on peut certes pas parler de raz de marée, mais pour un mouvement parti de Facebook, et qui s’est organisé en quelque jours c’est beaucoup ! c’est vraiment pas anecdotique. Et c’est ce côté spontané, hors institutions, que je trouve significatif, c’est ce qu’il faut en retenir.

Les gens étaient appelés à venir avec comme slogan, la phrase qui les met en mouvement. Alors tout le monde est venu avec sa petite pancarte maison, avec des phrases sur le climat, mais aussi sur la biodiversité, j’ai vu « où sont passés les papillons de notre enfance », j’ai même vu « heureux les humbles, ils possèderont la terre ». C’était vraiment un rassemblement de citoyens, qui venaient exprimer qu’ils sont touchés au cœur par la crise écologique et qu’ils veulent que le monde change. Donc peut-être des gens prêts à des changements vraiment profonds.

Mais pendant ce temps dans les sondages pour les européennes, Europe Ecologie est toujours assez loin. C’est sans doute parce qu’ils ne sont pas sentis comme porte-parole de cette dynamique. Samedi, à Lyon en tout cas on n’a quasi pas vu les partis, pas vu de personnalités. Ce n’était pas un grand défilé officiel « à l’appel de ». Pour moi on a là un mouvement qui se cherche une forme politique, parce que pour le moment il n’en a pas. Les partis n’ont pas sa confiance. Du coup cette écologie des citoyens, politiquement elle est sans-abri.

Aujourd’hui beaucoup de citoyens agissent individuellement,  ils posent des gestes forts dans leur vie : le veganisme, le zéro déchet, c’est une sacrée remise en question, ça montre que la société évolue en profondeur. Mais il manque la forme politique pour faire de ces conversions individuelles la conversion d’une société. On a des associations comme FNE, ou Alternatiba, mais ce qu’elles portent échappe aux politiques. Ils préfèrent les voir comme des lobbys éparpillés que comme porteurs d’un projet de société. Du coup il y a un vide entre ce bouillonnement citoyen et un échiquier politique où le thème reste marginal. L’écologie politique en France reste un puzzle incomplet. Il y a un espace pour une entité politique nouvelle, parti ou fédération qui reste à construire.

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Le présentateur

Johannes Herrmann

ornithologue, auteur avec Mahaut Hermann de La Vie Oubliée Crise d’extinction Agir avant que tout s’effondre Edition Première partie Membre de la rédaction de la revue Limite http://revuelimite.fr/ sur Twitter : @Taigasangare