Rabat-joie

Présentée par UA-137205

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lundi 14 septembre à 9h05

Durée émission : 3 min

Rabat-joie

© 2020-Unsplash. "Economiser les 60.000 € que coute un arbre de Noël pour les investir dans des animations de Noël et du soutien aux commerçants,ce n'est que du bon sens"

François Mandil réagit avec vigueur aux propos de Marlène Schiappa. Elle affirmait ce week-end que le projet du parti Europe Écologie-Les Verts "c'est s'indigner et interdire"…

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La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté a critiqué dimanche sur Europe 1 les décisions "ridicules" de maires Europe Écologie-Les Verts (EELV)  et un parti qui passe son temps à « s'indigner » et à « interdire ». 

"Marlène Schiappa semble dire que les écologistes voudraient interdire tout ce qui fait plaisir. Cela m’a rappelé ces gens qui boivent en soirée, à qui on dit d’arrêter et de de ne pas prendre leur voiture, et qui nous reprochent d’être des rabat-joie et de les empêcher de prendre du plaisir. Ils finissent par prendre quand même le volant, jusqu’au jour où ils se tuent et tuent d’autres sur la route. Pourtant, on sait qu’il est possible de faire la fête autrement, sans boire.

Là, on est dans la même situation. Les écologistes préviennent depuis des années que notre mode de vie est intenable. Si nous avons ce mode de vie occidental actuel, c’est uniquement parce que nous vivons à crédit, nous consommons, nous prenons du plaisir, sur le dos des pays du sud et des générations futures. C’est vrai, le rappeler est sans doute un peu rabat-joie. Pourtant, on sait qu’on peut s’épanouir autrement qu’en courant après l’argent et la consommation.

Après les polémiques sur les sapins de Noël et le tour de France

Certes on peut regretter que certains maires n’arrivent pas à s’empêcher parfois de s’exprimer devant la presse comme ils s’expriment entre militants, ce qui nourrit la boite à polémiques dont raffolent les réseaux sociaux et étouffe tout le reste. Mais franchement économiser les 60.000 € que coute un arbre de Noël pour les investir dans des animations de Noël et du soutien aux commerçants, ou demander au Tour de France d’être à la hauteur de la nécessaire reconstruction écologique, ce n’est rien que du bon sens. On ne peut pas prétendre vouloir faire la transition écologique et hurler à la moindre micro-évolution. Ces polémiques sur des détails ne sont pas à la hauteur de l’urgence climatique.

"S’il y a bien une chose qui est indispensable dans ce monde à reconstruire, c’est la fête et l’amitié"

Les écologistes et les catholiques ont beaucoup de points communs. L’un de ces points communs et non des moindres, c’est de proposer un monde qui n’est pas simpliste, un monde où c’est l’humain qui est plus important que l’argent. "Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu", dit l’Evangile. "Le productivisme détruit le climat et la justice sociale", disent les écologistes.
Quand on est de mauvaise foi, on traduit ça par "ces gens veulent nous interdire de faire la fête".

Par conséquent, catholiques et écologistes partent avec un préjugé négatif à combattre, un a priori négatif qui fait que la moindre prise de parole sera beaucoup plus rapidement caricaturée et détournée, transformée en polémique. Un catholique défend la dignité des personnes trisomiques ? Il est alors forcément soupçonné de vouloir interdire l’avortement. Un écologiste explique que sa commune va organiser des festivités à la fois plus vivantes et plus sobres, il est alors immédiatement soupçonné de vouloir interdire Noël, ou de vouloir faire table rase de la civilisation.  

La crise Covid 19 : une aimable récréation face aux catastrophes climatiques 

Il faut dire que pour le moment, il est difficile de concevoir ce fameux monde d’après et d’en avoir envie car en plus, ce qui est sûr, c’est que les années qui viennent vont être sombres et difficiles, l’effondrement dû aux catastrophes climatiques va faire passer la crise de la Covid 19 pour une aimable récréation. On rira bien cyniquement dans 20 ans en repensant à la polémique du sapin de Noël géant de Bordeaux. Il est faux de dire que les lendemains seront chantants.

Pourtant, nous avons à progresser en humanité. Nous avons à construire un monde où la priorité est donnée à l’harmonie avec notre environnement naturel et humain, pas à notre capacité à consommer. Il me semble que s’il y a bien une chose qui est indispensable dans ce monde à reconstruire, c’est la fête et l’amitié. Peut-être madame Schiappa ignore-t-elle encore que l’amitié ne s’achète pas et que le bonheur ne se trouve pas au bout de la croissance économique.

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Le présentateur

François Mandil

François Mandil est le délégué national Communication et Relations extérieures des Scouts et Guides de France.