Face à l’homophobie, les diocèses se mobilisent

17 mai 2018 Par

© RAJESH JANTILAL AFP

Jeudi 17 mai, c'est la journée de lutte contre l'homophobie. Face à ce mal, l'Eglise de France se mobilise, avec des pastorales dédiées à l'accueil des personnes homosexuelles.

Les agressions homophobes en hausse

Mardi 15 mai dernier, l'association SOS Homophobie publiait son dernier rapport annuel. Ce dernier révèle qu'après plusieurs années de baisse, les agressions physiques à l'encontre de personnes homosexuelles ont augmenté l'an dernier de 15 %. On apprend également que 72 % des personnes agressées sont des hommes et ce sont surtout dans les lieux publics que ces agressions ont lieu. 

SOS Homophobie a reçu plus de 1 600 témoignages l'année dernière, un chiffre en hausse de 5 % par rapport à l'année précédente. On a recensé l'an dernier 139 agressions homophobes. Soit une tous les trois jours en France. A l'heure actuelle, seule une victime de ce genre d'agressions sur dix dépose plainte auprès des autorités.
 

Répondre à une volonté du pape François

A la suite du synode sur la famille et l'exhortation apostolique Amoris Laeticia, les diocèses ont mis en place une pastorale dédiée à l'accueil des personnes homosexuelles et de leur famille. C'est notamment le cas de celui de Rouen. Virigine Niay, en charge de cette pastorale, rappelle à Catherine Manné de RCF Haute-Normandie la mission de ce service d'Eglise.

"Tous les 17 mai, nous organisons une veillée de prière contre l’homophobie de manière à rappeler ce que le pape nous demande, le respect pour ces personnes, et l’accueil. Il dit : "nous désirons d’abord et avant tout réaffirmer que chaque personne indépendamment de sa tendance sexuelle doit être respectée dans sa dignité et accueillie avec respect, avec le soin d’éviter toute marque de discrimination injuste et toute forme d’agression et de violence"" explique Virginie Niay.
 

Virginie Niay, en charge de la pastorale des personnes homosexuelles:

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Un accueil qui se manifeste dans l'Eglise

Pour Virginie Niay, il reste du chemin à parcourir avant que ces pastorales soient vraiment connues et reconnues au sein des diocèses. "De manière insuffisante, mais on ne mesure pas tout à fait l’impact qu’on peut avoir. Si des personnes sont réconfortées dans l’idée que l’Eglise accueille, on n’a pas de retour systématiquement, mais certaines personnes sont venues nous rencontrer en nous disant qu’elles étaient très heureuses de voir qu’en Eglise, elles voient cet accueil se manifester" ajoute-t-elle.

Aujourd'hui, ces pastorales se donnent les moyens suivants :  prendre contact avec les pastorales similaires dans d’autres diocèses, créer et mettre à disposition des documents sur l'activité du diocèse, organiser des conférences et des soirées de prières, et réfléchir sur le maintien ou la restauration du lien familial pour les personnes homosexuelles.