Faraj-Benoit Camurat: "même les villes très bien tenues par Daech peuvent tomber"

Présentée par François Ballarin

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Le Grand Invité

lundi 11 juillet 2016 à 7h50

Durée émission : 8 min

Faraj-Benoit Camurat: "même les villes très bien tenues par Daech peuvent tomber"

Vendredi, des membres de l’Etat islamique ont attaqué un mausolée chiite au nord de Bagdad, faisant 30 morts. Et ce, quelques jours après l'un des pires attentats qu'ait connu le pays.

En effet, la semaine dernière, un attentat au minibus piégé à Bagdad faisait près de 300 morts, l’un des attentats les plus meurtriers à avoir secoué l’Irak depuis l’invasion américaine en 2003. Pour Faraj-Benoit Camurat, président de Fraternité en Irak, une ONG qui aide les minorités religieuses d’Irak à vivre dignement dans leur pays, "Daech perd militairement. Son emprise géographique est en train de se réduire petit à petit. Et Daech vient donc combattre sur un autre terrain, celui du terrorisme, retrouvant là une arme qu’il maîtrise hélas très bien. Daech tente d’affaiblir le Premier ministre qui sortait très renforcé de la victoire de Falloujah. Cette dernière a été reprise plus rapidement que ce que tout le monde envisageait."

L’Etat islamique s’est donc vengé, frappant Bagdad très fortement. Il a attaqué des civils qui faisaient leurs courses. Ce qui a provoqué la colère des Irakiens, qui ont dénonce l’incapacité du gouvernement à les protéger. "Sécuriser une ville comme Bagdad est un vrai problème", rappelle Faraj-Benoît Camurat, du fait de sa taille notamment. "La ville est coupée par des centaines de checkpoints, et pourtant ce type d’attentats se poursuit encore, ce qui provoque la colère des gens qui subissent des contrôles au quotidien, et qui sont tout de même victimes du terrorisme" ajoute-t-il. 

L’offensive djihadiste, menée depuis deux ans par Daech en Irak, menace le sort de centaines de milliers de chrétiens, en fuite aux côtés d'autres minorités comme les yézidis ou les kakaïs. Cela fait deux ans que Qaraqosh, grande ville chrétienne, et d'autres villes de la région de Mossoul sont aux mains des terroristes. "La libération récente de Falloujah montre que même les villes très bien tenues par les jihadistes peuvent tomber rapidement. C’est ça la surprise de Falloujah. Les Irakiens eux-mêmes ne s’imaginaient pas que cette ville puisse tomber aussi vite. C’est un vrai signe d’espoir pour Mossoul et pour les villes chrétiennes de la plaine de Ninive" conclut le président de Fraternité en Irak.  

Ce dernier précise cependant que de nombreuses autres difficultés s'annoncent. Comme par exemple le déminage des villages repris des mains de l'Etat islamique, et évidemment la reconstruction des habitations détruites par les combats, ainsi que la réintégration des populations.

 

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