François et Kirill, la rencontre historique qui déçoit l'Ukraine

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Le Temps de le dire

lundi 15 février 2016 à 9h03

Durée émission : 55 min

Le Temps de le dire

© ServizioFotograficoOR/CPP/CIRIC

Si la rencontre entre le pape François et le patriarche Kirill fait débat au regard de la situation en Ukraine, on peut saluer une démarche de dialogue. On en parle avec Stéphanie Gallet.

La rencontre entre le pape François et Kirill 1er, ce vendredi 12 février 2016 à Cuba, a été qualifiée par les observateurs d'historique. Le chef de l'Eglise catholique romaine et celui du partiarchat de Moscou ne s'étaient pas rencontrés depuis le XVIè siècle. Pour Bernard Lecomte, au XXIè siècle, "ces deux-là ont beaucoup de choses à se dire, pas seulement sur le plan de la foi, de la religion, de la théologie ou de l'oecuménisme, mais sur des sujets d'actualité comme les chrétiens d'Orient ou l'Ukraine". Certes, il n'y a officiellement pas eu de temps de prière commune, mais Francois et Kirill ont échangé pendant près de deux heures - ce qui est déjà un fait exceptionnel. Les deux chefs religieux ont ensuite signé un texte qui dit leurs communes inquiétudes et espérances pour le monde.

La rencontre aurait dû se faire entre Alexis II et Jean-Paul II en 1997, comme le précise Nicolas Senèze. Elle avait été aussi programmée avec Benoît XVI, mais elle n'avait pu se faire à cause de la situation tendue en Ukraine. Situation qui n'est pas réglée aujourd'hui, même si la rencontre a bien eu lieu. Pour Antoine Arjakovsky, qui défend la voix de l'Urkaine, l'événement est synonyme de "beaucoup de tristesse". Il parle de "gifle pour le patriarche oecuménique de Constantinople". Cela revient pour lui à "légitimer l'Eglise russe comme l'interlocuteur qui va régler les problèmes du monde, de la Syrie jusqu'à Cuba".

Une nouvelle étape dans la réconciliation entre les chrétiens? L'ombre de Vladimir Poutine planait sur la rencontre. Antoine Arjakovsky rappelle que Kirill 1er est "un ancien agent du KGB et qui reste agent du KGB". L'historien souligne que le patriarche de Mouscou "passe son temps à promouvoir l'idéologie impériale de l'Eglise russe qui vise à restaurer l'Union soviétique". Bernard Lecomte rappelle en effet que tout comme les agents du KGB, "Kirill fait partie des rares évêques de l'orthodoxie russe à bien connaître le monde extérieur", et donc "à savoir quel est l'enjeu d'une Eglise trop isolée comme l'est l'Eglise orthodoxe russe". Des éléments qui n'empêche pas de considérer l'effort de dialogue.

Invités

  • Bernard Lecomte , journaliste, spécialiste du Vatican

  • Nicolas Senèze , journaliste à La Croix, spécialiste des questions religieuses

  • Antoine Arjakovsky , historien, co-directeur du département "Société, Liberté, Paix" au Collège des Bernardins, fondateur de l'Institut d'études oecuméniques de Lviv

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Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.