Il y a deux ans, Mohammed Morsi était destitué en Egypte...

C'est l'armée qui avait évincé Morsi du pouvoir. Depuis, c’est Abdel Fattah al-Sissi, nouveau président élu démocratiquement, qui détient le pouvoir.

Elu avec 96.6% des suffrages en 2014, il avait bénéficié de l’appui massif de la population égyptienne. Mais ces deux ans ont également été marqués par la multiplication du nombre d’attentats perpétrés par l’Etat islamique. Le groupe jihadiste a attaqué mercredi les forces de l’ordre égyptiennes dans la région du Sinaï, faisant des dizaines de morts. 
Pour François Burgat, directeur de recherche au CNRS et spécialiste du monde arabe contemporain, Abdel Fattah al-Sissi se sert de ces attaques pour justifier ses actions répressives en Egypte. 


Le gouvernement égyptien a adopté mercredi une nouvelle loi antiterroriste pour assécher les sources de financement du terrorisme. Elle prévoit également de durcir les peines des individus reconnus coupables d’appartenance à une organisation terroriste. Malgré tout, la situation reste inquiétante.

Des centaines de partisans pro-Morsi ont déjà été condamnés à mort dans des procès de masse qualifiés par l’ONU de "sans précédents dans l’histoire récente". Quant à Mohammed Morsi, il a lui-même été condamné à mort pour des attaques contre la police et des évasions de prison pendant la révolte de 2011 qui avait chassé Hosni Moubarak du pouvoir.