Irak: la bataille pour reprendre Mossoul est lancée

18 octobre 2016 Par

Dans la nuit du dimanche au lundi, le Premier ministre irakien a annoncé le début de l’opération visant à reprendre Mossoul. Une bataille à laquelle participe la coalition internationale.

Sur la télévision nationale irakienne, le ton a été donné très tôt dans la journée de lundi. Apparaissant sur les écrans, le  Premier ministre irakien, Haïdar Al-Abadi a annoncé le début de l’offensive des forces irakiennes, épaulées par la coalition internationale, visant à reprendre la ville de Mossoul des mains de l’Etat islamique.

L’objectif est capital. Mossoul est occupée par Daech depuis juin 2014. C'est à Mossoul qu'ils ont choisi de proclamer, le 29 juin 2014, leur califat à cheval entre la Syrie et l'Irak. La ville représente d’ailleurs le dernier bastion de l’Etat islamique dans le pays. Il s'agit de la plus grande ville du nord de l'Irak et le chef-lieu de la province de Ninive, riche en pétrole. 

Reprendre Mossoul reviendrait donc à libérer quasiment l’Irak de la présence de Daech, et confirmerait également la tendance des semaines précédentes, à savoir la perte de terrain du groupe terroriste dans cette région.

La reprise de Mossoul ne sera pas simple. On estime entre 3 000 et 4 500 le nombre de combattants de Daech dans cette ville. C’est pour cela que la coalition internationale participe à cette opération, afin d’épauler les milices chiites, les peshmergas kurdes, l’armée et la police irakienne.

Dirigée par les Etats-Unis, la coalition fournit un soutien terrestre et aérien. A ces forces en présence, il faut également ajouter les services de contre-terrorisme irakiens, Hachd al-Chaabi, une organisation composée de groupes paramilitaires créée en 2014, les forces iraniennes et l'armée turque. 

Cependant, pour éviter toute tension, le Premier ministre irakien a confirmé que seules l’armée et la police irakiennes pénètreraient dans Mossoul, une fois l’Etat islamique vaincu. Cette bataille pourrait enfin déclencher une vaste crise humanitaire, selon les Nations-Unies. On estime à 1,5 million le nombre de personnes vivant encore dans Mossoul, avec le risque, depuis cette nuit, d’être pris entre deux feux, entre les snipers de Daech, et les forces qui ont donné l’assaut sur la ville.

Frédéric Encel, géopoliticien, co-auteur avec Yves Lacoste de "La Géopolitique de la nation France" (PUF):