Italie: le président italien attend des garanties avant de désigner le chef du gouvernement

23 mai 2018 Par

Le président italien, Sergio Mattarella, poursuit ses consultations avant de nommer ou non Giuseppe Conte, un juriste inconnu du grand public, pour diriger le prochain gouvernement.

Un programme dénoncé par la Commission européenne

Luigi Di Maio, à la tête du mouvement Cinq Etoiles, comme Matteo Salvini, chef de file de la Ligue, étaient candidats pour diriger le premier gouvernement antisystème d’un pays fondateur de l’Union européenne. Mais laféroce lutte d’ego et des scores individuels assez faibles aux dernières élections législatives les ont forcés à choisir une tierce personne.

Composé du mouvement populiste 5 Etoiles et du parti d’extrême droite La Ligue, la coalition anti-système prévoit notamment de baisser les impôts, d'augmenter les dépenses publiques, de prendre de sérieuses mesures anti-migrants et contre l'Europe. Un programme qu'a d'ores et déjà dénoncé la Commission européenne. 
 

"Une très mauvaise nouvelle pour l'Europe"

De son côté, le chef de l’Etat italien souhaiterait des garanties sur le respect des engagements européens de l’Italie. Pour Stéphane Mourlane, maitre de conférence en histoire contemporaine à l'université d'Aix-en-Provence, "nous avons affaire ici à deux mouvements eurosceptiques, les 14 eurodéputés du mouvement Cinq Etoiles sont ralliés au mouvement d’extrême-droite Europe de la Liberté et de la Démocratie directe au Parlement européen, présidé par le héros du Brexit, Nigel Farage. Quand aux cinq élus de la Ligue, ils sont associés au Front national français. Donc un euroscepticisme assumé même si le contrat de gouvernement ne laisse pas apparaître de sortie de l’euro, cela semble demeurer un horizon".

"C’est une très mauvaise nouvelle pour l’Europe car l’Italie qui est un pays fondateur de l’Europe est la troisième puissance économique de l’Union européenne. On fait souvent le parallèle avec la Grèce. Je crois qu’on change ici d’échelle et que les enjeux ouvrent sur des perspectives dramatiques" conclut Stéphane Mourlane.
 

Stéphane Mourlane, au micro de Christian Vadon:

A l'heure actuelle, six Italiens sur dix se disent favorables à cette alliance gouvernementale contre nature en dépit du ton alarmiste des économistes et de Bruxelles. En attendant, Paris suit de près l'actualité en Italie, et notamment en ce qui concerne le possible blocage du chantier ferroviaire Lyon-Turin.