Jean-François Pérouse: "l'Union européenne est un partenaire indispensable pour la Turquie"

Présentée par François Ballarin

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Le Grand Invité

mercredi 19 avril à 7h50

Durée émission : 8 min

Jean-François Pérouse: "l'Union européenne est un partenaire indispensable pour la Turquie"

​Quelles sont les conséquences du référendum turc dans les relations entre le pays et l’Union européenne ?

Malgré la victoire du président Erdogan, l’écart entre le oui et le non est très mince. Ce qui donne l’image d’une Turquie divisée sur la réforme constitutionnelle du président turc, qui a pour conséquence d’augmenter considérablement ses pouvoirs. "Le camp du oui comme le camp du non sont divisés. On a un front du non assez hétéroclite, des manifestations sont organisées depuis quelques jours. Reste à savoir quelle va être l’attitude du pouvoir vis-à-vis de ces opposants" explique Jean-François Pérouse, géographe, vit à Istanbul.

L’idée qu’il y aurait une Turquie moderne attachée à la laïcité et à la démocratie, et une Turquie anti-européenne attachée à son président, reste un peu simpliste. "Il y a plusieurs composantes dans les deux camps, et notamment dans le camp du non. La nécessité de trouver un nouveau souffle peut unir cette opposition, afin de relancer la vie politique en Turquie. Les leaders politiques doivent en finir avec certaines querelles assez dépassées" ajoute Jean-François Pérouse.

La Turquie apparaît également divisée géographiquement. Les cinq grandes villes du pays et les villes côtières ont voté contre cette réforme constitutionnelle. "C’est un avertissement très sérieux qui est donné au parti en place. On sent que ce dernier a été affecté puisqu’on sait toute l’importance que l’AKP accorde à la ville d’Istanbul" précise-t-il encore.

Suite à ce référendum, le président Erdogan a annoncé deux nouvelles consultations populaires. L’une sur le rétablissement de la peine de mort, l’autre sur l’adhésion à l’Union européenne. "C’est une histoire qui a pourri ces derniers mois avec les polémiques concernant la campagne électorale en Hollande et en Allemagne. Il faut prendre un peu de recul, l’Union européenne et l’Allemagne sont des partenaires indispensables pour la Turquie. Elle sait très bien jusqu’où elle peut aller dans cette attitude. L’Europe ne peut pas se couper de la Turquie" conclut-il.

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