Jean-Marc Sauvé: "le travail de la commission ne se fera pas contre l’Église, mais avec elle"

8 février 2019 Par

L’ancien vice-président du Conseil d’État a dévoilé la liste des membres de la commission indépendante d’enquête sur les abus sexuels dans l’Église, qu’il préside.

La commission indépendante d’enquête sur les abus sexuels dans l’Église tenait vendredi 8 février sa première rencontre. Le début d’un long travail qui durera dix-huit mois. Cette commission indépendante a été voulue par l’Église de France pour faire la lumière sur le lourd passé de l’institution en matière d’abus sexuels sur mineurs.
 

"Une démarche d'action"

"Le premier objectif va être d’établir les faits en exploitant toutes les ressources disponibles. Ce peut être les sources écrites, l’écoute des victimes et des témoins. C’est aussi la consultation des archives de l’Église. Le deuxième objectif est de comprendre et d’expliquer ce qui s’est passé. Le troisième objectif est de prévenir la réitération de ces drames, de reconnaître la souffrance des victimes, de tirer toutes les leçons du passé. Autrement dit notre commission n’est pas seulement orientée vers la connaissance, mais aussi vers l’action. Ce n’est pas seulement une démarche contemplative, mais une démarche d’action" explique Jean-Marc Sauvé, président de la commission indépendante d’enquête sur les abus sexuels dans l’Église.

Ce dernier a choisi 21 autres personnes pour faire partie de cette commission. On retrouve beaucoup de hauts-fonctionnaires, des avocats, des spécialistes de l’enfance.  "J’ai constitué cette commission en réfléchissant à toutes les compétences nécessaires et pertinentes pour répondre aux trois grands objectifs de cette commission" ajoute-t-il. Toutes ces personnes, venant d’horizons très divers, qu’il s’agisse du droit, de la médecine, de la théologie, de la sociologie, du domaine social, éducatif et de l’éthique, vont devoir travailler ensemble durant les 18 prochains mois.
 

"Nous allons travailler avec l'Eglise"

"Nous mettons en place des groupes thématiques pour creuser le sujet des méthodes. Dans un délai de trois mois, nous aurons défini nos méthodes, nous en rendrons compte publiquement, et c’est à ce moment-là que nous inviterons les personnes qui ont des témoignages à se signaler auprès de nous par la voie écrite, numérique ou téléphonique. Nous ne voulons pas le faire sans avoir mis en place des protocoles d’accueil. Au-delà de ce recueil des témoignages, nous allons mettre en place des dispositifs de recherche des sources écrites" lance encore Jean-Marc Sauvé.

C’est l’Église catholique de France qui a confié cette mission à la commission. "Je suis mandaté non seulement par la Conférence des Évêques de France, mais aussi par la Conférence des Religieux et Religieuses en France. C’est la totalité de l’Église catholique qui s’engage en créant cette commission. Nous travaillons à la demande de l’Église, mais de manière totalement indépendante. L’Église a voulu cette instance indépendante, mais naturellement nous allons travailler avec elle. Ce travail ne se fera pas contre elle, mais avec elle" précise le président de la commission.

Jean-Marc Sauvé revient enfin sur ses motivations personnelles. "Le mal qui a été fait aux enfants dans le cadre des abus sexuels est l’une des formes les plus graves du mal qui puisse être fait, avec des conséquences graves et de long terme. Ce qui s’est passé, c’est un déni des principes sur lesquels l’Église catholique est fondée. Et ça, c’est intolérable. C’est ma première motivation. La deuxième raison, est qu’on ne peut pas critiquer l’Église catholique comme on l’a pu le faire, et se dérober lorsqu’elle décide de mettre les choses à plat. Je n’avais pas prévu de faire ce travail, mais il était nécessaire que je m’y engage" conclut-il.

Jean-Marc Sauvé, président de la commission indépendante d’enquête sur les abus sexuels dans l’Église:

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