Jean-Marie Petitclerc: Clichy-sous-Bois, ou "l'échec des politiques de la ville"

27 octobre 2015 Par

Dix ans après les importantes émeutes de Seine-Saint-Denis, où en est la politique de la ville dans ce département ? L’isolement avec certains quartiers a-t-il été rompu ?

Il y a dix ans jour pour jour, Zyed et Bouna, deux adolescents de Clichy-sous-Bois, âgés de 15 et 17 ans, mourraient électrocutés dans un transformateur EDF, après une course-poursuite avec la police. Un évènement qui avait mis le feu aux poudres dans cette ville de Seine-Saint-Denis, ainsi qu’à une grande partie du département réputé pour ses quartiers jugés difficiles.

Aujourd’hui, la ville a changé. Les quartiers sont restés difficiles, mais Clichy, avec Montfermeil, la ville voisine, ont bénéficié d’un programme de rénovation urbaine assez ambitieux : 670 millions d’euros. De nouveaux logements, un commissariat, une agence Pôle emploi, des squares. Le maire, Olivier Klein (PS), affirme que les choses se sont améliorées.

Après les émeutes de 2005, responsables de la destruction de quelques 9 000 voitures, et plusieurs centaines d’interpellations, Clichy-sous-Bois a fait peau neuve. Une métamorphose qui n’est pas étrangère, selon le maire, à l’emballement médiatique lié aux évènements.

Pourtant, aujourd’hui encore, la ville reste isolée, mal desservie par les transports en commun depuis Paris. La ville pourrait trouver un avantage au Grand Paris, puisque le tramway devrait normalement la relier à la capitale, d'ici 2017. Pour l’heure, le taux de chômage y est de 23 %. Et l’exclusion demeure.

Un ravalement de façade donc, qui n’a visiblement rien arrangé à la situation des populations qui y vivent. C’est ce que dénonce le père Jean-Marie Petitclerc, prêtre salésien, éducateur spécialisé. Interrogé par RCF, il estime que les politiques successives en faveur de la ville ont échoué, puisqu’elles favorisent encore "le zonage et l’enfermement". Pour ce dernier, il faut "favoriser la rencontre de l’autre". 

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